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	<title>Le magazine SecondSexe - La culture du plaisir f&#233;minin</title>
	<link>http://secondse.cluster006.ovh.net/magazine/</link>
	<description>Second Sexe vous propose un magazine &#233;rotique, artistique et culturel d&#233;di&#233; au plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes. Vous y trouverez les conseils sexo du Docteur O, les actualit&#233;s les plus br&#251;lantes, des papiers complets sur tous les sujets sexe, des nouvelles orgasmiques &#224; d&#233;guster ou &#224; &#233;crire soi-m&#234;me.</description>
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		<title>Sous le voile de coton : comment la culotte a vol&#233; aux femmes leur libert&#233; </title>
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		<dc:date>2025-10-27T11:58:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Jusqu'&#224; la fin du XIX&#7497; si&#232;cle, les femmes vivaient sans culotte. Le sexe libre, ventil&#233;, vivant &#8212; comme depuis des mill&#233;naires. La culotte, contrairement &#224; ce que l'on croit, n'a rien d'un attribut f&#233;minin ancestral. Elle est une invention tardive, impos&#233;e au nom de l'hygi&#232;ne, de la pudeur et du progr&#232;s. En r&#233;alit&#233;, elle fut l'un des outils les plus efficaces pour infantiliser, contr&#244;ler et d&#233;s&#233;rotiser le corps des femmes. Quand les hommes invent&#232;rent la pudeur des femmes Tout commence avec les hygi&#233;nistes, (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH120/arton3405-65273.jpg&quot; width='150' height='120' style='height:120px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin du XIX&#7497; si&#232;cle, les femmes vivaient sans culotte. Le sexe libre, ventil&#233;, vivant &#8212; comme depuis des mill&#233;naires. La culotte, contrairement &#224; ce que l'on croit, n'a rien d'un attribut f&#233;minin ancestral. Elle est une invention tardive, impos&#233;e au nom de l'hygi&#232;ne, de la pudeur et du progr&#232;s. En r&#233;alit&#233;, elle fut l'un des outils les plus efficaces pour infantiliser, contr&#244;ler et d&#233;s&#233;rotiser le corps des femmes.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les hommes invent&#232;rent la pudeur des femmes&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout commence avec les hygi&#233;nistes, des hommes persuad&#233;s de mieux savoir que les femmes ce qui &#233;tait bon pour leur sant&#233;. Sous couvert de &quot;propret&#233;&quot; et de &quot;moralit&#233;&quot;, ils ont prescrit le port de la culotte comme on impose un m&#233;dicament. Une ordonnance vestimentaire qui pr&#233;tendait prot&#233;ger, mais qui visait surtout &#224; enfermer.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ironie du sort : les premiers &#224; s'en offusquer furent&#8230; d'autres hommes. Les conservateurs y voyaient une menace : la culotte f&#233;minine brouillait les fronti&#232;res du genre, risquait de &quot;masculiniser&quot; les femmes. Dans les milieux religieux, c'&#233;tait encore pire : &#233;voquer la culotte, la fabriquer, la porter, tout cela relevait presque du blasph&#232;me. Le simple fait de penser au v&#234;tement qui fr&#244;le la vulve devenait ind&#233;cent.&lt;br/&gt;
Autrement dit : les hommes d&#233;battaient entre eux du tissu qui allait bient&#244;t s&#233;parer les femmes de leur sexe &#8212; sans leur demander leur avis.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes, elles, r&#233;sistaient&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes du peuple n'en voulaient pas. Inconfortable, ch&#232;re, contraignante, la culotte &#233;tait un luxe absurde qui entravait les gestes et compliquait la lessive. Les femmes des champs et des ateliers avaient d'autres priorit&#233;s que de &quot;prot&#233;ger&quot; leur sexe des regards invisibles. Et surtout, elles savaient instinctivement que ce v&#234;tement qui collait au corps n'avait rien de lib&#233;rateur : il rempla&#231;ait la libert&#233; par une couche de tissu.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les f&#233;ministes, par contre, se sont divis&#233;es. Certaines, comme Elizabeth Stuart Phelps ou Madeleine Pelletier, ont vu dans la culotte (et le corset) une nouvelle cha&#238;ne patriarcale. D'autres, comme Susan B. Anthony ou Hubertine Auclert, ont tent&#233; d'y voir un outil d'&#233;mancipation pratique. Mais toutes avaient compris que les v&#234;tements n'&#233;taient pas neutres : ils disaient la place qu'on assignait au corps f&#233;minin &#8212; entre pudeur forc&#233;e et contr&#244;le social.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mode, ce cheval de Troie du patriarcat&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;decine n'a pas suffi &#224; imposer la culotte. Le f&#233;minisme non plus. C'est la mode qui a fait le travail. Paul Poiret et les grands couturiers du d&#233;but du XX&#7497; si&#232;cle ont compris le filon : ce qui se vend, ce n'est pas la sant&#233;, c'est le d&#233;sir. Ils ont donc travesti la contrainte en raffinement, l'enfermement en &#233;l&#233;gance.&lt;br/&gt;
La culotte devint alors d&#233;sirable. Les magazines f&#233;minins en firent un symbole de modernit&#233;, de luxe, de f&#233;minit&#233;... tout en coupant litt&#233;ralement les femmes de leur sexe.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, c'est la guerre qui a scell&#233; le sort de la libert&#233; f&#233;minine. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, la culotte s'est impos&#233;e dans les usines, dans les champs, dans les uniformes. La femme nouvelle &#8212; celle qui travaille, qui bouge &#8212; devait &#234;tre &quot;pratique&quot;, porter un pantalon et pour cela, il fallait une culotte. Le corps devait se faire fonctionnel, disciplin&#233;. Le tissu rempla&#231;ait la peau.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;volution &#224; l'envers&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, ce qui avait commenc&#233; comme un instrument de contr&#244;le s'est travesti en symbole d'&#233;mancipation. Mais derri&#232;re le discours de progr&#232;s, la r&#233;alit&#233; demeure : la culotte isole les femmes d'elles-m&#234;mes. Elle neutralise la vulve, anesth&#233;sie la sensation, met &#224; distance le d&#233;sir.&lt;br/&gt;
Et lorsque le collant est venu s'y ajouter, le lien entre le sexe et le monde s'est d&#233;finitivement referm&#233;. Ce n'&#233;tait plus la femme libre et sensuelle des si&#232;cles pass&#233;s &#8212; c'&#233;tait la femme propre, disciplin&#233;e, socialement acceptable. Une femme qui ne sent plus, qui ne s'&#233;coute plus.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rouvrir la br&#232;che&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, quelques marques de lingerie &#233;rotique r&#233;inventent les culottes ouvertes, celles qui laissent respirer, sentir, fr&#244;ler. Ce n'est pas un hasard. Ces pi&#232;ces ne sont pas de simples jeux sexuels : elles ravivent un savoir ancien, une libert&#233; perdue.&lt;br/&gt;
Elles r&#233;concilient le corps f&#233;minin avec lui-m&#234;me, sans barri&#232;re de coton ni injonction hygi&#233;nique.&lt;br/&gt;
Avant de les juger ces sous-v&#234;tements provocants, il faut peut-&#234;tre se demander si, au fond, ils ne sont pas plut&#244;t un geste politique ?&lt;br/&gt;
Refuser la culotte, c'est refuser le contr&#244;le. C'est dire non &#224; des si&#232;cles d'enfermement textile, &#224; cette injonction d'&#234;tre propre, sage, couverte. C'est renouer avec une m&#233;moire oubli&#233;e du corps libre, du sexe vivant, du plaisir sans entrave et les culottes ouvertes sont peut-&#234;tre le souvenir vibrant d'un temps o&#249; les femmes n'&#233;taient pas coup&#233;es d'elles-m&#234;mes &#8212; et une invitation &#224; retrouver, un jour, le go&#251;t simple et subversif de l'air sur la peau. &lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1419 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L463xH600/-3-5da8e.jpg' width='463' height='600' alt=&quot;&quot; style='height:600px;width:463px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chirurgie de l'intime</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/La-chirurgie-de-l-intime.html</link>
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		<dc:date>2010-06-25T13:18:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Olivier</dc:creator>


		<dc:subject>Clitoris</dc:subject>
		<dc:subject>Point G</dc:subject>
		<dc:subject>Libido</dc:subject>

		<description>&quot; Nous allons, puisque vous le d&#233;sirez, examiner, d'une fa&#231;on s&#233;rieuse, l'organisme de cette cr&#233;ature nouvelle (&#8230;) de cette &#200;VE FUTURE, enfin, qui, aid&#233;e de la G&#201;N&#201;RATION ARTIFICIELLE (&#8230;) me para&#238;t devoir combler les v&#339;ux secrets de notre esp&#232;ce &quot;. Villiers de l'Isle Adam, l'&#200;ve future, 1886 Dans L'&#200;ve future (1886), l'&#233;crivain Villiers de l'Isle Adam imagine l'histoire de Lord Ewald amoureux d'une femme dot&#233;e d'une grande beaut&#233; mais d&#233;pourvue de sensibilit&#233; (artistique &amp; amoureuse). Ewald confie son (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH85/arton1960-ada97.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&quot; Nous allons, puisque vous le d&#233;sirez, examiner, d'une fa&#231;on s&#233;rieuse, l'organisme de cette cr&#233;ature nouvelle (&#8230;) de cette &#200;VE FUTURE, enfin, qui, aid&#233;e de la G&#201;N&#201;RATION ARTIFICIELLE (&#8230;) me para&#238;t devoir combler les v&#339;ux secrets de notre esp&#232;ce &quot;.&lt;br/&gt;
Villiers de l'Isle Adam, l'&#200;ve future, 1886&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'&#200;ve future&lt;/i&gt; (1886), l'&#233;crivain Villiers de l'Isle Adam imagine l'histoire de Lord Ewald amoureux d'une femme dot&#233;e d'une grande beaut&#233; mais d&#233;pourvue de sensibilit&#233; (artistique &amp; amoureuse). Ewald confie son d&#233;sarroi &#224; son ami Thomas Edison qui lui propose de cr&#233;er une cr&#233;ature m&#233;canique, sosie de sa bien-aim&#233;e, mais dot&#233;e d'une grande sensibilit&#233;. Si la chirurgie esth&#233;tique promet aujourd'hui des perfectionnements physiques et sexuels, on est en droit de se poser la question de la sensibilit&#233;. Y a-t-il r&#233;ellement gain ou perte ? Gain du potentiel de s&#233;duction contre perte des sensations&#8230; Cette &#171; inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; &#187;, inh&#233;rente au &#171; continent noir &#187; de la psychanalyse qu'est la sexualit&#233; f&#233;minine, est-elle pr&#233;serv&#233;e dans l'acte chirurgical ? Pour les femmes l'accent est plus souvent mis sur la r&#233;paration et la reconstruction alors que pour l'homme il s'agit fr&#233;quemment d'am&#233;liorer les performances de mani&#232;re directement assum&#233;e. Le vocabulaire employ&#233; diff&#232;re sensiblement. La chirurgie a souvent &#233;t&#233; employ&#233;e pour se refaire une virginit&#233;, la simuler en reconstruisant l'hymen afin de satisfaire &#224; des crit&#232;res d'ordre religieux mais certains praticiens refusent d'y avoir recours par d&#233;ontologie&#8230; Comme le rappelle le chirurgien Pierre Nahon : &#171; Ces interventions, jamais anodines, rel&#232;vent de proc&#233;dures chirurgicales complexes comportant des avantages, certes, mais aussi des inconv&#233;nients. C'est une &#233;valuation pr&#233;cise de ce rapport b&#233;n&#233;fices-risques qui pr&#233;occupera le bon chirurgien avant qu'il n'accepte d'op&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vaginoplastie ou rajeunissement vaginal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En chirurgie esth&#233;tique, le terme vaginoplastie peut renvoyer &#224; deux types d'interventions chirurgicales distinctes ; soit l'op&#233;ration de rajeunissement du vagin soit la transformation du p&#233;nis en vagin dans le cadre d'un changement de sexe.&lt;br/&gt;
Dans le premier cas, la vaginoplastie permet le resserrement du plancher musculaire. L'op&#233;ration a pour objectif de diminuer le diam&#232;tre int&#233;rieur et ext&#233;rieur du vagin, de fortifier le p&#233;rin&#233;e et de renforcer les muscles. Co&#251;t de l'op&#233;ration : de 1 500 &#224; 4 000 &#8364;. L'American College of Obstetricians and Gynecologists avait lanc&#233; un avertissement en 2007 (1) contre ce type de chirurgie. L'op&#233;ration aurait des effets ind&#233;sirables importants : infections, cicatrisations difficiles, nerfs endommag&#233;s, pertes de sensation, d&#233;pressions ou troubles psychologiques. Ce qui n'emp&#234;che pas ce type d'op&#233;rations d'&#234;tre tr&#232;s fr&#233;quent. Si l'intervention permet de gommer les cons&#233;quences d'un ou plusieurs accouchements, la liste des risques est assez lourde pour n'envisager ce type d'intervention qu'en EXTREME dernier recours.&lt;br/&gt;
