Le Manoir, conte de fée pour adultes II

Le 26/08/2010

Cabinet de curiosités

Elise avait eu quelques amants auparavant, mais Vim les surclassait tous. Il faut dire aussi qu’elle s’était sentie beaucoup plus naturelle, détendue et libre avec lui, ce qui l’avait sans doute rendue plus sensible et plus douée dans l’amour. Sa première visite à la grande maison lui avait laissé une empreinte durable : elle avait décidé d’y retourner aussi souvent que l’envie lui en prendrait. Le moment arriva vite où elle ne put plus réfréner le désir de refaire une visite à ses mystérieux voisins, et elle se retrouva dans l’allée des peupliers, remonta les quatre marches du perron et entra sans frapper.

— Sonia ? Sonia, Vous êtes là ?

Personne ne répondit. Sur une console en marbre adossée à un mur au milieu du couloir, elle trouva une enveloppe rose avec écrit en gros « pour Elise ». Elle l’ouvrit et lut :

« Chère Elise, nous nous sommes absentés aujourd’hui. Je vous fais mes excuses car je sais que vous comptiez sur notre présence. Néanmoins, je vous suggère de visiter le petit cabinet que vous trouverez au premier étage, au fond du couloir. Vous pouvez vous attarder sur les curiosités que vous y trouverez, et ainsi, vous n’aurez j’espère pas perdu votre journée.

Avec toute mon amitié,

Sonia. »

Elise posa la lettre, intriguée. Elle était déçue en effet de trouver la maison vide, alors qu’elle espérait revoir Vim ou faire la connaissance (biblique) d’un autre homme. Elle suivit néanmoins les conseils de Sonia et monta l’immense escalier de marbre qui montait au premier, puis suivit le long corridor jusqu’à une petite porte moulurée qui devait donner sur le cabinet indiqué. Elle entra et alluma la lumière. La pièce était petite et les murs couverts de tableaux dont elle ne distingua pas tout de suite la nature. Au milieu de la pièce trônait ce qui lui sembla être la statue d’un homme nu, assis, lui tournant le dos. Un sofa rouge foncé, constitué d’un siège sans dossier et de deux accoudoirs, s’étalait au fond de la pièce, en face de la statue. Elle décida de jeter un œil aux peintures exposées. Au premier regard elle réalisa qu’il s’agissait de scènes érotiques : une femme, riant aux éclats, écartait les cuisses et un homme au sexe démesuré la prenait en levant les yeux au ciel. Plus loin, une autre femme chevauchait un homme et en prenait un autre dans sa bouche. Un peu plus loin, une femme enfonçait un godemiché dans le vagin d’une autre qui se tenait à quatre pattes. Les images la troublaient de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle tombe sur une femme en train de se faire sodomiser, ce qui lui fit détourner les yeux, car jusqu’alors même la vue d’un simple thermomètre médical lui faisait horreur.

En faisant ainsi le tour de la pièce, elle se rendit compte que la statue de l’homme était en érection. Il était à genoux, sexe dressé, et bras en croix, grandeur nature. Elle le toucha : la matière était étrange, douce et glissante, légèrement souple mais tout de même rigide, assez froide. Elle laissa glisser sa main sur les épaules de la statue, sur son torse, jusqu’à son sexe. Il lui parut un peu disproportionné par rapport à la taille de la statue, un peu comme les hommes sur les peintures érotiques. Elle en fut davantage troublée. Enfin elle regarda le sofa. Un post-it était collé dessus. Elle l’ouvrit et le lut :

« Déshabillez-vous, allongez-vous et détendez-vous. La télécommande est sur l’accoudoir de droite. »

Elle obéit à cette injonction, se déshabilla entièrement, attrapa la télécommande et s’allongea sur le canapé. Bêtement, la première idée qui lui vint fut qu’il n’y avait pas de téléviseur, et elle se demanda à quoi pouvait bien servir la télécommande. Elle l’examina. Il y avait trois boutons seulement. Sur celui du haut était indiqué « Détente ». Elle appuya. Aussitôt le sofa se mit à vibrer, des ondes bienfaisantes lui massaient les épaules et les reins alors qu’une musique douce et un léger parfum d’encens envahissaient la pièce. Elle resta quelques minutes ainsi, sentant peu à peu tout son corps se détendre et une douce torpeur la gagner. Sur le deuxième bouton était écrit « Volupté », alors elle décida de l’actionner aussi. Le sofa changea lentement de forme sous elle, se creusant sous son bassin ce qui l’obligea à se cambrer et à écarter les jambes, ses deux pieds pendant maintenant de chaque côté du siège. Elle sentit quelque chose sortir au niveau de son entrejambe et vit qu’à cet endroit le tissu du sofa était découpé. Un objet triangulaire en plastique noir en était sorti et se plaqua contre son sexe, au niveau de son clitoris, puis se mit à vibrer à son tour, pendant que des mains invisibles lui massaient toujours les reins. Le plaisir monta, pour elle seule, étendue dans ce canapé animé d’étranges intentions. Assez vite elle eut envie d’aller plus loin et de maîtriser ce qui allait lui arriver, alors elle avisa le dernier bouton : « Orgasme ». Elle appuya, impatiente.

