4 - Bug de jeunesse

Le 05/09/2026

Très jeune, Milo s’était marié à une autre femme, toujours à ses côtés, bien que le désir sexuel se soit évaporé depuis longtemps. Avec elle, il partage tout, sauf ses abondantes pensées libidinales.

Bel homme, il a toute sa vie été courtisé par des femmes et n’aurait jamais couru après aucune. Dit-il. Était-ce son sex appeal, son assise financière, ou un peu des deux ? Difficile à dire et très contraire aux idées actuelles, mais elles se seraient offertes, auraient quémandé, harcelé, supplié et il serait arrivé que certaines soient parfois devenues dangereuses. Autrefois, lorsqu’il existait des téléphones fixes dont les numéros étaient rattachés à des lieux d’habitation et non à des personnes, certaines d’entre elles auraient raconté des choses ordurières et inquiétantes à son épouse, de nature jalouse. Cela l’aurait poussé à limiter les interactions, à faire en sorte de les limiter à ses déplacements à l’étranger, à contrôler ses pulsions, pour diminuer le risque de situations inconfortables et inutiles. Ce frein s’est miraculeusement estompé lorsque la téléphonie est devenue mobile, puis il s’est éteint avec le développement de la cybersécurité à la portée de tous, lui permettant d’avoir une approche plus libre, voire expérimentale, des rapports extra-conjugaux, probablement particulièrement nécessaires à celles et ceux qui occupent des postes à responsabilité, afin de relâcher leurs tensions. À partir ce cette révolution technologique, toutes celles - et elles étaient nombreuses - qui ont su se montrer raisonnables, capables d’accepter d’emblée une situation immuable et d’apprécier comme lui un bon orgasme entre deux portes, ont toujours été bienvenues. Lorsqu’il se sentait en confiance avec une femme et qu’il s’autorisait à la revoir, il était curieux de connaitre ses fantasmes, tout en ayant du mal à livrer les siens. Il se protégeait en pensant que ses partenaires avaient plus d’imagination que lui. Cela venait de sa première expérience : alors qu’il était mineur, une femme mûre l’avait débarrassé de sa virginité et lui avait appris à prendre et donner du plaisir à partir d’un vaste éventail de possibilités. Laisser les femmes livrer leurs envies lui permettait d’élargir le champ de ses jouissances tout en conservant intacte l’idée qu’il se faisait de lui-même : un homme droit, dont les pensées ne s’égarent pas.
En bref, Milo a toujours été partant, mais jamais demandeur.

À l’époque où les deux amants se sont rencontrés, les Télécoms facilitaient déjà ses infidélités, et la possibilité d’envoyer des SMS salaces faisaient son délice. Il avait beau avoir une charge de travail conséquente, ces petites bombes qui tombaient à n’importe quelle heure, au milieu de n’importe quelle réunion, étaient aussi déstabilisantes qu’attendues et, disons-le aussi, jouissives.
Rien ne faisait de Hayden une femme différente des autres : elle l’avait croisé à une réception, l’avait trouvé sexuellement attirant, le lui avait fait savoir et ne s’était pas arrêtée à son refus. Elle l’avait gentiment poursuivi, il avait posé ses conditions. Il fallait que ce soit des rapports sexuels et rien d’autre, ni sentiments, ni projets d’avenir. Cela collait à l’envie de liberté qu’elle avait. Ainsi, pas de gestion du quotidien, pas d’emmerdements domestiques, pas d’enfants, et surtout pas de lassitude sexuelle.

À cette époque, elle donnait des cours dans une école d’art, tout en étant sculptrice, avec toutes les difficultés que cela représente dans un monde où la place des femmes dans l’art était encore assez secondaire. La ville de Paris lui avait accordé un atelier d’artiste, au dernier étage, avec une vue dégagée sur le quartier. Ce qui aurait pu être un salon était rempli de potences de modelage, de tournettes de potier, selles de modeleur, fils de métal, plâtres, gants de latex et de fragments de corps humains enchevêtrés en plâtre, terre glaise ou céramique, dont elle avait fait sa spécialité … L’immense verrière ouverte sur le ciel dégagé n’arrivait pas à compenser la crasse et la poussière qui régnaient dans ce capharnaüm.
Milo était passé un après-midi, dans l’idée moyennement plausible de voir le travail de l’artiste et boire un café avec elle. Comme pas mal d’hommes travaillant dans la tech, il portait un col roulé aussi noir que ces longs cheveux, un jean, des baskets et une grosse montre de sport. Un uniforme a priori neutre, mais tout ça sentait quand même un peu le fric. Elle l’avait reçu dans sa blouse de travail d’épais coton blanc, maculée par son travail du jour. Sa tignasse bouclée était relevée en chignon, avec un crayon en guise d’attache. Elle avait des mains épaisses et solides, assez séduisantes, qui contrastaient avec son corps frêle. Il accepta poliment la tasse qu’elle lui tendait, mais, incommodé par la saleté, il été resté debout face à la vue. Il lui posa des questions d’usages sur ses oeuvres, avec l’intention de fuir au plus vite pour échapper à ce lieu poudroyé.

Elle était rapide.
Elle s’était agenouillée entre ses cuisses et d’une main empressée et experte avait déboutonné son pantalon qu’elle avait fait glisser au sol, puis son caleçon, le laissant le sexe à l’air, le mouvement entravé par son pantalon aux chevilles et sa tasse de café à la main. Pendant que ses mains caressaient ses lourdes couilles, sa langue longue et pointue découvrait pour la première fois cette bite longue et légèrement brune qui très vite réagissait à la proposition. Lui restait muet de stupéfaction, le regard baissé sur elle, ne sachant comment réagir, pris entre l’embarras de la position dans laquelle il se trouvait et l’envie de découvrir les seins ronds et bien galbés qu’il entr’apercevait. Elle avala le gland, le pompa, tandis que de ces doigts experts elle massait ses grosses couilles et les faisaient danser dans leur poche. Quelques minutes plus tard, la surprise ayant pris de court Milo, il éjacula au fond de son gosier.
Il s’était excusé. Ça n’était pas dans ses manières, disait-il. Il se sentait malotru, goujat, alors qu’il n’était en rien responsable. Elle le rassura, lui expliquant qu’elle n’avait pas voulu autre chose, qu’elle aimait tailler des pipes, qu’elle en tirait un grand plaisir. Parfois cela allait jusqu’à une forme de jouissance physique qu’elle avait eue, tant la gêne de Milo l’avait excité.