Avant de s'allonger sur une table d'op&#233;ration, il faut surtout aller s'allonger sur celle d'un kin&#233; ou d'une sage-femme pour une r&#233;&#233;ducation du p&#233;rin&#233;e, tout en douceur et en efficacit&#233;. Co&#251;t de la m&#233;thode : 0 euro, (la s&#233;curit&#233; sociale rembourse &#224; 100% les 10 s&#233;ances).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le second cas de figure, il s'agit d'une vaginoplastie r&#233;alis&#233;e dans le cadre d'un changement de sexe (op&#233;ration de r&#233;assignation sexuelle), c'est &#224; dire la cr&#233;ation d'un n&#233;ovagin. Un n&#233;ovagin n'est pas sensible, n&#233;anmoins, il est possible d'avoir un orgasme avec un sexe &#171; artificiel &#187;. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le Sex appeal de l'inorganique&lt;/i&gt;, Mario Perniola, professeur d'esth&#233;tique &#224; l'universit&#233; de Rome, s'insurge : &#171; Les corps sont devenus des rouleaux de tissu &#224; d&#233;plier et replier l'un sur l'autre, de sorte que l'on peut finalement proc&#233;der &#224; l'&#233;tablissement d'un nouvel ordre et mettre la soie avec la soie, la laine avec la laine et la toile avec la toile (...). Les organes sont des habits dont sautent boutons et coutures et qui retournent &#224; la condition de pi&#232;ces de tissu ouvertes &#224; travailler : on peut ainsi les assembler et les s&#233;parer suivant de nouveaux crit&#232;res qui ne correspondent &#224; aucune fonction et aucun but &#187;. (2) Le plaisir est avant tout mental selon lui, il est possible de cr&#233;er, par la pens&#233;e et par l'action, un autre rapport &#233;rotique. En ce qui concerne les sensations purement physiques, le t&#233;moignage (3) post-op&#233;ratoire d'Alexandra, MtF (Male to Female), s'av&#232;re particuli&#232;rement rassurant : &#171; (&#8230;) j'ai conserv&#233; toute ma sensibilit&#233;, la chirurgie a impact&#233; au minimum mes terminaisons nerveuses. En effet, mes nouvelles sensations ressemblent &#224; celles que j'avais avec mon p&#233;nis, ce qui me pousse &#224; conclure que je n'ai finalement rien perdu. J'arrive &#224; la conclusion que la pr&#233;servation des sensations est primordiale sur le plan psychique, et que les MtF se retrouvant sans sensations g&#233;nitales apr&#232;s l'op&#233;ration (ce qui arrive en cas d'utilisation de techniques op&#233;ratoires moins que parfaites) doivent vivre l'enfer. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Nymphoplastie ou labioplastie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le chirurgien Xavier Latouche explique que la vaginoplastie est &#171; (&#8230;) propos&#233;e &#224; une femme qui a habituellement connu un plaisir normal avant la ou les grossesses [lui permettant] de retrouver l'anatomie et le bon fonctionnement de son intimit&#233; tels qu'ils &#233;taient ant&#233;rieurement. La labioplastie ou nymphoplastie, s'adresse &#224; de plus jeunes femmes ou jeunes filles dont l'&#233;panouissement sexuel a pu &#234;tre entrav&#233; par une hypertrophie des petites l&#232;vres. La correction de cette disgr&#226;ce doit donc permettre de restaurer une bonne image de soi et un fonctionnement sexuel harmonieux. &#187;*. La chirurgie r&#233;paratrice des grandes et petites l&#232;vres vise ainsi &#224; corriger des dissym&#233;tries de longueur, largeur ou &#233;paisseur. Co&#251;t de l'op&#233;ration : de 2 000 &#224; 4 000 &#8364;. Selon le docteur Robert H. Stubbs, chirurgien plasticien &#224; Toronto, certaines femmes avec des grandes labia minora ont des douleurs pendant les rapports, parce que les l&#232;vres sont r&#233;ellement &quot;tir&#233;es dedans&quot;. L'hypertrophie ou l'asym&#233;trie des labia minora peut causer friction et g&#234;ne lors les activit&#233;s journali&#232;res ou lors du port de certains v&#234;tements (trop serr&#233;s), tel que le pantalon. Mais souvent, des femmes sont simplement tracass&#233;es par leur aspect, elles d&#233;sirent un sexe pr&#233;-pub&#232;re par souci de mode, comme si pouvait &#234;tre nymphe, qui veut, &#224; n'importe quel &#226;ge. Jocelyne Robert, sexologue et auteure de l'ouvrage &lt;i&gt;Le sexe en mal d'amour &#8212;De la r&#233;volution sexuelle &#224; la r&#233;gression &#233;rotique &lt;/i&gt; s'insurge : &#171; Maquill&#233;es, &#233;pil&#233;es, color&#233;es, les vulves des actrices pornos ont perdu beaucoup de leur naturel et elles ont presque toutes des l&#232;vres tr&#232;s petites, qui sugg&#232;rent la jeunesse, voire l'enfance &#187;. Les recours &#224; la chirurgie labioplastique ne sont pas syst&#233;matiquement li&#233;s &#224; une g&#234;ne d'ordre physique mais figurent &#233;galement un moyen de se conformer &#224; des crit&#232;res esth&#233;tiques normatifs. Xavier Latouche affirme &#171; qu' il n'y a pas d'inconfort physique qui ne rejaillisse point sur le psychique.(...) Pourtant les patientes consultent avant tout pour un probl&#232;me physique. Lorsque celui-ci est r&#233;solu, il est souvent bon d'envisager un retour &#224; l'&#233;panouissement du couple par quelques entretiens appropri&#233;s de sexoth&#233;rapie, individuels ou de couple. &#187;* Pierre Nahon met en garde les patientes qui peuvent &#234;tre d&#233;&#231;ues quand elles veulent changer, transformer ou am&#233;liorer telle ou telle partie de leur corps uniquement dans le but d'&#234;tre plus performantes. M&#234;me s'il n'y a effectivement aucune raison de se priver de la chirurgie esth&#233;tique quand une intervention existe pour supprimer d&#233;finitivement un d&#233;faut, et apporter le bonheur &#224; un individu qui souffre.(4)&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;duction du Mont Venus, clitoridoplastie &amp; plastie du point G&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#226;ge, le mont de V&#233;nus peut, chez certaines femmes, &#171; s'emp&#226;ter &#187; et se d&#233;tendre, notamment &#224; cause d'un poids fluctuant. Le principe consiste &#224; d&#233;graisser les tissus situ&#233;s &#224; l'avant du pubis et &#224; les remonter pour les fixer en profondeur aux muscles abdominaux. Il s'agit de l'extraction et du d&#233;senfouissement de la vulve permettant d'obtenir un ventre plus plat et de supprimer le pli abdominal inf&#233;rieur. Co&#251;t de l'op&#233;ration : de 2 000 &#224; 3 000 &#8364;. Avant de d&#233;bourser cette somme pour un petit pli auquel vous n'aviez peut-&#234;tre jamais fait attention jusque-l&#224;, sachez que la chirurgie s'empare de presque toutes les parties de notre corps et tente ainsi d'&#233;dicter de nouvelles normes en cr&#233;ant de vicieux complexes et qu'il est plut&#244;t sain de r&#233;sister &#224; ce culte du rajeunissement qui se glisse &#224; pr&#233;sent dans nos culottes apr&#232;s avoir assi&#233;g&#233; nos balconnets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'op&#233;ration la plus controvers&#233;e , puisque contrairement au Mont de V&#233;nus, elle concerne directement la zone g&#233;nitale et qu'elle est souvent pratiqu&#233;e pour des raisons esth&#233;tiques, est celle qui consiste &#224; r&#233;duire le capuchon (ou pr&#233;puce) clitoridien form&#233; par l'extension des petites l&#232;vres recouvrant le clitoris. L'heure n'est plus ici au myst&#232;re du clitoris tel que le pr&#233;sente le Dr G&#233;rard Leleu : &#171; Secret ? Oui, car cach&#233; derri&#232;re les taillis du mont de V&#233;nus, nich&#233; au creux de la fente f&#233;minissime et dans cette fente, masqu&#233; par sa capuche comme une belle myst&#233;rieuse qui se veut incognito &#187; (5). Selon les chirurgiens pratiquant cette op&#233;ration la peau recouvrant le clitoris peut &#234;tre en exc&#232;s voir trop &#233;paisse et causer une g&#234;ne esth&#233;tique, entra&#238;ner une diminution de la sensibilit&#233; et interf&#233;rer dans la stimulation. &#171; L'ex&#233;r&#232;se de peau excessive recouvrant le clitoris au centre ou lat&#233;ralement permet un &#171; d&#233;senfouissement &#187; du clitoris &#187;. &#192; noter que l'O.M.S. a &#233;tabli une typologie des diff&#233;rentes mutilations sexuelles f&#233;minines (MSF) en quatre cat&#233;gories parmi lesquelles figure justement l'ablation du pr&#233;puce clitoridien (6)&#8230;&lt;br/&gt;
Quelle ironie, m&#234;me si dans un cas il s'agit de la r&#233;duction et dans l'autre de la suppression totale du capuchon clitoridien (et non pas du gland du clitoris dont la suppression est class&#233; dans une autre cat&#233;gorie). Nos soci&#233;t&#233;s occidentales autorisent pour des raisons esth&#233;tiques une op&#233;ration, alors que dans le m&#234;me temps en &#244;tant quelques millim&#232;tres de peau suppl&#233;mentaire, cette op&#233;ration, si elle est pratiqu&#233;e dans une soci&#233;t&#233; traditionnelle, est consid&#233;r&#233;e comme une mutilation sexuelle. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'op&#233;ration la moins lourde chirurgicalement est celle du point G. Cette zone &#233;rectile de 2 &#224; 3 cm est situ&#233;e dans la paroi vaginale ant&#233;rieure &#224; 3 cm de l'orifice vaginal, &#224; mi-chemin entre le pubis et le col de l'ut&#233;rus. Il existe une op&#233;ration chirurgicale appel&#233;e &#171; l'amplification du point G &#187; soit une injection de 2 &#224; 3 ml d'acide hyaluronique (HA) permettant une augmentation de la viscosit&#233;, une r&#233;hydratation des tissus. L'augmentation de volume du point G a pour objectif de le rendre plus facilement stimulable, et permettrait de rem&#233;dier aux troubles sexuels entrain&#233;s par son manque de sensibilit&#233;. L'effet de l'injection dure entre cinq et huit mois. L'op&#233;ration est risqu&#233;e et peut entra&#238;ner un dysfonctionnement de l'appareil urinaire, de plus son efficacit&#233; n'est pas av&#233;r&#233;e, en effet l'acide hyaluronique sert &#224; combler les rides et n'intervient donc pas au niveau sensoriel. Comme le note judicieusement le Dr Catherine Solano, l'&#233;rotisme f&#233;minin ne se concentre de toute fa&#231;on pas au niveau du point G, qui ne concernerait que 10% des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un article du magazine &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; datant du 8 avril 2010, d&#232;s les premi&#232;res lignes du dossier consacr&#233; &#224; &#171; La Nouvelle chirurgie esth&#233;tique &#187;, la journaliste Violaine de Montclos mettait l'accent sur la nouvelle donne en mati&#232;re d'apparence et de &#171; pr&#233;sentation de soi &#187; dans la soci&#233;t&#233; contemporaine. Il ne s'agit plus d'ajustements &#224; n&#233;gocier avec son physique mais de ma&#238;trise parfaite de son corps, de lutte contre les effets du temps, de capitalisation du potentiel physique dans le monde du travail et dans l'intimit&#233;. Rappelons, pour conclure, &#224; l'instar de Jean-Claude Hag&#232;ge (chirurgien sp&#233;cialiste en chirurgie plastique reconstructrice et esth&#233;tique) qu'il est pr&#233;f&#233;rable de d&#233;fendre &#171; une beaut&#233; singuli&#232;re par son aspect physique &#187; et ne demander &#224; la chirurgie que le &#171; SMIG-Beaut&#233; &#187;, c'est &#224; dire le Seuil-Minimum-Individuel-Garanti de Beaut&#233; (7) et non des miracles biotechnologiques qu'elle ne saurait produire.&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
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[gris] Saskia Farber[/gris]
&lt;br/&gt;
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&lt;strong&gt;Sources : &lt;/strong&gt; (1) &lt;a href=&quot;http://www.acog.org/from_home/publications/press_releases/nr09-01-07-1.cfm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.acog.org/from_home/publi...&lt;/a&gt;&lt;br/&gt; (2) Mario Perniola, Le Sex-appeal de l'inorganique, Paris, L&#233;o Scheer, 2003&lt;br/&gt;
(3) &lt;a href=&quot;http://www.sts67.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.sts67.org/&lt;/a&gt; : site de Support Transition Strasbourg&lt;br/&gt;
(4) Pierre Nahon, La Chirurgie esth&#233;tique, Le Cavalier bleu, 2007&lt;br/&gt; (5) G&#233;rard Leleu, La Caresse de V&#233;nus, &#233;ditions Leduc, 2009&lt;br/&gt;
(6) &lt;a href=&quot;http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.who.int/mediacentre/fact...&lt;/a&gt; (aide m&#233;moire n&#176;241, f&#233;vrier 2010)&lt;br/&gt;
(7) Jean-Claude Hag&#232;ge, Votre beaut&#233; vous appartient ! , &#233;ditions Odile Jacob, 2010&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* MINI INTERVIEW r&#233;alis&#233;e par Saskia Farber pour &lt;i&gt;Second Sexe&lt;/i&gt; le 13 juin 2010 aupr&#232;s de Xavier Latouche &amp; Chantal Higy-Lang. Le docteur Xavier Latouche est chirurgien sp&#233;cialis&#233; en chirurgie plastique, r&#233;paratrice et esth&#233;tique. Ancien interne des H&#244;pitaux, ancien chef de clinique &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine, ex-attach&#233; des H&#244;pitaux de Paris, il a exerc&#233; &#224; l'H&#244;pital Boucicaut et &#224; l'h&#244;pital Necker-Enfants Malades. Son ouvrage La Chirurgie esth&#233;tique, &#233;crit en collaboration avec Chantal Higy-Lang (sexologue et psychoth&#233;rapeute avec qui il avait pr&#233;c&#233;demment publi&#233; La M&#233;decine esth&#233;tique), para&#238;tra en septembre 2010 aux &#233;ditions Hachette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#169; Vladislav Ociacia - Fotolia&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Voil&#233;-d&#233;voil&#233;, entre &#233;rotisme et divulgation</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/Voile-devoile-entre-erotisme-et.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lie Galois</dc:creator>



		<description>L'&#233;rotisme s'appuie sur un savant jeu entre l'occultation et la divulgation du corps. Comme si ce dernier s'offrait &#224; la vue par fragments satur&#233;s de symboles. Il existe un code, tacite, de la r&#233;v&#233;lation de la chair. Toutefois, entre les partisans du string et les f&#233;tichistes des combinaisons en latex, que nous dit le rapport au v&#234;tement et &#224; la parure ? Danse et reptations autour de l'inqui&#233;tante nudit&#233;. Une question de va-et-vient&#8230; Rien de plus culturel que l'&#233;rotisme, forme raffin&#233;e de jeu qui (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1018-0d03d.jpg&quot; width='150' height='101' style='height:101px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;rotisme s'appuie sur un savant jeu entre l'occultation et la divulgation du corps. Comme si ce dernier s'offrait &#224; la vue par fragments satur&#233;s de symboles. Il existe un code, tacite, de la r&#233;v&#233;lation de la chair. Toutefois, entre les partisans du string et les f&#233;tichistes des combinaisons en latex, que nous dit le rapport au v&#234;tement et &#224; la parure ? Danse et reptations autour de l'inqui&#233;tante nudit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une question de va-et-vient&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus culturel que l'&#233;rotisme, forme raffin&#233;e de jeu qui contourne l'animalit&#233;. Mais r&#233;v&#233;ler la chair ne suffit pas. Chaque partie du corps conna&#238;t un champ des possibles qui gradue l'habillement, de la femme enti&#232;rement voil&#233;e au cache-sexe. Au rythme de &lt;i&gt;Put the blame on me&lt;/i&gt;, Rita Hayworth &#244;te langoureusement dans Gilda un gant noir, puis deux, enfin son collier en or et voici la libido en &#233;moi ! Comme le pr&#233;cise Jacques Waynberg : &#171; Depuis des si&#232;cles, le d&#233;voilement du corps joue &#224; cache-cache avec les bonnes m&#339;urs [&#8230;]. C'est tout simple : sans pudeur, l'&#233;rotisme n'existe pas. Camouflage et d&#233;shabillage sont les mamelles du d&#233;sir. &#187; Le d&#233;voilement rejoint ici la beaut&#233; du voyage (l'effeuillage et la sacralisation du corps), qui n'existerait pas si l'on ne pensait qu'&#224; la destination d'arriv&#233;e (la nudit&#233; et le co&#239;t). Ce trajet, fid&#232;le &#224; la &lt;i&gt;trajectoire&lt;/i&gt; du d&#233;sir, laisse le temps &#224; la cristallisation du fantasme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;loge de la transparence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cacher le corps, l'ensevelir et l'oublier pour abolir ses symboliques &#233;rotis&#233;es : un horizon partag&#233; par foulard, burka, ha&#239;k, hidjab, tchador ou burkini. Par contraste, les sous-v&#234;tements prennent alors le relais, ne redoutant ni la vulgarit&#233;, ni l'amour &#224; l'eau de rose. En Occident, le Tartuffe de Moli&#232;re n'a pas pris une ride : &#171; Couvrez ce sein que je ne saurais voir &#187;, lance le faux d&#233;vot Tartuffe &#224; Dorine, mouchoir &#224; la main, pour qu'elle couvre sa gorge. Et de continuer : &#171; Par de pareils objets les &#226;mes sont bless&#233;es, / Et cela fait venir de coupables pens&#233;es. &#187; S'insurger contre la vision de la chair, c'est reconna&#238;tre son empire. Et la puissance des pulsions. Si le tchador nie le corps (par l'effacement des contours), le v&#234;tement sculpte plus qu'il n'efface : &#171; Les &#233;toffes prot&#232;gent