Au début, rien ne se produisit, puis le petit sex-toy rentra dans son logement et le sofa reprit sa forme initiale, comme pour l’inviter à se lever. Au même moment, une lumière venue du plafond éclaira la statue de l’homme en érection, et elle comprit. Elle se leva, s’approcha, toucha de nouveau le sexe dur et lisse, et vint tout contre, plaçant une jambe de chaque côté de la statue. Elle descendit jusqu’à sentir le contact froid de cette chose qu’elle allait faire entrer en elle. Elle s’accroupit enfin tout à fait, très lentement afin de sentir chaque centimètre la pénétrer, ce sexe imposant écartelant le sien, et s’y empala enfin en gémissant. Il lui sembla être entièrement possédée par ce démon rigide et froid qu’elle avait introduit en elle. Elle se cambra, puis, en s’agrippant aux épaules de la statue, entreprit de légères flexions qui lui permirent de sentir les va-et-vient de la chose, au début pas trop fort, puis de plus en plus vite, de plus en plus violemment. Elle essaya de maîtriser son plaisir, se ménageant des pauses, ralentissant le rythme, jusqu’à ce que sa volonté se brise. Alors elle se déchaîna, s’empalant avec frénésie sur cet homme impassible, et l’orgasme annoncé par la télécommande arriva comme une tempête tropicale et la submergea. Elle resta un moment accroupie, la statue toujours en elle, puis se releva, troublée par sa propre capacité à se donner du plaisir.

Toujours nue, elle repassa devant les tableaux, qui lui parurent soudain tout à fait en accord avec elle. Les personnages semblaient être devenus des amis bienveillants et chaleureux, un peu comme les personnages qui viennent accueillir les touristes dans les parcs d’attraction – sauf que c’était un genre d’attraction un peu particulier. Tous, sauf la femme qui se faisait sodomiser. Elle se força à regarder le tableau, qui montrait une femme de dos avec une belle croupe ronde, la tête tournée vers le peintre, souriante alors qu’un homme enfonçait son membre dans son petit passage. Elle continuait de la déranger, tant il lui semblait impossible à la fois physiquement et mentalement d’être ainsi prise. Sans s’en rendre compte, elle avait glissé une main sur ses fesses, comme pour se protéger d’une telle chose. Cependant, comme pour confirmer ce qu’elle pensait, elle glissa lentement son majeur dans la raie de ses fesses, jusqu’à ce petit œillet qu’elle jugeait interdit, et appuya doucement. Elle se contracta involontairement, tenta de se détendre et appuya de nouveau, essayant d’enfoncer le bout de son doigt. L’orifice lui parut tout petit, et difficile à vaincre. Elle insista, poussa et il céda, elle put y enfoncer une phalange et fut envahie par une sensation de honte et de douleur mêlées de plaisir qui lui fit tout arrêter. Elle retira son doigt, se rhabilla et descendit au rez-de chaussée. Sur la console du couloir, se trouvait une autre enveloppe « Pour Elise, bis », sortie d’elle ne savait où. Dedans elle trouva un autre mot : « Vous n’avez fait de mal à personne. Revenez bientôt. ».

[gris]Fairy Tale[/gris]

Commentaires (7)

  • Sybille

    L’ambiance est particulière mais j’avoue qu’elle me plait bien cette petite série de nouvelle. Hâte de lire la suite.

  • Fairy Tale

    Merci
    J’espère que le reste sera à la hauteur et saura divertir (c’est mon seul but) !

    FT

  • Aude

    Encore, encore !!!!

  • fairy tale

    Patience... le 3 est posté

  • adrien

    C’est plein d’idées originales et c’est très émoustillant. Bravo on attend la suite avec impatience

  • MichelAime

    Ah oui, encore, encore, encore ! Vous en manquez pas d’imagination et votre récit m’a "hapé"

  • GG51

    Comme beaucoup ici, j’ai hâte de connaître la suite !!
    Récit très bien écrit qui mériterait d’être publié en livre...