Aujourd’hui plus jeunes qu’hier et bien moins que demain
Grâce aux avancées médico-sociales du siècle dernier le statut des femmes a évolué. Nous sommes nombreuses aujourd’hui à mener une vie active longue, au cours de laquelle nous pouvons faire des choix que n’ont pas eu nos aînées. Plus polyvalentes, mobiles, mieux informées en général et en particulier sur notre sexualité, nous sommes plus « jeunes » d’esprit et de corps passés 50 ans que ne le furent au même âge les générations passées. Taboue autrefois, l’idée que notre vie sexuelle puisse se poursuivre passé un certain âge s’impose donc plus facilement. La « sexualité des seniors » sort de l’ombre grâce aux éclairages de la médecine et des médias. La vitesse à laquelle chaque secteur se déploie pour s’emparer de ce marché donne parfois le tournis. Les recherches dans ce domaine sont encore peu nombreuses, pourtant les étalages sont pleins d’une pharmacopée spécifique et les slogans vont bon train. Il semble se former un système de valeurs autour de la sexualité après 50 ans, qui, loin de faire la peau à des croyances d’avant-guerre, s’articulent avec elles pour former un cocktail de prescriptions pas toujours excitant. Comment ne pas nous confondre avec une image médiatique de la sexualité mature pour au contraire, trouver des pistes charnelles plus personnelles ? Quelle peut être la sexualité après 50 ans ? Comment bien la vivre dans une société où la « performance » prend facilement le dessus sur le plaisir, où les vertus de la jeunesse (celle qui n’a pas d’âge) s’abîment parfois dans le « jeunisme » (celui où l’âge est nié) ? La formule « UNE femme, UNE ménopause, UN traitement hormonal de substitution, UNE sexualité » n’est pas nécessairement celle qui convienne à toutes. Il s’agit de résister à la tentation de simplifier l’équation intime la plus complexe qui soit : celle de son propre désir. Ce qui valait avant vaudra jusqu’à la fin, il n’y a pas d’âge pour le(s) bon(s) sens.