la pudeur, mais pas n'importe comment, couvrant chez les femmes principalement les zones les plus convoit&#233;es du corps, mais sans les soustraire &#224; la tentation &#187; poursuit Jacques Waynberg. Mise en sc&#232;ne de la nudit&#233;, les d&#233;shabill&#233;s &#8212; au nom r&#233;v&#233;lateur &#8212; &#233;peronnent le d&#233;sir. Ainsi dans &lt;i&gt;Emmanuelle&lt;/i&gt;, o&#249; l'h&#233;ro&#239;ne ma&#238;trise &#224; la perfection l'art du d&#233;voilement : &#171; Emmanuelle dort nue. Mais, pour d&#233;jeuner avec Jean sur le large balcon de leur chambre, elle rev&#234;t une des petites chemises de nuit tr&#232;s courtes dont elle a (en partie pour le plaisir de l'essayage) acquis un grand nombre [&#8230;]. Celle qu'elle porte ce matin est transparente et pliss&#233;e et la teinte en est presque identique &#224; celle de la peau. L'ourlet n'en descend pas plus bas que l'aine. Trois boutons la ferment &#224; la taille. Le souffle le plus l&#233;ger la soul&#232;ve. &#187; La transparence se fait loupe qui r&#233;v&#232;le les d&#233;tails, redondance sublim&#233;e de la peau. &#192; l'exemple des bas Nylon, qui firent leur apparition en 1939. &#201;rotisme &#233;quivoque, trac&#233; troublant de femmes qui en dessinaient la ligne fatale, &#224; d&#233;faut d'en poss&#233;der&#8230; Les photographies de Claude Alexandre, qui travaille sur &#171; l'extr&#234;me corps &#187;, montrent combien le voile questionne les fronti&#232;res du corps dans sa s&#233;rie des &#171; Enveloppements &#187;. Drap&#233;es, les femmes nues semblent chrysalides, vou&#233;es &#224; la m&#233;tamorphose du d&#233;sir. Nues sous cellophane ou b&#226;che plastique, elles paraissent au contraire arrach&#233;es &#224; la morgue. &#201;ros et Thanatos. Alors que sous film &#233;tirable, la femme-insecte, enr&#233;sin&#233;e dans l'image, vuln&#233;rable et offerte mais promise &#224; la mue, va quitter son exuvie. L'au-del&#224; du d&#233;sir ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Habiller la nudit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette gradation subtile du v&#234;tir contourne le spectre de la nudit&#233;. Car &#234;tre nu, c'est &#234;tre expos&#233; en toute crudit&#233;. Pour Jacques Waynberg toujours, &#171; la pudeur est en fin de compte l'instrument de cette hantise de la nudit&#233; totale. La soci&#233;t&#233; p&#232;se de tout son poids religieux et culturel pour faire du v&#234;tement l'insigne n&#233;cessaire de tout &#234;tre civilis&#233; &#8212; &#234;tre nu c'est &#234;tre vuln&#233;rable, cru, &#224; l'&#233;tat sauvage, sans grade, indigne &#8212; et d'un autre c&#244;t&#233; l'app&#233;tit sexuel avive l'int&#233;r&#234;t visuel que l'on porte aux autres. &#187; La nudit&#233; est alors soit anatomique, soit pornographique. &#192; l'extr&#234;me-limite, les formes g&#233;n&#233;reuses habillent encore la nudit&#233;, tout comme la longue chevelure se fait v&#234;tement (qu'on songe &#224; &lt;i&gt;La Naissance de V&#233;nus&lt;/i&gt; de Botticelli). Pour Bernard No&#235;l dans &lt;i&gt;Le Ch&#226;teau de C&#232;ne&lt;/i&gt;, rien de plus nu pourtant que le regard : &#171; J'&#233;tais nue la premi&#232;re fois. La nudit&#233; est cruelle parce qu'elle d&#233;masque, mais pas forc&#233;ment celui qui est nu. Vous &#234;tes vous demand&#233; pourquoi il est de tradition de voiler la partie honteuse, bien qu'elle soit uniforme, alors que la partie vraiment intime, je veux dire le regard, reste visible &#224; tous ? En somme, la morale intervertit la r&#233;alit&#233;. &#187; Dans la nudit&#233;, le squelette n'est jamais loin. Rappelons Baudelaire, chez qui &#171; la maigreur est plus nue, plus ind&#233;cente que la graisse. &#187; &lt;br/&gt;L&#224; o&#249; il y a pulsion, le v&#234;tement devient entrave, comme dans cette sc&#232;ne de viol d'un roman de Caryl F&#233;rey : &#171; Il commen&#231;a par arracher ce qui restait de la robe, fit sauter l'&#233;lastique de son string et l'envoya valser sur le sol. &#187; La prise de possession du corps passe alors, au sens fort, par son acc&#232;s, par-del&#224; les fronti&#232;res symboliques. Exit les sentiments.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Couvrir, dit-elle&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voir est-il la jouissance supr&#234;me ? Ou est-ce : cesser-de-ne-pas-voir ? &#187;, s'interroge H&#233;l&#232;ne Cixous dans &lt;i&gt;Voiles&lt;/i&gt;. L&#224; se rejoint peut-&#234;tre l'ambigu&#239;t&#233; de voile, entre le masculin et le f&#233;minin. La voile et le voile. La voile du navire est signe &#224; l'horizon, comme dans Tristan et Iseut o&#249; la voile noire provoque la mort de Tristan. Le tissu qui couvre le corps annonce par saillies la nudit&#233;. Il semble clamer la chair. Dire le nu &#224; mots tus. Ainsi des dessins &#233;rotiques de Tomi Ungerer, o&#249; bas, ceintures et liens rythment la nudit&#233; en noir et blanc. Le voile, retrait et offrande, plus encore qu'il ne joue sur l'apparition, sacralise le vu. Il donne &#224; voir. Il fait de la vision un &#233;v&#233;nement. Plus encore qu'une vision du corps, il en livre des aper&#231;us. Et offre au voyeur la sensation de voler une image, de s'approprier une intimit&#233;. La paupi&#232;re, voile de l'&#339;il, s'&#233;puise alors &#224; rester &#233;veill&#233;e, &#224; ne pas dissiper le songe et son fantasme. L'on rejoint Junichir&#244; Tanizaki dans &lt;i&gt;Eloge de l'ombre&lt;/i&gt; : &#171; Je crois que le beau n'est pas une substance en soi, mais rien qu'un dessin d'ombres, qu'un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses [&#8230;] le beau perd son existence si l'on supprime les effets d'ombre. &#187; Pas d'&#233;rotisme sans ce va-et-vient du cach&#233; et du d&#233;couvert, sans une r&#234;verie sur l'invisible : &#171; L'endroit le plus &#233;rotique d'un corps n'est-il pas l&#224; o&#249; le v&#234;tement b&#226;ille ? C'est l'intermittence qui est &#233;rotique, celle de la peau qui scintille entre deux pi&#232;ces, entre deux bords. C'est le scintillement m&#234;me qui s&#233;duit, ou encore la mise en sc&#232;ne d'une apparition-disparition &#187; (Marc-Alain Ouaknin).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les berges du d&#233;sir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rotisme, &#171; proc&#233;d&#233; de mutation du d&#233;sir brut en excitation intelligente &#187; (Jacques Waynberg), se compla&#238;t dans cette nudit&#233; capricieuse. Qu'elle soit v&#234;tement-rempart (le caoutchouc, le latex, le cuir, le vinyle) ou sa propre n&#233;gation &#233;loquente (la transparence), la mati&#232;re affirme l'attraction du corps et de ses lignes. Seuls les v&#234;tements informes (le l&#226;che) contredisent le d&#233;sir et occultent le corps. Entre honte et secret, le corps cach&#233; rappelle la housse zipp&#233;e qui contiendra plus tard la mort. Le corps-tombeau s'efface alors socialement. Dans l'ordre[ public, il n'est pas du domaine du consommable. On le retire de la s&#233;duction. Parer la nudit&#233; sans contrarier les lignes, c'est au contraire apposer la feuille de cigarette du d&#233;sir : &#171; Et elle releva sa robe plus haut que le bas : la jambe, les jarreti&#232;res fleuries, les bas, le linge, tout &#233;tait luxueux ; de son doigt elle d&#233;signait la chair nue &#187; (Georges Bataille). Qu'il ait la transparence du voile ou l'opacit&#233; du vinyle, le tissu est interstice, trouble entre le voir et le toucher. &#201;loge de la transparence chez Houellebecq : &#171; Une fois mouill&#233;, le maillot de Babette &#233;tait en effet spectaculaire : on distinguait parfaitement les mamelons et la raie des fesses ; on apercevait m&#234;me la l&#233;g&#232;re sur&#233;paisseur des poils pubiens, bien qu'elle ait opt&#233; pour une coupe assez courte. &#187; Dans ce jeu o&#249; les fronti&#232;res s'estompent, l'autre entre dans la sc&#233;narisation du fantasme. Voiles et mati&#232;res sacralisent le corps et soulignent les trac&#233;s. Quand les Christo enveloppent le Pont-Neuf ou le Reichstag, ils ne les font pas dispara&#238;tre. Ils en accusent et en r&#233;v&#232;lent les traits, redistribuent les angles par l'orientation du voir. &#201;cho lointain des Amoureux de Magritte, o&#249; les t&#234;tes drap&#233;es &#233;clipsent le seul v&#233;ritable insolent : l'&#339;il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]
Ingrid Astier[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Bibliographie :&lt;br/&gt;
Imaginaires Sexuels, revue Quel corps ?, N&#176; 50-51-52, 1995. Article du docteur Jacques Waynberg, &#171; Pudeur et pornographie &#187;.
Moli&#232;re, Le Tartuffe ou l'Imposteur, III-2, Gallimard, 1971.
Emmanuelle Arsan, Emmanuelle, Le Terrain vague, 1967.
Bernard No&#235;l, Le Ch&#226;teau de C&#232;ne, J&#233;r&#244;me Martineau, 1969 (paru sous le pseudonyme : Urbain d'Orlhac).
Charles Baudelaire, Fus&#233;es dans &#338;uvres compl&#232;tes, Gallimard, 1961.
Caryl F&#233;rey, Zulu, Gallimard, 2008.
Tomi Ungerer, S.M., Le Cherche Midi, 2000.
H&#233;l&#232;ne Cixous, Jacques Derrida, Voiles, Paris, Galil&#233;e, 1998.
Marc-Alain Ouaknin, M&#233;ditations &#233;rotiques Essai sur Emmanuel Levinas, Payot &amp; Rivages, 2003.
Georges Bataille, Le Bleu du ciel, Jean-Jacques Pauvert, 1957.
Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Sources :&lt;br/&gt;
&lt;a href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/agence-vs/Claude_Alexandre/index.swf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Site de Claude Alexandre, photographe&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.christojeanneclaude.net/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Site de Christo et Jeanne-Claude&lt;/a&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#169; Fotolia&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les dessous du corset</title>
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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH84/arton413-bb1bd.jpg&quot; width='150' height='84' style='height:84px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Un objet pour f&#233;tichiste ? Une aide pour les n&#233;cessiteux de l'&#233;rection et une relique des si&#232;cles pass&#233;s ? Une &#233;poque o&#249; une femme devait &#234;tre &#233;trangl&#233;e par la taille pour gagner en beaut&#233;, quitte &#224; perdre quelques gouttes de sang en toussant sur un mouchoir ? Une civilisation de l'&#233;touffement ? &#187; Thomas Bouvatier, co-auteur du livre Plumes et dentelles, ne cache rien du regard sceptique, empreint de moralisme, qu'il posait au d&#233;part sur cet objet. En faisant mentir les femmes sur leur tour de taille, parfois jusqu'&#224; l'aberration, le corset ouvrait la voie aux l&#232;vres gonfl&#233;es au collag&#232;ne et autres seins silicon&#233;s. Jusqu'au jour o&#249; l'&#233;crivain rencontra Chantal Thomass, qui lui ouvrit les yeux sur cet objet tant d&#233;cri&#233;, au point d'en faire peu &#224; peu un v&#233;ritable d&#233;lice&#8230; Retour sur l'histoire d'une parure controvers&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;pop&#233;e du dessous&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'origine du corset remonte &#224; l'Antiquit&#233;. Aux grandes heures des Pharaons, des cit&#233;s grecques et de la Rome imp&#233;riale, les femmes cherchaient d&#233;j&#224; &#224; affiner leur taille &#224; l'aide d'anneaux de jonc ou de bandelettes en tissu. Au Moyen Age, les jeunes filles portent des bandes de tissus entre la chemise et la robe. Mais il faut attendre le XVe si&#232;cle, et Isabeau de Bavi&#232;re, femme de Charles VI, pour que le corset se rapproche de sa forme actuelle. L'objet est alors commun&#233;ment d&#233;sign&#233; sous le terme de &#171; busc &#187;, en r&#233;f&#233;rence aux lames de bois plac&#233;es dans sa doublure. On en trouve &#233;galement des versions en ivoire, en corne ou encore en fanon de baleine.
Puis Catherine de M&#233;dicis &#233;rige la taille de gu&#234;pe au rang de canon de la beaut&#233;. Aupr&#232;s de la Cour italienne, la reine se fait l'ambassadrice de la &#171; busquine &#187;, un corset renforc&#233; de m&#233;tal. Au XVIIe si&#232;cle, les baleines apparaissent et assouplissent enfin la rigidit&#233; du &#171; busc &#187;. Son usage s'&#233;tend m&#234;me &#224; la petite enfance, certains parents voyant dans cet objet une garantie de bon maintien et de port altier pour leur prog&#233;niture. A la R&#233;volution, le corset s'efface temporairement au profit des brassi&#232;res. C'est &#224; l'&#233;poque victorienne (1820-1910) que le corset op&#232;re un retour triomphal. Il offre alors aux femmes une silhouette avantageuse : poitrine g&#233;n&#233;reuse, taille fine et hanches bien dessin&#233;es. Le culte de la taille de gu&#234;pe prend une ampleur telle que certaines femmes n'h&#233;sitent pas &#224; se faire &#244;ter les c&#244;tes flottantes pour perdre quelques centim&#232;tres. La Premi&#232;re Guerre mondiale marque cependant un coup d'arr&#234;t &#224; ce spectaculaire engouement pour le corset. Les militaires am&#233;ricains demandent aux femmes de cesser d'en acheter car l'industrie a besoin de fer. Environ 28 000 tonnes de m&#233;tal sont ainsi &#233;conomis&#233;es. Les femmes &#233;voluent, prennent soin de leur corps en faisant du sport et ont donc besoin de corset beaucoup plus souple avec des baleines amovibles. La f&#233;ministe Hermine Cadolle, corseti&#232;re renomm&#233;e, avait d&#233;j&#224; voulu lib&#233;rer les femmes du corset en 1889. En le coupant en deux et en ajoutant une protection &#224; la poitrine, l'a&#239;eule de Poupie Cadolle venait d'inventer le soutien-gorge. Le port du corset sera d&#233;sormais un choix et deviendra du m&#234;me coup un redoutable outil de s&#233;duction.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le corset du dessus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus besoin de le cacher, le corset est devenu un choix esth&#233;tique, une parure qui peut dor&#233;navant se porter sur les v&#234;tements. D&#232;s les ann&#233;es 1970, des stylistes comme Chantal Thomass revisitent l'objet. Dans son magasin rose capitonn&#233;, de la rue Saint-Honor&#233;, Thomas Bouvatier d&#233;couvre l'univers de la cr&#233;atrice, un &#171; paradis de d&#233;licatesse &#187;. Sans complexe, l'auteur chante la perfection des corsets de celle qui lui a tout appris. &#171; C'est un objet d'une souplesse, d'un confort tel, que je regrette de ne pas &#234;tre une femme pour m'y faire cintrer et y d&#233;poser mes seins. &#187; Mais Chantal Thomass n'est pas la seule &#224; s'&#234;tre pench&#233;e sur les secrets de fabrication de cette cage &#224; plaisir. Cr&#233;ateur en 1983 de la robe corset, Jean-Paul Gaultier, acquit une notori&#233;t&#233; plan&#233;taire avec son fameux corset &#224; seins coniques, qui fit le bonheur des fans d'une Madonna propuls&#233;e au rang de d&#233;esse &#224; la sensualit&#233; futuriste.
Le plus grand cr&#233;ateur de corset est connu sous le nom de Mister Pearl. Ce g&#233;ni de la corseterie, v&#233;ritable passionn&#233;, utilise de vieilles techniques pour la confection de ses pi&#232;ces et peut r&#233;duire un tour de taille de 10 &#224; 15 centim&#232;tres. Christian Lacroix, John Galliano ou encore Thierry Mugler font appel &#224; lui pour leurs collections. Quant au cr&#233;ateur Hubert Barr&#232;re, il r&#233;alise &#233;galement des corsets pour les grands couturiers comme Chanel et Dolce Gabbana.
Brod&#233; ou perl&#233;, le corset fait donc les grandes heures des d&#233;fil&#233;s de modes de Paris, Milan ou New York. Rien d'&#233;tonnant que l'objet soit adopt&#233; par de nombreuses actrices, qui n'h&#233;sitent pas &#224; l'arborer fi&#232;rement de premi&#232;res de films en marches de festivals. Les chanteuses aussi en sont adeptes. Suivant la voie trac&#233;e par Madonna, Christina Aguilera, Britney Spears et tant d'autres multiplient les apparitions corset&#233;es, et font elles-m&#234;mes des &#233;mules. A l'image des Liaisons dangereuses, de nombreux films font &#233;galement la part belle aux corsets, qui semblent prolif&#233;rer dans les salles obscures. Histoire d'O de Just Jaeckin met en sc&#232;ne le jeu de s&#233;duction d'une soumise, interpr&#233;t&#233;e par Corinne Clery, sublim&#233;e par son corset. Dans un autre style, Ma&#238;tresse de Barbet Schroeder d&#233;voile Bulle Ogier dans le r&#244;le d'une dominatrice en corset de cuir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De la souffrance au confort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rapidement vou&#233; aux g&#233;monies, le corset a souvent &#233;t&#233; accus&#233; de tous les maux. Nombreux sont les m&#233;decins qui, &#224; l'image d'Ambroise Par&#233;, l'ont consid&#233;r&#233; comme un instrument de torture, jug&#233; responsable de cas de tuberculose, de cancer de la poitrine, chevauchement des c&#244;tes et autres d&#233;formations du squelette. Au XIXe si&#232;cle, si certains voient dans le corset un moyen de garder dignement les femmes &#224; la maison, les moralistes estiment que l'objet emp&#234;che les femmes d'avoir des enfants et de faire le m&#233;nage.
Ces attaques m&#233;dicales ne sont pas sans fondement : la rigidit&#233; des premiers corsets et le culte de la taille de gu&#234;pe ont parfois fragilis&#233; les femmes. Certaines s'&#233;vanouissaient, d'autres avaient des c&#244;tes cass&#233;es voire mouraient pr&#233;matur&#233;ment. Une silhouette corset&#233;e &#233;tait comprim&#233;e &#224; la taille, entra&#238;nant certains organes vers le bas de la cage thoracique et &#233;largissant la partie haute pour permettre &#224; la femme d'avoir le volume n&#233;cessaire pour respirer.
Ces risques semblent avoir &#233;t&#233; bien int&#233;gr&#233;s aujourd'hui, et les aficionados s'accordent pour recommander un serrage progressif. Herv&#233;, styliste et vendeur au magasin Phyl&#233;a, sp&#233;cialis&#233; dans la lingerie &#233;rotique, pr&#233;cise que le corset ne doit pas &#234;tre port&#233; r&#233;guli&#232;rement car il provoque un v&#233;ritable bouleversement int&#233;rieur. De plus, les mod&#232;les ont chang&#233;. Ils ne compriment plus les c&#244;tes flottantes. Le confort est devenu primordial. Phyl&#233;a adapte ainsi ses conseils &#224; la morphologie de ses clientes. Le port du corset est adapt&#233; aux femmes &#224; forte poitrine, tandis que les seins plus petits seront mieux mis en valeur par une ceinture. &#171; Je m'adapte &#224; la taille du buste &#187;, pr&#233;cise Herv&#233;. Aujourd'hui, tous les magiciens de la corseterie sont &#224; l'&#233;coute des femmes.
Loin de son pass&#233; de contrainte physique, le corset est d&#233;sormais un choix pleinement assum&#233;, qui souligne l'ind&#233;pendance de la femme, lib&#233;r&#233;e de tout dictat, tout en lui offrant de nombreux avantages : mise en valeur de la poitrine, affinement de la taille, accentuation de la chute de reins, embellissement du port de t&#234;te&#8230;
L'objet rassure les femmes qui le portent, en leur donnant pleinement confiance en leur pouvoir de s&#233;duction. Qu'elles ressentent une excitation certaine &#224; le porter sous leurs v&#234;tements ou qu'elles choisissent de l'exhiber fi&#232;rement, le corset fait d&#233;finitivement partie de leur garde-robe sensuelle, au m&#234;me titre que les talons aiguilles ou le porte-jarretelles. Pour d'autres, le pas reste &#224; franchir, et le corset se fait plus intime, ne se r&#233;v&#233;lant que lorsque la timidit&#233; tombe, au moment des jeux &#233;rotiques. Quelle sensation exquise alors de se laisser surprendre dans cette tenue suggestive et d'offrir son corps aux d&#233;sirs de son partenaire. La&#231;age &#233;nergique ou d&#233;la&#231;age sensuel, la d&#233;cision ne tient qu'&#224; un fil.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Du c&#244;t&#233; des hommes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le corset est loin de n'&#234;tre qu'un attribut f&#233;minin. En t&#233;moignent certaines gravures d'&#233;poque, repr&#233;sentant Henri III et ses mignons ceints du pr&#233;cieux objet. D&#233;sign&#233; sous le vocable de saint-simonien, en r&#233;f&#233;rence aux philosophes du XVIIIe si&#232;cle qui consid&#233;raient le corset comme un symbole d'entraide humaniste, compte tenu de son la&#231;age dans le dos, le corset pour hommes fait son retour avec des cr&#233;ateurs comme Sylvain Nuffer et Hubert Barr&#232;re.
Le premier a baign&#233; depuis son plus jeune &#226;ge dans le milieu de la corseterie. Sa m&#232;re recherche la perfection de la silhouette f&#233;minine. &#171; Ma m&#232;re m'a donn&#233; le virus &#187;, s'amuse-t-il. Au fur et &#224; mesure, le jeune homme se sent frustr&#233; de voir son propre choix de v&#234;tements restreint. &#171; Les femmes ont cet avantage d'avoir du choix alors que les hommes ont un choix tr&#232;s limit&#233;. &#187; En 2001, il se d&#233;cide donc &#224; cr&#233;er son premier corset. L'exp&#233;rience est tellement r&#233;ussie que le cr&#233;ateur devient un de ses propres clients. A tel point qu'il est aujourd'hui plus rare de le voir en chemise qu'en corset. Sylvain Nuffer fait du sur-mesure et propose plusieurs types de mod&#232;les. Ainsi du corset ceinture avec un double la&#231;age, &#233;quivalent du serre-taille pour les femmes, et des deux mod&#232;les qui marchent le mieux : le Chambord, avec son col officier, et le Champollion, dot&#233; de bretelles et pouvant &#234;tre accessoiris&#233; d'une fourrag&#232;re m&#233;tallique. La client&#232;le est tr&#232;s vari&#233;e. &#171; Je rencontre &#224; la fois des h&#233;t&#233;ros, des homos, des hommes tr&#232;s virils, des hommes d'affaires, des futurs mari&#233;s. &#187; Le corset pour hommes pr&#233;sente les m&#234;mes avantages que les mod&#232;les destin&#233;s aux femmes : il met en valeur les pectoraux et masque les petits d&#233;fauts. Couvert de soie, lainage, jean ou cuir, sa conception n&#233;cessite un travail minutieux et parfois long. Sylvain Nuffer explique qu'il faut deux &#224; trois prototypes, 300 &#224; 400 heures d'&#233;tude entre le moulage et le patronage et une vingtaine d'heures pour le montage. Mais la rapidit&#233; semble venir avec l'exp&#233;rience : sa m&#232;re peut monter un corset en quatre heures !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Insolite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il est d&#233;sormais g&#233;n&#233;ralement associ&#233; au confort, le corset reste parfois un objet de torture. R&#233;duire son tour de taille reste pour certains un objectif &#224; atteindre, comme le prouve la vogue du &#171; tightlacing &#187;, pratique consistant &#224; porter l'objet sept jours sur sept et en le serrant de plus en plus. Certaines femmes n'h&#233;sitent pas &#224; s'y astreindre nuit et jour pour obtenir des r&#233;sultats vraiment convaincants. La m&#233;thode est simple. En le portant tous les jours, le corps s'habitue et change. Les c&#244;tes flottantes se resserrent, les organes vitaux se r&#233;partissent au-dessus et au-dessous de la taille, permettant l'affinement progressif de celle-ci. Adeptes des r&#233;gimes express, m&#233;fiez-vous ! Au-del&#224; des dangers inh&#233;rents &#224; ce type de pratique, les r&#233;sultats ne sont pas toujours rapidement au rendez-vous. Au contraire, les modifications sont lentes et progressives. Principalement situ&#233;s aux Etats-Unis, les adeptes du &#171; tightlacing &#187; entendent imprimer sur leur corps une marque personnelle. La plus connue, Cathie Jung, est une Am&#233;ricaine de soixante-dix ans. Apr&#232;s des ann&#233;es de pratique, son tour de taille de 38 cm lui vaut de figurer au livre des records. Plus connue du grand public, Diva von Teese, c&#233;l&#232;bre pin-up am&#233;ricaine, est &#233;galement une adepte. Le ph&#233;nom&#232;ne touche enfin certains hommes comme Mister Pearl, qui arbore la taille la plus fine au monde pour un homme : 46 cm.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Plaisirs f&#233;tichistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;tichistes affectionnent particuli&#232;rement cet objet de d&#233;sir. Si la mouvance gothique privil&#233;gie le velours noir ou le vinyle enrichis de dentelles et autres boucles d'argent, les f&#233;tichistes puristes pr&#233;f&#232;rent le cuir, le latex ou encore le m&#233;tal. Dans les soir&#233;es libertines, le corset est un accessoire de mode qui s'est popularis&#233; et qui suscite l'int&#233;r&#234;t. Mais pour important que soit l'aspect esth&#233;tique, l'objet ne vise pas &#224; faire passer un message, et ne d&#233;voile en rien les pr&#233;f&#233;rences de celle ou celui qui le porte. Pour Maxence, f&#233;tichiste, le corset peut &#234;tre port&#233; aussi bien par une dominatrice que par une soumise. La mati&#232;re ne donne pas plus d'indice. &#171; Il s'agit d'un v&#234;tement, et non d'un accessoire suggestif comme une paire de menottes. &#187; La plupart des f&#233;tichistes r&#233;servent la primeur du corset, &#233;l&#233;ment &#233;rotique par excellence, &#224; leur partenaire, en toute intimit&#233;. Selon les codes SM, en revanche, l'objet est plus clairement connot&#233; et devient un instrument pour le dominateur, qui peut ainsi entraver un peu plus sa soumise jusqu'&#224; la priver partiellement de respiration. Libre &#224; lui ensuite de resserrer &#224; sa guise les lacets, dans le but d'infliger &#224; sa partenaire une punition plus s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'avenir du corset&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;ateurs, vendeurs, porteurs occasionnels ou plus assidus, novices ou f&#233;tichistes confirm&#233;s tous sont unanimes pour pr&#233;dire &#224; l'objet embl&#233;matique qu'est le corset une renaissance perp&#233;tuelle. Loin d'&#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne de mode, la corseterie a pleinement sa place dans l'univers des cr&#233;ateurs, qui continuent &#224; l'adapter, pour mettre en valeur leurs mod&#232;les et, pourquoi pas, assouvir les fantasmes de leurs client(e)s. Celles-ci se voient d&#233;sormais proposer une gamme des plus &#233;tendues : corset victorien, bustier Renaissance, mod&#232;le en m&#233;tal ou en latex&#8230; Le corset va jusqu'&#224; s'adapter aux moindres d&#233;tails de la morphologie de celles qui l'adoptent. Ainsi la maison Cadolle, c&#233;l&#232;bre depuis des g&#233;n&#233;rations, propose-t-elle du sur-mesure, permettant aux femmes de sculpter leur silhouette &#224; leur guise.
Pour se convaincre de la p&#233;rennit&#233; de l'objet, rien de tel que l'observation du cin&#233;ma et du th&#233;&#226;tre, qui le mettent tous les jours &#224; l'honneur. Qui ne se souvient pas des corsets port&#233;s par Kirsten Dunst, dans son interpr&#233;tation de Marie-Antoinette, sous le regard de Sofia Coppola. L'avenir du corset est d'autant plus radieux qu'il s&#233;duit chaque jour de nouveaux adeptes, &#224; l'image de Thomas Bouvatier. L'&#233;crivain, qui voyait dans la nudit&#233; f&#233;minine &#224; l'&#233;tat brut le plus beau des spectacles, a chang&#233; d'avis lorsqu'il s'est vu remettre une parure des mains de Chantal Thomass : &#171; Une femme l'a port&#233; devant moi, puis une autre, puis encore une autre et j'ai r&#233;alis&#233; une chose, un choc, l'&#233;crin ne mange pas le bijou&#8230; Corset est depuis si d&#233;licieux &#224; prononcer, essayez : &quot;corset&quot;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent]Priscilla Matteotti[/argent]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le strip-tease burlesque : une le&#231;on explosive de sur-f&#233;minit&#233;</title>
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		<description>V&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne de mode aux Etats-Unis et maintenant en France, le Burlesque est une forme de spectacle &#233;rotique qui r&#233;habilite la vamp en talons-aiguilles. Qu'elles p&#232;sent 50 ou 80 kilos, qu'elles soient trop grandes ou trop petites, parfaitement belles ou compl&#232;tement hors-normes, les artistes du Burlesque pr&#233;sentent toutes en commun d'&#234;tre si pleines d'humour et d'assurance que les hommes se p&#226;ment &#224; leurs pieds. Parodiant gaiement le mythe de la pin-up, ces s&#233;ductrices s'exhibent en bikini-strass (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton423-b0f92.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne de mode aux Etats-Unis et maintenant en France, le Burlesque est une forme de spectacle &#233;rotique qui r&#233;habilite la vamp en talons-aiguilles. Qu'elles p&#232;sent 50 ou 80 kilos, qu'elles soient trop grandes ou trop petites, parfaitement belles ou compl&#232;tement hors-normes, les artistes du Burlesque pr&#233;sentent toutes en commun d'&#234;tre si pleines d'humour et d'assurance que les hommes se p&#226;ment &#224; leurs pieds. Parodiant gaiement le mythe de la pin-up, ces s&#233;ductrices s'exhibent en bikini-strass 50's et hurlent : &#171; Soyez glamour, les filles, glamour toujours ! &#187;. Au panier les mannequins tristes. Au rebut les sili-connes. Voici venu le temps des nouvelles f&#233;ministes, celles qui montrent leur corps &#8211; toutes plastiques confondues &#8211; avec tellement de gaiet&#233; qu'elles en deviennent irr&#233;sistibles. Sous des noms de sc&#232;ne outranciers - Bebe Bijoux, Vivienne Va-Voom, Scarlette Fever ou Dirty Martini &#8211; ces bombes atypiques posent en nouvelles ic&#244;nes du sexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Potiches de luxe ou artistes d'avant-garde ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;agissant &#224; des conventions qui veulent qu'une femme sexy ressemble &#224; une &#171; bimbo &#187; aux seins plus gros que le cerveau, les filles du Burlesque se mettent en sc&#232;ne avec humour dans des spectacles de strip-tease tr&#232;s sp&#233;ciaux. Beaucoup d'entre elles ont des physiques hors-normes. Certaines sont ob&#232;ses, d'autres couvertes de tatouages et la plupart refusent de se faire poser les implants mammaires qui sont de rigueur dans le milieu du strip&#8230; Mais leurs shows d&#233;gagent une &#233;nergie contagieuse, jubilatoire, qui les rend bien plus attirantes que n'importe quel &#171; canon &#187;. Elles sont si fi&#232;res de leur corps qu'elles imposent leur charisme en nouveau mod&#232;le de s&#233;duction. A la fois sur-f&#233;minines et ironiques, les stars du Burlesque tournent tout en d&#233;rision, &#224; commencer par cette image de Pin-Up qu'elles miment avec un sens imparable de la parodie. Pendant un an, la photographe am&#233;ricaine Katharina Bosse a travers&#233; les USA &#224; la recherche de ces artistes en soutien-gorge-&#224;-strass pour les faire poser dans les tenues les plus extravagantes. Cette galerie de portrait, publi&#233;e en France sous le titre &#171; New Burlesque &#187;, aux &#233;ditions Filigranes, est une magistrale d&#233;monstration de f&#233;minit&#233; bien comprise : &#233;panouie, incontr&#244;lable, d&#233;bordante de bonne humeur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Peu importe que les danseuses burlesques aient une plastique d&#233;bordante (ou des formes parfaites).&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; qu'elles d&#233;fendent a du chien, du mordant, de la libert&#233;. &#171; C'est une d&#233;monstration de puissance f&#233;minine, explique Dirty Martini. Les spectacles sont jou&#233;s par des femmes, mont&#233;s par des femmes et aucun homme ne leur dit quoi faire. D'ailleurs, beaucoup de femmes viennent y assister. &#187; Dirty Martini p&#232;se plus de 80 kilos. Affichant joyeusement son app&#233;tit de vivre, cette strip-teaseuse toujours v&#234;tue de tenues mini, incarne &#224; elle seule la puissance d'attraction du Burlesque : tous les soirs, &#224; New York, elle conquiert des foules (constitu&#233;es &#224; 50% d'admiratrices), s&#233;duites par cette bourrasque d'&#233;nergie. &#171; Je fais sensation, se moque-t-elle. Dans New York magazine, on dit que je suis l'attraction sexuelle la plus sophistiqu&#233;e de la ville ! &#187;. Les femmes qui assistent aux shows viennent s'imbiber &#8211; comme par mim&#233;tisme &#8211; de cette puissance qu'elle d&#233;gage, une puissance communicative, une assurance sexuelle, un bonheur de vivre, qui font fi de toutes les conventions. Les id&#233;es re&#231;ues ne tiennent pas face &#224; Dirty Martini. Ce qu'elle enseigne, c'est qu'aucun homme ne reste insensible &#224; l'humour ni &#224; l'intelligence et que s&#233;duire c'est avant tout&#8230; avoir envie de s&#233;duire. Le charme n'a rien &#224; voir avec les r&#233;gimes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mangez des pates, et vive les courbes ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une des premi&#232;res stars du Burlesque &#8211; Tempest Storm &#8211; affichait 100-70-90 de mensurations, raconte Angie Pontani. Tempest Storm avait les cheveux rouges, une sant&#233; de jument et un super popotin bondissant. Quand je pense &#224; elle et que je vois des T-shirts taille z&#233;ro dans les boutiques, je me dis &#171; Mangez des pates et vive les courbes ! &#187;. Angie Pontani, leader de la troupe &#171; Famous Pontani's sisters &#187;, ne porte que des talons aiguilles, pour avoir le derri&#232;re bien cambr&#233; et la d&#233;marche ondulante de ses idoles. Imitant les houleuses strippeuses des ann&#233;es 40-50, des centaines de jolies filles s'exhibent comme elle en talons hauts et soutien-gorge obus, la bouche soulign&#233;e de rouge-sang, pour r&#233;habiliter l'image de la femme-femme : une s&#233;ductrice avec de l'humour. &#171; Dans le Burlesque, on s'amuse, explique Michelle Carr, figure historique du mouvement. On sourit, on fait rire, c'est un bouillon de vitamines, &#231;a p&#233;tille de partout &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire du burlesque : de l'antiquit&#233; aux ann&#233;es 50&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les origines latines du mot Burlesque sont claires. Sp&#233;cialiste du genre, C&#233;cile Camart explique : &#171; De l'italien burla (farce, plaisanterie), le terme consacre tout d'abord un genre litt&#233;raire du XVI si&#232;cle, qui porte en d&#233;rision la po&#233;sie pr&#233;cieuce et ridicule. Le burlesque c'est aussi le style parodique pratiqu&#233; depuis l'antiquit&#233; et le satyricine de P&#233;trarque. Le burlesque va souvent avec l'outrance, l'exag&#233;ration, le pastiche, voire la caricature, l'extravagance, le comique, la bouffonnerie ou le grotesque. Dans la langue am&#233;ricaine le vocable rev&#234;t cependant d&#232;s le milieu du XIX&#232; si&#232;cle un sens tout &#224; fait sp&#233;cifique : on entend par burlesque tout spectacle de vari&#233;t&#233; allant de la com&#233;die l&#233;g&#232;re &#224; la danse, incluant souvent le strip-tease &#187; (1). Petit &#224; petit, c'est le strip-tease qui prendra le devant de l'affiche. L'anglaise Lydia Thompson et sa troupe des british blondes introduisent le burlesque &#224; New York en 1868 et gagnent rapidement les faveurs du public, qui se pr&#233;cipite au th&#233;&#226;tre de Broadway. En 1893, la danseuse du ventre Little Egypt inaugure le Burlesque orientalisant. Entre 1900 et 1930, c'est l'&#226;ge d'or du burlesque, avec des grandes stars : Lily St Cyr, Rose la Rose, Gypsy Rose Lee&#8230; La grande d&#233;pression freine &#224; peine cette d&#233;bauche de nombril ondulants. Le Burlesque, c'est le triomphe de la bonne humeur. Entre les ann&#233;es 1930 et 1950, il devient la forme la plus populaire du th&#233;&#226;tre am&#233;ricain, un divertissement bon march&#233; caract&#233;ris&#233; par des vedettes aux costumes inouis et &#224; l'humour imparable.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quand le burlesque meurt puis fait son come back&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Viennent les ann&#233;es 70 et la pornographie&#8230; C'est le coup d'arr&#234;t ! Face &#224; la concurrence d&#233;loyale des porn-stars et de go-go dancers, le Burlesque dispara&#238;t. Il ne fait son come-back que 40 ans plus tard, sous l'impulsion de quelques nostalgiques de l'&#233;l&#233;gance r&#233;tro. En 1995, l'Am&#233;ricaine Valentina Violette &#8211; collectionneuse de talons hauts vintage - ressuscite ce genre oubli&#233; en cr&#233;ant une des plus grandes troupes de Burlesque au monde : le Velvet Hammer. Parall&#232;lement, la danseuse Dixie Evans, - c&#233;l&#232;bre &#171; Marilyn Monroe du Burlesque &#187; &#8211; cr&#233;&#233; un mus&#233;e - l'exotic world burlesque museum - qui organise chaque ann&#233;e une comp&#233;tition o&#249; viennent se joindre toutes les nouvelles danseuses du genre : Kitten de ville, Dirty Martini ou The world famous *BOB*. Les mots d'ordre sont toujours les m&#234;mes : glamour, humour. Perp&#233;tuant le mauvais esprit des ann&#233;es 40-50, les artistes du Burlesque se prennent un nom de sc&#232;ne explosif, jouent les pin-ups dans la d&#233;mesure et &#8211; en quelques irr&#233;sistibles mimiques &#8211; d&#233;truisent joyeusement leur image de femme-objet ! &#171; Avant d'&#234;tre un genre de spectacle, le nouveau burlesque serait d'abord une attitude &#187;, r&#233;sume C&#233;cile Camart dans la postface du livre New Burlesque. C'est justement la raison pour laquelle le Burlesque fait maintenant fureur&#8230; Fureur au point que certaines stars, telles Dita Von Teese, d&#233;filent pour Dior ou posent pour des marques de luxe.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Elle s'appelle Von Teese, un jeu de mot sur &#171; Tease &#187; qui veut dire en Anglais &#171; aguicher &#187;, &#171; allumer &#187;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, la presse n'a pas assez de mots pour encenser Dita : c'est &#171; l'ultime pin-up &#187; ! &#171; La r&#233;incarnation du glamour Hollywoodien &#187; ! &#171; L'&#233;l&#233;gance faite femme &#187;&#8230; Elle &#233;pouse puis divorce du chanteur de rock Marilyn Manson, publie son autobiographie, lance sa propre ligne de lingerie, devient l'ambassadrice de Cointreau&#8230; Ses Burlesques r&#233;habilitent l'image de la vamp joyeuse. Musique orchestrale, ballet chor&#233;graphique, costumes sophistiqu&#233;s et&#8230; ironie : le cocktail molotov id&#233;al. Son striptease dans un verre g&#233;ant de Martini inspire m&#234;me les sc&#233;naristes de Charlie's Angels pour une sc&#232;ne jou&#233;e par Cameron Diaz. Quand on lui demande pourquoi elle strippe, Dita r&#233;pond : &#171; Les femmes ratent beaucoup de choses en voulant rester &#171; correctes &#187;. Moi, je veux tout essayer, ne serait-ce que pour faire le tri. &#187; Et quand on lui demande &#171; C'est facile pour vous d'assumer le statut d'idole &#233;rotique ? &#187;, sa r&#233;ponse fuse : &#171; Toutes les femmes doivent assumer le statut d'idole ! Ou alors, c'est qu'elles n'ont pas le bon mari&#8230; ni le bon amant. &#187; D&#233;monstration magistrale : les mots &#171; honte &#187; &#171; tabou &#187;, &#171; p&#233;ch&#233; &#187; et &#171; culpabilit&#233; &#187; ne font pas partie du vocabulaire d'une femme qui s'assume totalement. Le message passe particuli&#232;rement bien en France o&#249; plusieurs troupes de burlesque s&#233;vissent depuis environ trois ans.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Inga Waffenkullo : &#171; Froide ? Moi, Jamais ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A Pigalle, tous les samedis soirs, au cabaret &#171; Chez Moune &#187;, Ernestine la coquine enl&#232;ve ses v&#234;tements en parodiant l'image de la femme-objet : tant&#244;t diva, tant&#244;t tigresse, mais le plus souvent domina, cette d&#233;esse en p&#233;tard fouette les fans &#224; coup de boas rose. Sous le nom d'une sadique - Inga Waffenkullo &#8211; elle a aussi cr&#233;&#233; la troupe burlesque Kisses cause trouble sur la base d'un cocktail explosif : culottes en peau de tigre, formes plantureuses et personnalit&#233;s d&#233;mesur&#233;es. Ses shows &#8211; comme un feuilleton &#8211; racontent l'histoire d'une femme d&#233;bordante de testost&#233;rone qui s'est engag&#233;e dans l'arm&#233;e, pour &#171; pouvoir assouvir sa soif de contr&#244;le et de domination &#187;. Le pr&#233;texte &#233;videmment &#224; des bagarres pour rire, qui finissent en arrachage de dessous : les strings volent ! Une autre troupe fait fureur : MurderSuicidePresents. Un m&#233;lange sulfureux d'arsenic et de culottes en dentelles, sur un sc&#233;nario pr&#233;texte &#224; des multiples effeuillages&#8230; histoire de faire voler en &#233;clat les conventions romantiques habituelles. Dans ces spectacles qui m&#234;lent &#233;ventails en plume d'autruche, corsets et fume-cigarettes, l'h&#233;ro&#239;ne est une briseuse de c&#339;ur, voire d'autre chose. C'est la femme fatale id&#233;ale : z&#233;ro complexes ! &#171; La tactique c'est de ne pas se prendre au s&#233;rieux, explique Inga Waffenkullo. De l'autod&#233;rision, c'est vital. Il faut se d&#233;marquer du strip traditionnel (lap dance, table dance) et proposer du r&#234;ve avec des femmes diff&#233;rentes, loin de tous les clich&#233;s impos&#233;s par la soci&#233;t&#233;. &#187; Les fabuleuses aventures des kisses cause trouble, c'est comme une bande dessin&#233;e, avec des ennemis, des soucis de tr&#233;sorerie, et des pr&#233;occupations typiquement f&#233;minines : le maquillage, le sexe&#8230; &#171; La vie quoi, r&#233;sume Inga. Au dernier &#233;pisode, nous mettions &#224; mort Miss patapouf, une sorte de Miss France au cerveau silicon&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Agn&#232;s Giard[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris](1) Citation du livre &#171; New Burlesque &#187;, postface de C&#233;cile Camart, photos de Katharina Boss, &#233;d. Filigranes.[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]
&lt;a href=&quot;http://www.kisses-cause-trouble.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.kisses-cause-trouble.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dita.net/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.dita.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/murdersuicidepresents&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.myspace.com/murdersuicid...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.velvethammerburlesque.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.velvethammerburlesque.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.missdirtymartini.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.missdirtymartini.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pontanisisters.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.pontanisisters.com&lt;/a&gt;[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Talons hauts : D&#233;fier les lois de la pesanteur</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/Talons-hauts-Defier-les-lois-de-la.html</link>
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		<description>&#171; Le paradoxe des talons hauts, &#233;crit Rona Berg dans Vogue, c'est qu'ils sont &#224; la fois un instrument de pouvoir et de torture &#187;. Port&#233;s trop longtemps, les talons hauts provoquent en effet des d&#233;formations parfois irr&#233;versibles : orteils en marteau, pied plat, l&#233;sion de la colonne vert&#233;brale&#8230; Mais pour s&#233;duire, les femmes sont pr&#234;tes &#224; tout, y compris regarder les hommes de haut, perch&#233;es sur leur pi&#233;destal comme un objet d'adoration. L'avantage des talons hauts ? Ils emp&#234;chent la femme de faire le dos (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton415-f84d6.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le paradoxe des talons hauts, &#233;crit Rona Berg dans Vogue, c'est qu'ils sont &#224; la fois un instrument de pouvoir et de torture &#187;. Port&#233;s trop longtemps, les talons hauts provoquent en effet des d&#233;formations parfois irr&#233;versibles : orteils en marteau, pied plat, l&#233;sion de la colonne vert&#233;brale&#8230; Mais pour s&#233;duire, les femmes sont pr&#234;tes &#224; tout, y compris regarder les hommes de haut, perch&#233;es sur leur pi&#233;destal comme un objet d'adoration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'avantage des talons hauts ? Ils emp&#234;chent la femme de faire le dos rond.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le Harper's index, les talons hauts font ressortir les fesses de 25% environ. Pour le sexologue Alfred Kinsey, la jambe f&#233;minine adopte alors la m&#234;me attitude que pendant l'orgasme : &#171; le pied se tend jusqu'&#224; s'aligner avec le mollet &#187; dit-il. Linda O'Keefe, auteur du livre Chaussures pr&#233;cise m&#234;me : &#171; La cheville en tension et le pied dans le prolongement de la jambe sont les signes quasi-biologiques de disponibilit&#233; sexuelle. Le talon aiguille impose au pied une position que les anthropologues appellent &#171; parade de s&#233;duction &#187;. Le centre de gravit&#233; se d&#233;place vers l'avant, la courbe des reins s'accentue, les jambes s'allongent, le cou-de-pied devient sinueux comme un cou de cygne&#8230; L'effet de suggestion est tel qu'aucun homme ne peut y rester insensible. C'est pourquoi les femmes n'h&#233;sitent jamais &#224; sacrifier leurs pieds&#8230; ni leur porte-monnaie, &#224; cet objet magique qui les rend irr&#233;sistibles. Et cela depuis des si&#232;cles. &#171; C'est un fait entendu, les femmes font des kilom&#232;tres pour trouver les chaussures de leurs r&#234;ves, mais ce sont les hommes qui se p&#226;ment &#224; leurs pieds &#187; se moque l'intellectuelle am&#233;ricaine Jodhy Shields.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les origines du talon haut : dans le carnage et le sang&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du talon est obscure mais ancienne. Les bouchers &#233;gyptiens portaient des talons pour s'&#233;lever au-dessus du carnage. Les cavaliers mongols mettaient des talons &#224; leurs bottes pour mieux tenir dans leurs &#233;triers. Mais le premier document relatif aux talons hauts &#171; esth&#233;tiques &#187; date de 1533 : Catherine de M&#233;dicis - une reine de petite taille, mais d'intelligence diabolique - fait venir ses talons de Florence &#224; l'occasion de son mariage avec le Duc d'Orl&#233;ans. Le style qui tue est imm&#233;diatement adopt&#233; par la cour de France ! L'invention du talon haut en Europe remonte donc au XVIe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Noblesse oblige ! Le talon, apanage des classes&#8230; sup&#233;rieures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au si&#232;cle suivant, tous les nobles s'avancent en vacillant sur des talons de 12 cm et plus, en signe de distinction sociale. M&#234;me les hommes en portent malgr&#233; l'inconfort : leur poids pousse le pied vers l'avant et, ce qui n'arrange rien, la chaussure gauche n'est pas con&#231;ue diff&#233;remment de la droite. Ils marchent donc en canard ! Si le talon haut donne aux femmes une belle d&#233;marche ondulante (quoique maladroite), il oblige ces messieurs &#224; se dandiner. Pour &#233;viter de tomber, beaucoup s'aident de cannes qui leur servent d'atelles. Mais peu importe la d&#233;marche. A leurs yeux, elle est royale car elle les propulse au sommet.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Si&#232;cle des lumi&#232;res : des chaussures aussi ch&#232;res que des &#233;glises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pour se grandir, le roi Louis XIV, qui &#233;tait de fort petite taille pour un &#171; roi soleil &#187;, eut l'id&#233;e de porter des talons rouges, comme on le faisait d&#233;j&#224; en Angleterre, et les courtisans l'imit&#232;rent. Le talon rouge devint signe distinctif de la noblesse. On ornait le dessus du soulier de rosettes et de flots de rubans fort co&#251;teux qui firent place, au XVIIIe si&#232;cle, &#224; des boucles d'argent serties de pierres pr&#233;cieuses. Les souliers &#233;taient alors de v&#233;ritables &#233;crins avec des pierres pr&#233;cieuses sur les contreforts, qu'on appelait des &#171; venez-y voir &#187;, par coquetterie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;volution fran&#231;aise : coupez-leur la t&#234;te&#8230; et les talons !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains courtisans portent la valeur d'une grosse ferme &#224; chaque pied : le peuple, exploit&#233;, assimile alors les talons aux injustices et aux abus dont il est victime. La r&#233;volution &#233;clate. La hauteur des chaussures ch&#251;te avec la monarchie et tous les &#171; citoyens &#187; - nivel&#233;s par le bas - adoptent la d&#233;marche de l'homme moderne : un pas &#233;lastique dans des chaussures &#224; talon plat. D&#232;s 1795, pour la premi&#232;re fois depuis des mill&#233;naires, les riches bougent avec autant d'aisance naturelle que le peuple. Le talon haut est mort. La botte, martiale, fonctionnelle, &#233;galitaire, domine le XIX&#232; si&#232;cle. M&#234;me les dames en portent, sous le nom de&#8230; bottine.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Fin XIX&#232;me si&#232;cle : le talon fait son come back&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puis le talon se rel&#232;ve, en m&#234;me temps que les go&#251;ts de luxe, et de luxure. Les femmes de mauvaise vie donnent l'exemple. Dans les maisons closes, &#231;a repart en altitude. Fin XIX&#232;me si&#232;cle, une cocotte parisienne importe la mode aux USA, dans un bordel de Nouvelle Orl&#233;ans. Remarquant l'incroyable pouvoir sexuel de ces &#8220;chaussures fran&#231;aises&#8221;, la patronne commande les m&#234;mes pour toutes ses employ&#233;es, jusqu'&#224; ce que, en 1888, une manufacture du Massachusetts se lance dans la fabrication locale de talons&#8230; Les Etats-Unis d&#233;couvrent avec une horreur (mitig&#233;e d'excitation) l'incroyable pouvoir de s&#233;duction de ces diaboliques chaussures.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Invention du stiletto, le talon qui troue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Oscillant perp&#233;tuellement entre la mode et le discr&#233;dit, les talons atteignent de nouvelles cimes avec l'av&#232;nement du talon aiguille en 1952, invent&#233; sur le m&#234;me principe que le gratte-ciel : une armature en m&#233;tal enferm&#233;e dans une mince coque plastique supporte tout le poids du corps. On ne sait pas &#224; qui appartient l'id&#233;e : Ferragamo Albanese of Rome et Dal Co dessinent tous des talons aiguilles en Italie vers 1953, &#224; l'&#233;poque o&#249; Roger Vivier en donne sa version &#224; Paris. Les talons aiguilles sont longtemps interdits dans les avions car ils trouent le plancher. A l'entr&#233;e de certains b&#226;timents publiques on offre aux femmes un sac o&#249; ranger ces chaussures moralement incorrectes. Consid&#233;r&#233; comme un symbole d'agression, de provocation et de sensualit&#233;, le talon aiguille devient l'embl&#232;me du mauvais genre. Et pourtant, aucune &#171; fashionable &#187;, aussi respectable qu'elle soit, ne peut se permettre de porter autre chose. Les 10 cm imposent la norme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La mode qui fait tomber m&#234;me Naomi Cambell&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aide de l'a&#233;ronautique, les stylistes s'emparent des chaussures pour en faire des chefs d'&#339;uvres d'&#233;quilibre et de virtuosit&#233;. Roger Vivier invente le talon &#233;pine au d&#233;but des ann&#233;es 60, avec des pointes disym&#233;triques. Il invente aussi le talon en forme de virgule, de bobine, de boule, d'aiguille, de pyramide ou d'escargot. Jean-Paul Gaultier lance la chaussure &#171; mille pattes &#187; orn&#233;e de multiples talons. Christian Louboutin met au point des talons aux courbes suggestives comme des croupes, appel&#233;s &#171; Marilyn &#187;. Vivienne Westwood cr&#233;&#233; les chaussures parmi les plus hautes de la mode, faisant ainsi tomber Naomi Campbell en plein d&#233;fil&#233; ! Ce ne sont plus des chaussures, ce sont des sculptures sur patte. Des attentats &#224; l'&#233;quilibre ! Mais peu importe foulures, fractures et scolioses &#224; vie, ce qui compte n'est-ce pas &#171; d'aimer ses souliers &#224; en mourir &#187; ? C'est le cr&#233;ateur Manolo Blahnik qui le dit. Ses chaussures co&#251;tent fort cher. L'usine de Parabiego, en Italie, n'en produit pas plus de 80 par jour. Madonna porte des Blahnik. &#171; Elles durent plus longtemps que le sexe &#187; dit-elle. En parlant de sexe&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Talons et fantasmes bizarres&#8230; Les mille et une fa&#231;ons de faire du pied&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les phantasmeurs des hauts talons (les altocalciphiles) il y a : ceux qui aiment boire du champagne dedans, suivant l'exemple du kaiser qui lapait le sien dans le chausson des danseuses &#233;toiles, juste apr&#232;s le spectacle. Il y aussi ceux qui aiment se sodomiser avec le talon ou en l&#233;cher la pointe. Pierre Molinier avait fabriqu&#233; des chaussures munies d'un &#233;peron en forme de gode. Il les enfilait au double-sens du terme. Il y aussi ceux qui aiment le bruit si particulier que fait une femme en marchant dans la rue en talons. Almodovar a r&#233;alis&#233; un film sur ce th&#232;me (&#171; Talons Aiguilles &#187;). Truffaut (&#171; L'homme qui aimait les femmes &#187;) et Bunuel aussi (&#171; Cet obscur objet du d&#233;sir &#187;). Baudelaire en a fait un po&#232;me (&#171; A une passante &#187;). Quand au styliste Christian Louboutin, il y consacre sa vie. Il peint les semelles de ses chaussures en rouge if. A chaque pas, un &#233;clair sanglant de semelle accroche donc le regard des admirateurs. Perfectionnement suppl&#233;mentaire : le talon de certains mod&#232;les laisse une empreinte de rose sur le sol. Louboutin l'appelle le &#171; suis-moi &#187;, en r&#233;f&#233;rence auxc chaussures des prostitu&#233;es grecques de l'Antiquit&#233; qui laissaient des messages semblables dans le sable&#8230; Les femmes qui portent du Louboutin semblent marcher comme sur des langues qui saignent. Et qui appellent.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Au stade ultime du talon, il n'y a plus que du plaisir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faire des chaussures un objet de culte&#8230; Les exposer dans des galeries d'art&#8230; Les vendre comme des tr&#233;sors&#8230; C'est le but de Christian Louboutin, dont les derni&#232;res cr&#233;ations, diaboliques et ultimes, ont &#233;t&#233; fin 2007 photographi&#233;es et mises en sc&#232;ne par David Lynch (Eraserhead, Elephant Man, Blue Velvet, etc)&#8230; &quot;David Lynch est l'un des plus grands r&#233;alisateurs vivants. Comme ses films sont extr&#234;mement cod&#233;s, j'ai voulu des souliers f&#233;tichistes, dont le fantasme ob&#233;it lui aussi a des codes&quot;. Leur collaboration donne une merveille d'&#233;tranget&#233; : 5 photos de 5 chaussures en &#233;dition limit&#233;e. La premi&#232;re a un talon de 26 cm, beaucoup plus long que le pied lui-m&#234;me. La seconde paire est siamoise : un seul talon pour les deux pieds, qui sont ainsi soud&#233;s. La troisi&#232;me paire, dot&#233;e d'une semelle fendue, transparente, d&#233;voile la nudit&#233; troublante de vo&#251;tes plantaires comme arqu&#233;es par la jouissance&#8230; Est-il possible d'aller plus loin dans l'absolue passion pour des chaussures ? Christian Louboutin r&#233;pond, magistralement : &quot;Quand j'ai cr&#233;&#233; ces mod&#232;les, j'ai voulu rester fid&#232;le &#224; des designs, sans tenir compte de l'usage habituel d'une chaussure : on ne peut pas les utiliser pour marcher. Je n'ai pens&#233; qu'au plaisir.&quot;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5 choses &#224; savoir sur le talon aiguille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1/ Les talons aiguilles &#8211; entre 10 et 18 cm &#8211; sont &#233;galement appel&#233;s &#171; stiletto &#187; (&#171; dague, en Italien) et peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme une arme potentielle.
2/ A Hollywood, l'actrice Jayne Mansfield, sp&#233;cialis&#233;e dans les r&#244;les de vamp et de prostitu&#233;e, en poss&#232;de plus de 200 paires.
3/ L'actrice Mae West invente un balancement de hanches bien &#224; elle pour tenir en &#233;quilibre sur ses chaussures de 20 cm, ce qui donne un relief suppl&#233;mentaire &#224; sa rituelle r&#233;plique : &#171; Montez me voir un de ces jours &#187;.
4/ Dans les ann&#233;es 50, Roger Vivier invente pour Marl&#232;ne Dietrich un talon haut dont la pointe traverse une boule couverte de faux diamants. Certaines de ses chaussures sont aujourd'hui encore moul&#233;es par une soci&#233;t&#233; d'ing&#233;ni&#233;rie a&#233;ronautique dans un alliage con&#231;u pour les turbines d'avion. &#171; Etre port&#233;e par ses chaussures, trouver en elles des ailes. Porter le r&#234;ve aux pieds, c'est commencer &#224; donner de la r&#233;alit&#233; &#224; ses r&#234;ves &#187;, dit-il.
5/ Pour pouvoir marcher en talons hauts, 18 cm, c'est la limite. Les &#171; ballet shoes &#187;, eux, en font 22 ! Ces talons - les plus difficiles &#224; porter - r&#233;duisent presque les femmes &#224; l'immobilit&#233; : pour avancer, elles font des pointes. Comme des danseuses de ballet, perch&#233;es sur leur gros orteil, elles doivent tenir en &#233;quilibre dans des bottines qui cambrent les chevilles &#224; l'extr&#234;me. Les boutiques Phyl&#233;a et D&#232;monia, &#224; Paris, en vendent une dizaine par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Agn&#232;s Giard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le bas dans tous ses &#233;tats</title>
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		<dc:creator>Alina</dc:creator>



		<description>Ils auront connu la v&#233;n&#233;ration, puis la rel&#233;gation avant de r&#233;appara&#238;tre dans les garde-robes il y a trente ans. Un nouvel &#226;ge de raison pour se retrouver aujourd'hui aux avant-postes de la f&#233;minit&#233;. Mais que se passe-t-il exactement sous les jupes des femmes ? Les dessous de l'Arl&#233;sienne Podiums, magazines, films, livres, abribus, forums, blogs&#8230; les bas sont partout. Pas un seul jour sans qu'ils ne s'imposent, en douceur mais avec constance, dans l'environnement et les m&#233;dias. Les bas ne sont plus (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH150/arton416-088c7.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils auront connu la v&#233;n&#233;ration, puis la rel&#233;gation avant de r&#233;appara&#238;tre dans les garde-robes il y a trente ans. Un nouvel &#226;ge de raison pour se retrouver aujourd'hui aux avant-postes de la f&#233;minit&#233;. Mais que se passe-t-il exactement sous les jupes des femmes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les dessous de l'Arl&#233;sienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Podiums, magazines, films, livres, abribus, forums, blogs&#8230; les bas sont partout. Pas un seul jour sans qu'ils ne s'imposent, en douceur mais avec constance, dans l'environnement et les m&#233;dias. Les bas ne sont plus l'apanage des cocottes, ni m&#234;me celui des coquettes. Ils sont sur toutes les l&#232;vres, dans tous les regards, dans tous les d&#233;sirs et devraient donc habiller toutes les femmes&#8230;devraient.
Car en r&#233;alit&#233; leur &#233;clat soyeux n'illumine qu'une minorit&#233; de jambes. Un &#233;trange paradoxe confirm&#233; par le d&#233;ficit des jupes sur la place publique au profit des pantalons, et par les projections des professionnels du chaussant pour 2008 en France. 50 millions de collants pour 9 millions de paires de bas ! Parmi ces derniers 7, 5 millions de paires de bas-jarreti&#232;res &#171; stay up &#187; et 1,5 millions de paires de bas classiques, n&#233;cessitant l'emploi d'un porte-jarretelles, dont 20.000 en nylon pur et &#224; coutures, fabriqu&#233;s selon la tradition du &#171; fully fashion &#187; (1).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Moins que nue, plus que nue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gu&#234;pi&#232;re et porte-jarretelles mis &#224; part car ils lui sont li&#233;s, pourquoi le bas est-il la seule pi&#232;ce de lingerie qui ne soit pas port&#233;e aussi naturellement que le sont le soutien-gorge, le string, la culotte, et autres body ? Peu pratique ? Certaines font alors remarquer qu'un soutien-gorge &#171; push-up &#187; n'est pas moins inconfortable qu'un bas-jarreti&#232;re ou m&#234;me qu'un porte-jarretelles adapt&#233;. Impudique ? Les m&#234;mes avancent que l'exhibition d'un string au creux des reins ou d'un balconnet au creux des seins est aussi r&#233;v&#233;lateur que l'exposition de la lisi&#232;re d'un bas sur une cuisse. La vie tr&#233;pidante des femmes actives, la mode unisexe ou baggy sont en partie responsable de ce d&#233;sint&#233;r&#234;t mais pas seulement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire du costume occidental montre que pantalons et robes font depuis des si&#232;cles la distinction des sexes, morphologie et physiologie obligent. La femme est rest&#233;e &#171; ouverte &#187;, accessible, jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des collants au milieu des ann&#233;es soixante. Le collant op&#232;re un vrai changement dans les mentalit&#233;s qui va au-del&#224; du f&#233;minisme et des mouvements de mode : la femme est pour la premi&#232;re fois &#171; ferm&#233;e &#187; par ses dessous (2). Porter des bas aujourd'hui c'est en quelque sorte r&#233;tablir la dualit&#233; homme / femme, c'est affirmer de mani&#232;re plus ou moins consciente son identit&#233; sexuelle par quelques centim&#232;tres carr&#233;s d'une peau secr&#232;te mais toujours libre. Pour une femme c'est faire l'aveu d'une intimit&#233; accessible, par le regard ou le toucher : c'est le degr&#233; z&#233;ro de la nudit&#233; : moins que nue parce que par&#233;e, plus que nue parce que r&#233;v&#233;l&#233;e. Quelles soient &#233;pouses ou amantes, les bas leur permettent de se projeter d&#233;lib&#233;r&#233;ment dans le d&#233;sir des hommes et de s'en approprier les fantasmes. L'allusion explicite par l'apparence.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les gar&#231;ons et les filles de mon &#226;ge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes grands-m&#232;res se souviennent de leur passage de l'adolescence &#224; l'&#226;ge adulte, marqu&#233; par le troc des socquettes pour les bas nylon. Elles devenaient femmes jusqu'au bout des jarretelles, selon un savoir-faire transmis de m&#232;re en fille depuis des lustres(3). Portant le bas naturellement elles ont ensuite adopt&#233; le collant pour sa simplicit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Ma m&#232;re ne portait que des bas coutures et c'est &#224; l'&#226;ge de quatorze ans que j'ai re&#231;u les miens. Quand je les ai mis la premi&#232;re fois pour aller au lyc&#233;e, les gar&#231;ons ont mim&#233; devant moi le geste de les fixer. Ils avaient devin&#233; : en un clin d'&#339;il nous &#233;tions devenus complice et &#231;a m'a fait rougir. &#187;. Dany, 63 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les f&#233;ministes des ann&#233;es 70 ont pris des positions parfois virulentes contre le bas : n'&#233;tant plus utilitaire, il devenait &#224; la fois contraignant pour les femmes actives et signe d'une pression machiste. Il dispara&#238;t quasiment du paysage, mais apr&#232;s une d&#233;cennie de clandestinit&#233;, r&#233;habilit&#233; par des stylistes comme Chantal Thomass, ou Poupie Cadolle, il est pl&#233;biscit&#233; par des femmes, plus consensuelles et sensuelles. Elles retrouvent des gestes anciens mais avec de nouvelles motivations : se sentir f&#233;minines et s&#233;duire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes n&#233;es dans les ann&#233;es quatre-vingt, n'ont donc pas pu se r&#233;f&#233;rer &#224; l'exp&#233;rience directe de leurs a&#238;n&#233;es. Mais en revanche elles n'ont pas eu &#224; revendiquer une &#233;mancipation d&#233;j&#224; acquise, ni &#224; juger un accessoire devenu banal parmi d'autres. Elles restent influenc&#233;es par la mode et le show-business (4) mais portent les bas avant tout par conviction, en assumant leur pouvoir &#233;rotique et ludique. Ce sont ces femmes de la g&#233;n&#233;ration &#171; Dim up &#187; (1986), ces &#171; filles aux bas nylons &#187; ch&#232;res &#224; Julien Clerc (1984) qui ont d&#233;sacralis&#233; le bas en mettant &#224; port&#233;e des regards et des caresses. Jusqu'aux ann&#233;es soixante une femme portait des bas par devoir plus que par d&#233;sir. Aujourd'hui l'intention a succ&#233;d&#233; &#224; la fonction, pour le bonheur des &#233;l&#233;gant(e)s et des amant(e)s, afin que perdurent les &#171; jeux textiles de la s&#233;duction intime &#187; (5).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; J'ai d&#233;couvert les bas r&#233;cemment (des stay up), car je suis le plus souvent en pantalons. Ca me donne des id&#233;es et pourquoi pas avec des porte-jarretelles. C'est d'abord pour moi, car j'ai toujours aim&#233; la lingerie, mais &#231;a pourrait devenir le prolongement de tout un jeu de s&#233;duction que j'ai avec les gar&#231;ons. Ceux de mon &#226;ge sont plut&#244;t indiff&#233;rents alors que les trentenaires y sont tr&#232;s sensibles &#187;. Emilie, 23 ans.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Un bas peut en cacher un autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chez Gerbe, une des r&#233;f&#233;rences sur le march&#233; fran&#231;ais pour le produit d'exception, on se r&#233;jouit du retour du glamour. Pour Annick Desamy, responsable commerciale mais femme avant tout, une r&#233;volution sensuelle est en marche, in&#233;luctablement. A l'horizon de la production 2008 : 65 % de collants et 35 % de bas, le bas traditionnel tendant &#224; &#233;galer le bas-jarreti&#232;re. Pour r&#233;pondre &#224; la demande, la gamme s'est enrichie r&#233;cemment de porte-jarretelles tr&#232;s simples, mais aux noms &#233;vocateurs de &#171; Tentation &#187; et de &#171; Sensation &#187; destin&#233;s &#224; se faire oublier sous les jupes des n&#233;ophytes. Car ces femmes, souvent tr&#232;s jeunes, et c'est une nouveaut&#233;, veulent porter de vrais bas dans d'autres circonstances que des soir&#233;es ou des rendez-vous amoureux. Elles veulent se sentir f&#233;minines au quotidien, sur les bancs de l'amphi ou au bureau. La marque propose d'ailleurs des bas plus &#233;pais qu'&#224; son habitude, en Lycra ou en coton, pour favoriser ce retour au fonctionnel. (6) Ainsi par&#233;e la femme ne sera pas trahie par sa lingerie. Car le porte-jarretelles n'est pas anodin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; J'ai comme une impression de libert&#233; au bas du ventre qui s'accentue avec l'&#171; emprisonnement &#187; du reste de mon corps. A l'inverse des bas-jarreti&#232;res qui peuvent parfois se faire oublier, le porte-jarretelles me rappelle constamment sa pr&#233;sence, il me fait marcher d'une certaine fa&#231;on, m'asseoir d'une certaine fa&#231;on. Il induit le mouvement. Je ne me force pas, je change syst&#233;matiquement et naturellement de maintien. Je pense qu'il en &#233;tait de m&#234;me avec les corsets. Certaines tenues intimes cr&#233;ent ma fa&#231;on d'&#234;tre physiquement et me font sentir que je suis sexy, plus que femme, parce que je le suis d&#233;j&#224; sans &#231;a &quot; Florence 35 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce qu'il n&#233;cessite un savoir-porter particulier, le porte-jarretelles signe une volont&#233; plus manifeste encore de se positionner en s&#233;ductrice pour celle qui l'adopte (7). Pour cette raison il est aussi r&#233;current dans le d&#233;sir des hommes : pour la plupart d'entre eux la vision de bas tendus par un porte-jarretelles (noirs de pr&#233;f&#233;rence) reste un symbole &#233;rotique absolu. Ayant &#233;t&#233; d&#233;tr&#244;n&#233; par le collant il est devenu &#171; un &#233;tendard, une oriflamme, une d&#233;claration d'intention &#8230;un lien secret puissant entre l'homme et la femme, un signe de reconnaissance d'une confr&#233;rie d'initi&#233;s &#187; (8)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tendance du sexy-chic est aussi confirm&#233;e par les producteurs. L'Arsoie, entreprise centenaire dont la marque est Cervin mais qui fabrique aussi pour de nombreuses enseignes fran&#231;aise ou &#233;trang&#232;res telles Agent Provocateur ou Secrets in Lace , voit en elle le rem&#232;de &#224; l'&#233;rosion qui touche le march&#233; du chaussant dans son ensemble. Serge Massal son directeur, avance m&#234;me que la multiplication des sites de rencontre via internet est en train de red&#233;finir l'art de la s&#233;duction. L'anonymat du premier contact permet &#224; certaines femmes de se r&#233;v&#233;ler fatales et de l'assumer lors de la rencontre. Les dessous, les bas en particulier entrent alors en jeu pour composer les nouveaux r&#244;les.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
A plate couture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a tout un rituel de gestes pour bien porter les bas, surtout ceux &#224; coutures, les plus beaux, mais il y a ensuite une sorte de rituel mental &#224; jouir d'un secret que personne ne peut imaginer. Quand je me rends &#224; une r&#233;union en tailleur avec des bas coutures, j'ai comme un ascendant sur mes interlocuteurs, je me sens plus en confiance&#8230; Garder des bas pour faire l'amour est une &#233;vidence. Et m&#234;me ses chaussures, &#224; talons aiguilles bien s&#251;r. Sentir le voile qui fr&#244;le les jambes, le crissement, c'est aussi agr&#233;able pour l'homme que pour la femme. Je ne peux imaginer qu'on ne vibre pas au toucher d'un bas nylon&#8230; &#187; France, 45 ans&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Judas ayant reni&#233; le Christ pour 30 deniers (9), certains vont jusqu'&#224; 7 pour abjurer d&#233;finitivement le collant, &#171; ces bas sans issue &#187;, idoles de la consommation de masse enfin renvers&#233;es. Dans ce c&#233;nacle, les adorateurs et adoratrices ont fond&#233; le culte du denier sur la pratique et le pros&#233;lytisme. Les bas, certes objets de fantasme, suspendus &#224; leurs rubans mythiques doivent avant tout parer les jambes des vraies &#233;l&#233;gantes. Un postulat de nylon, une r&#233;v&#233;lation du voile, une mystique de la couture, pour la c&#233;l&#233;bration d'une f&#233;minit&#233; - f&#233;tiche. &#171; Lord de la Jarretelle et Prince des Galbes &#187;, Yves Riquet a contribu&#233; &#224; maintenir la flamme du savoir-faire fran&#231;ais en revitalisant la production des vrais bas coutures &#224; diminutions, en nylon cristal (10). A la fin des ann&#233;es quatre-vingt-dix il a permis la sauvegarde de l'un des deux derniers &#224; tricoter &#224; plat en France (11).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Identifiables au premier coup d'&#339;il, les bas &#224; coutures r&#233;v&#232;lent sans &#233;quivoque l'&#233;tat d'esprit de celle qui les porte : l'expression d'une f&#233;minit&#233; sublim&#233;e qui se r&#233;f&#232;re aussi bien &#224; l'&#226;ge d'or du glamour &#8211; les ann&#233;es quarante et cinquante &#8211; qu'&#224; un nouvel art de vivre aussi fragile que raffin&#233;. Il faut croire que ce ne sera pas le dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[argent][argent]Claude Vittiglio&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Source Arsoie / Cervin : Salon International de la Lingerie (SIL) 2008. Hormis les produits d'exception, 90% de la production est distribu&#233;e en grandes et moyennes surfaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) Jacques Laurent / Le nu v&#234;tu et d&#233;v&#234;tu&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(3) La g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente se souvient de l'hyst&#233;rie caus&#233;e par les premiers bas nylon (brevet 1938) apport&#233;s par le lib&#233;rateur am&#233;ricain en 1944. Elles &#233;voquent aussi la teinture pour jambes et la couture appos&#233;e au crayon pour contourner les effets de la p&#233;nurie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(4) Esprit vintage dans le pr&#234;t-&#224;-porter, tendance r&#233;tro-chic au dernier SIL, vogue du strip-tease et des spectacles &#171; burlesque &#187; avec leurs n&#233;o-pin-up gain&#233;es de nylon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(5) Jacques Laurent / Histoire impr&#233;vue des dessous f&#233;minins&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(6) Source Gerbe : SIL 2008&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(7) Le b.a bas du bas pour que l'exception puisse devenir une r&#232;gle de confort :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; longueur ad&#233;quate (gare aux variations de tailles en fonction des marques) un bas trop long plissera ou tournera de mani&#232;re inesth&#233;tique, un bas trop court cisaillera les cuisses et tirera sur les hanches en risquant la d&#233;chirure au revers.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; porte-jarretelles de maintien, large et bien appuy&#233; sur les hanches (la tendance est au serre-taille encore plus enveloppant) et non de d&#233;coration (les m&#233;faits de l'image v&#233;hicul&#233;e par les magazines de charme et le cin&#233;ma X),
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; r&#233;partition &#233;quitable des jarretelles (en m&#233;tal et non en plastique) sur le devant et l'arri&#232;re des cuisses
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; slip port&#233; au-dessus et non au-dessous du porte-jarretelles (pour une raison &#233;vidente en cas de besoin naturel), bien que la mode ne s'y conforme pas elle-m&#234;me, pour des raisons de lisibilit&#233; des mod&#232;les.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(8) Lili Sztajn / Histoires du porte-jarretelles&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(9) Denier : 30 deniers correspondent &#224; un poids de 5 cgr pour 450 m&#232;tres de fil de nylon. Un bas de 10 deniers sera donc trois fois plus fin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(10) Sodibas&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(11) A la diff&#233;rence des m&#233;tiers circulaires qui &#224; partir de 1956 produiront les bas sans coutures, le m&#233;tier &#224; plat tricote une pi&#232;ce selon un patron comportant des diminutions, destin&#233;es &#224; &#233;pouser les formes de la jambe, mais qu'il est ensuite n&#233;cessaire de raccorder manuellement par une couture partant de la pointe du pied jusqu'au renfort. Deux m&#233;tiers sont encore en fonction en Grande-Bretagne, deux autres aux Etats-Unis&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bibliographie annexe : Eloge du bas / Paolo Lombardi - Mariarosa Schiaffino
[[/argent]/argent]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le v&#234;tement, pas si innocent...</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/Le-vetement-pas-si-innocent.html</link>
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		<dc:date>2009-04-13T14:03:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Un v&#234;tement n'est pas innocent. Chaque matin, quel que soit ce que nous d&#233;cidons de porter, nous portons avant tout le r&#244;le du personnage que nous avons envie d'&#234;tre. De la m&#234;me mani&#232;re que nous ne portons pas le m&#234;me jugement ou le m&#234;me int&#233;r&#234;t &#224; un homme en costume-cravate ou en short et tong, une femme n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me et n'envoie pas le m&#234;me message en robe et talons qu'en pantalon et chaussures plates. Cela ne signifie pas pour autant qu'il existe des v&#234;tements &#233;rotiques et d'autres (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Seconde-peau-.html" rel="directory"&gt;9. Seconde peau&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L113xH150/arton328-76393.jpg&quot; width='113' height='150' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un v&#234;tement n'est pas innocent. Chaque matin, quel que soit ce que nous d&#233;cidons de porter, nous portons avant tout le r&#244;le du personnage que nous avons envie d'&#234;tre. De la m&#234;me mani&#232;re que nous ne portons pas le m&#234;me jugement ou le m&#234;me int&#233;r&#234;t &#224; un homme en costume-cravate ou en short et tong, une femme n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me et n'envoie pas le m&#234;me message en robe et talons qu'en pantalon et chaussures plates. Cela ne signifie pas pour autant qu'il existe des v&#234;tements &#233;rotiques et d'autres pratiques. Cela ne signifie pas non plus que nous, femmes, restions cantonn&#233;es &#224; un seul r&#244;le. Au-del&#224; des signes qu'il envoie, le v&#234;tement influence notre attitude toute enti&#232;re, notre posture. En enfilant une panoplie masculine, nous nous sentons plus combative, tandis que nous sommes plus lascives dans notre peau de femme.
Nos v&#234;tements sont un message destin&#233; &#224; &#234;tre lu et interpr&#233;t&#233;. La sociologue Fr&#233;d&#233;rique Giraud, commentant un num&#233;ro de la revue Le Sociographe consacr&#233; au v&#234;tement, &#233;crit : &#171; En mati&#232;re vestimentaire, il existe des codes, des normes, m&#234;me si nous n'en avons pas toujours conscience. L'habit ne s'&#233;puise pas dans ce &#224; quoi il sert explicitement. L'acte de se v&#234;tir manifeste symboliquement ou par convention une essence, une anciennet&#233;, une tradition, une caste, une religion, une g&#233;n&#233;ration, une position sociale, un r&#244;le &#233;conomique... Il rend visible et consacre les clivages, les hi&#233;rarchies et les solidarit&#233;s. &#187;
La psychanalyste Sylvie Pouilloux montre, elle, que la construction vestimentaire est une construction que l'on fait autant pour soi que pour les autres. &#171; Par le v&#234;tement, nous &#233;laborons un discours pour autrui. Le v&#234;tement est un discours, une seconde peau, il signale des propri&#233;t&#233;s sociales, r&#233;v&#232;le des craintes, le d&#233;sir de laisser para&#238;tre quelque chose de sa filiation ou de soi-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La frivolit&#233; essentielle &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le v&#234;tement prot&#232;ge des intemp&#233;ries comme il pr&#233;serve la pudeur. Historiquement il est m&#234;me difficile de d&#233;terminer quel r&#244;le il a jou&#233; en premier. En Afrique et en Oc&#233;anie, l'arriv&#233;e du pagne et des &#233;tuis p&#233;niens est &#224; peu pr&#232;s contemporaine &#224; l'arriv&#233;e des peaux de b&#234;tes qui ont prot&#233;g&#233; du froid les hommes du nord. Dans la plupart des soci&#233;t&#233;s anciennes, les organes sexuels, tout comme les parties du corps qui provoquent le d&#233;sir, devaient &#234;tre dissimul&#233;s, &#233;loign&#233;s des regards. En masquant le corps et ce qu'il peut traduire de nos &#233;motions (en particulier l'&#233;rection de l'homme), on a lib&#233;r&#233; la parole qui exprime le d&#233;sir et devient ainsi une &#233;tape pr&#233;liminaire &#224; nos instincts primaires. Si nos &#233;motions ne se voient pas, alors il faut les &#233;noncer avant de se jeter sur l'objet de son d&#233;sir. (...)&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire, v&#234;tement et sexualit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#238;t une p&#233;riode de l'histoire &#224; la seule vue des v&#234;tements que l'on y portait. Un costume d'&#233;poque suffit &#224; identifier une p&#233;riode, de la pr&#233;histoire au si&#232;cle des lumi&#232;res, des ann&#233;es 50 aux costumes du futur. (...)
Au XIX&#232;me si&#232;cle, la restauration de la monarchie emprisonne &#224; nouveau le corps de la femme, c'est le retour &#224; la &#171; femme convenable &#187;, aux codes de la Renaissance, aux corsets dont le V descendait jusqu'au pubis, aux crinolines et aux cerceaux, trilogie de la torture et son cort&#232;ge de malaises, ligotant, b&#226;illonnant le corps des femmes, les emp&#234;chant de respirer. Quel &#233;panouissement est possible sous cette rigidit&#233; ? C'est justement dessous qu'il faut regarder. Jusqu'au XX&#232;me si&#232;cle, les femmes port&#232;rent exclusivement des robes longues. Les &#233;ventuelles libert&#233;s se manifestaient au niveau des d&#233;collet&#233;s qui pouvaient &#234;tre vertigineux, ou bien sous les robes elles-m&#234;mes qui cachaient l'essentiel du temps une absence de culotte ou une culotte longue mais ouverte en son milieu. La robe a donc toujours laiss&#233; symboliquement le &#171; libre acc&#232;s &#187; au sexe, et laiss&#233; vivace l'id&#233;e d'un sexe sans entrave &#224; peine cach&#233; sous la robe. Jusqu'&#224; il y a &#224; peine 100 ans, les femmes avaient leur sexe &#171; &#224; port&#233;e &#187; de mains, qu'il s'agisse d'autres mains ou des leurs&#8230;Il suffisait de trousser la robe.
Depuis 100 ans, il y a eu la r&#233;volution f&#233;minine, l'apparition du pantalon (durant la Seconde Guerre mondiale) et parall&#232;lement une nouvelle forme d'enfermement du corps. (...)&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que le v&#234;tement dit de notre &#233;panouissement sexuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il est moins facile de lire l'&#233;panouissement sexuel d'un individu &#224; ses v&#234;tements que l'&#233;panouissement sexuel d'une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re&lt;/i&gt;,nous dit Fr&#233;d&#233;ric Monneyron. &lt;i&gt;Car l'individu peut jouer avec ses v&#234;tements, se cacher, tromper son monde&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, certains signes ne trompent pas. L&#224; encore, il s'agit de contr&#244;le.
Le brushing aussi rigide qu'un casque de moto ou le chignon serr&#233; et laqu&#233;, le chemisier ferm&#233; jusqu'au dernier bouton, le maquillage si &#233;pais qu'il en devient un masque, les parfums trop pr&#233;sents et capiteux sont autant de signes qui signalent que cet apparat est exempt de sensualit&#233; et si le d&#233;sir de s&#233;duire c'est-&#224;-dire d'&#233;prouver un pouvoir sur l'autre est pr&#233;sent, la notion de plaisir, elle, n'y est pas. De mani&#232;re plus subtile, les codes de la mode actuelle sont sensiblement les m&#234;mes : des v&#234;tements tr&#232;s architectur&#233;s, ferm&#233;s, et si transparence il y a ici o&#249; l&#224;, elle est vite compens&#233;e par la notion de surcouches. Le marketing et la publicit&#233; de ces v&#234;tements disent une chose (l'&#233;rotisme et le d&#233;sir &#224; tout prix, quitte &#224; les vider de toutes substances) et le v&#234;tement en dit une autre (rigidit&#233; et enfermement sont de retour).
Il est intriguant de noter, qu'en plus d'un si&#232;cle de couture et modes, depuis Coco Chanel tr&#232;s peu de femmes cr&#233;atrices de mode ont &#233;prouv&#233; la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er des v&#234;tements qui continuent de lib&#233;rer la femme et de poser la question de ce qu'elle est vraiment aujourd'hui. A notre connaissance, une seule s'est obstin&#233;e &#224; faire un v&#234;tement f&#233;minin, pratique et volontaire &#224; la fois, doubl&#233; de la volont&#233; a priori paradoxale de lib&#233;rer son corps de toute entrave pour que le d&#233;sir puisse &#233;clore &#224; chaque instant de sa journ&#233;e ; en r&#233;sum&#233;, une robe d'executive woman dans le velours de la lascivit&#233;. Diane Von Furstenberg, puisqu'il s'agit d'elle, a cr&#233;&#233; dans les ann&#233;es 70, une robe portefeuille en jersey de soie, qui se noue devant pour que la femme contr&#244;le et qui s'enl&#232;ve en un seul geste en tirant sur l'unique ruban, qui &#233;pouse les formes du corps, et qu'elle continue sans cesse de renouveler &#224; chaque saison. (...)&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les v&#234;tements symboliques de la sexualit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;V&#234;tements, sous-v&#234;tements, nous savons toutes qu'il y a des codes derri&#232;re les choix que nous faisons. Mais au-del&#224; du regard de l'autre, encore faut-il prendre conscience du pouvoir que ces v&#234;tements ont sur nous-m&#234;mes. Certains v&#234;tements, quelle que soit leur histoire, v&#233;hiculent un imaginaire &#233;rotique qui stimule autant l'une que l'Autre. Mentalement, nous ne serons pas la m&#234;me avec des bas ou dans un jogging, avec un corset qu'avec un soutien gorge, avec des talons qu'avec des baskets. Notre attitude sera diff&#233;rente car nos sensations seront diff&#233;rentes.
Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; vou&#233; aux g&#233;monies et avoir fait souffrir les femmes pendant des si&#232;cles, le corset, le bas et d'autres clich&#233;s encore, s'affichent dessus quand la mode les d&#233;sincarne et se cachent dessous lorsqu'ils ont pour objectif de conserver leur fonction sexuelle. Avec Madonna et Jean-Paul Gaultier, ils sont visibles et v&#233;hiculent une image de la femme conqu&#233;rante, tandis que dans les soir&#233;es libertines ils contribuent &#224; la jouissance. (...)
La chaussure &#224; talons, sa cambrure, la finesse de son aiguille ont des fonctions &#233;rotiques qui caressent m&#234;me l'anthropologie. Agn&#232;s Giard en fait une remarquable synth&#232;se (&#171; Talons hauts : d&#233;fier les lois de l'apesanteur &#187;, SecondSexe.com). &#171; &lt;i&gt;D'apr&#232;s le Harper's index, les talons hauts font ressortir les fesses de 25% environ. Pour le sexologue Alfred Kinsey, la jambe f&#233;minine adopte alors la m&#234;me attitude que pendant l'orgasme : &#171; le pied se tend jusqu'&#224; s'aligner avec le mollet &#187; dit-il. Linda O'Keefe, auteur du livre Chaussures pr&#233;cise m&#234;me : &#171; La cheville en tension et le pied dans le prolongement de la jambe sont les signes quasi-biologiques de disponibilit&#233; sexuelle. Le talon aiguille impose au pied une position que les anthropologues appellent &#171; parade de s&#233;duction &#187;. Le centre de gravit&#233; se d&#233;place vers l'avant, la courbe des reins s'accentue, les jambes s'allongent, le cou-de-pied devient sinueux comme un cou de cygne&#8230; L'effet de suggestion est tel qu'aucun homme ne peut y rester insensible&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que le v&#234;tement dit de notre soci&#233;t&#233; aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;(...) Depuis la fin des ann&#233;es 80, sont apparues les superpositions. Des pulls sur d'autres pulls, des robes sur des pantalons, des chaussettes sur des collants. On court-circuite le d&#233;sir. Pour Fr&#233;d&#233;ric Monneyron &#171; &lt;i&gt; Plusieurs couches, emboitements sont des constantes de la mode depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90. C'est significatif d'un monde qui a peur, qui se replie sur soi, sur l'intime. Nous sommes dans une soci&#233;t&#233; d&#233;pressive, une soci&#233;t&#233; qui a peur. On voit par exemple les sous-v&#234;tements appara&#238;tre sur les v&#234;tements. Mais un soutien gorge apparent c'est la n&#233;gation du d&#233;sir. Par d&#233;finition, le sous-v&#234;tement est fait pour ne pas &#234;tre vu. Il tient sa charge &#233;rotique du fait qu'il ne peut &#234;tre vu que dans la sph&#232;re intime. A partir du moment o&#249; on le met dessus, il perd toute charge &#233;rotique. Avant, quand une femme sentait la bretelle de soutien gorge qui sortait, elle la remettait aussit&#244;t en place. Aujourd'hui on la montre d&#233;lib&#233;r&#233;ment, et c'est significatif d'un d&#233;sir qui est en berne. C'est la m&#234;me chose pour le string. 70% des hommes trouvent que le string qui sort du pantalon n'est pas &#233;rotique. Encore une fois, si on expose, on perd la charge &#233;rotique. Les v&#234;tements qui s'accumulent vont dans le m&#234;me sens. Une soci&#233;t&#233; pas tr&#232;s &#224; l'aise et qui a d&#233;sormais des difficult&#233;s avec la sexualit&#233;. Les psychanalystes le confirment car ils voient un grand rajeunissement de leurs patients. Et bien souvent des patients qui n'ont pas du tout de vie sexuelle. Les images dont on nous abreuve sont trompeuses&lt;/i&gt; &#187;. (...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin de nous l'id&#233;e d'une dictature du v&#234;tement, qu'il soit ouvert ou ferm&#233;, provoquant ou pudique. Il est des jours o&#249; la femme a un r&#233;el besoin d'affronter le monde en pantalon, pour conqu&#233;rir sa place dans la soci&#233;t&#233; ou simplement d&#233;tourner le regard concupiscent des hommes. Mais se pose malgr&#233; tout la question de ce qu'est la f&#233;minit&#233; aujourd'hui ? En se glissant dans le costume de l'homme nous avons obtenu notre &#233;mancipation &#233;conomique, mais dans ce m&#234;me costume, nous avons contraint nos chairs et quelques fois aussi brim&#233; nos pulsions &#233;rotiques. La question se pose de savoir s'il ne serait pas temps aujourd'hui de continuer ce travail d'&#233;mancipation &#233;conomique et charnel en enfilant de nouveau un v&#234;tement qui nous soit propre, qui soit le reflet de notre identit&#233;, ou bien si au contraire, la question de la diff&#233;rentiation homme/femme n'en n'est plus une, et que les signes d'une mode unisexuelle ne sont que les pr&#233;mices d'un nouvel ordre g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Sophie Bramly&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;&quot;L'orgasme on s'en fout, &#233;loge du plaisir f&#233;minin&quot;&lt;/i&gt;, avec l'aimable autorisation des Editions Fetjaine / Lamartini&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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