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	<title>Le magazine SecondSexe - La culture du plaisir f&#233;minin</title>
	<link>http://secondse.cluster006.ovh.net/magazine/</link>
	<description>Second Sexe vous propose un magazine &#233;rotique, artistique et culturel d&#233;di&#233; au plaisir f&#233;minin sous toutes ses formes. Vous y trouverez les conseils sexo du Docteur O, les actualit&#233;s les plus br&#251;lantes, des papiers complets sur tous les sujets sexe, des nouvelles orgasmiques &#224; d&#233;guster ou &#224; &#233;crire soi-m&#234;me.</description>
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		<title> De la volont&#233; de savoir &#224; l'envie de s'en foutre </title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/De-la-volonte-de-savoir-a-l-envie.html</link>
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		<dc:date>2010-09-03T14:22:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Olivier</dc:creator>


		<dc:subject>Clitoris</dc:subject>
		<dc:subject>Orgasme</dc:subject>
		<dc:subject>Point G</dc:subject>
		<dc:subject>Libido</dc:subject>
		<dc:subject>Bloc_1</dc:subject>

		<description>Il n'y a pas mieux que le plaisir f&#233;minin pour faire parler la presse. On ne compte plus les intitul&#233;s enveloppant son myst&#232;re : &#171; la grande &#233;nigme du plaisir f&#233;minin &#187;, &#171; les secrets du clitoris &#187;&#8230; La sexualit&#233; des femmes fait beaucoup parler les &#171; experts &#187; &#224; propos de comment et pourquoi elles prennent leur pied ou pas. M&#233;decins, gyn&#233;cologues, psychologues, sociologues, sexologues, relay&#233;s par la presse, poussent toujours plus loin l'investigation du plaisir f&#233;minin, syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; comme un &#171; (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Sexualite-feminine-la-nouvelle-.html" rel="directory"&gt;10. Sexualit&#233; f&#233;minine : la nouvelle donne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/+-Clitoris,12-+.html" rel="tag"&gt;Clitoris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/+-Orgasme,15-+.html" rel="tag"&gt;Orgasme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/+-Point-G,17-+.html" rel="tag"&gt;Point G&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/+-Libido,18-+.html" rel="tag"&gt;Libido&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2038-929a3.jpg&quot; width='150' height='100' style='height:100px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas mieux que le plaisir f&#233;minin pour faire parler la presse. On ne compte plus les intitul&#233;s enveloppant son myst&#232;re : &#171; la grande &#233;nigme du plaisir f&#233;minin &#187;, &#171; les secrets du clitoris &#187;&#8230; La sexualit&#233; des femmes fait beaucoup parler les &#171; experts &#187; &#224; propos de comment et pourquoi elles prennent leur pied ou pas. M&#233;decins, gyn&#233;cologues, psychologues, sociologues, sexologues, relay&#233;s par la presse, poussent toujours plus loin l'investigation du plaisir f&#233;minin, syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; comme un &#171; secret &#187;, une &#171; &#233;nigme &#187;, un &#171; myst&#232;re &#187; &#224; percer. Tout se passe comme s'il s'agissait de &#171; craquer le code &#187; de l'orgasme f&#233;minin, de lui trouver une cl&#233; qui marche &#224; tous les coups, parce que -la marchandisation n'est jamais tr&#232;s loin- &#171; nous le valons bien &#187;. La sexualit&#233; masculine n'attire apparemment pas autant de bavardages renseign&#233;s. Un tour sur le moteur de recherche Google est assez r&#233;v&#233;lateur : Les termes &#171; plaisir f&#233;minin &#187; obtiennent 1 280 000 r&#233;sultats, contre 708 000 pour le &#171; plaisir masculin &#187;&#8230; L'orgasme m&#226;le tend d'ailleurs &#224; &#234;tre pr&#233;sent&#233; &#224; l'inverse plut&#244;t comme affaire de tuyauterie et de m&#233;canique (vraiment ?). Eux poss&#232;dent d'ailleurs d&#233;j&#224; leur Viagra. Reste &#224; mettre au point la mol&#233;cule magique pour les femmes, mais bigre, sommes-nous compliqu&#233;es ?!! Orgasmes clitoridiens, vaginaux, mixtes, multiples, &#233;jaculations insondables, frigidit&#233;s impalpables, psychologie puissante&#8230; C'est s&#251;r, &#224; force de diss&#233;quer la sexualit&#233; f&#233;minine, on lui fabrique du d&#233;tail&#8230; et des complications, C.Q.F.D ??&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Point G or not Point G : est-ce vraiment la question ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La controverse autour du point G qui excite les esprits, mais pas n&#233;cessairement toutes les femmes, depuis 50 ans est un bon exemple de la prise de t&#234;te, et, dans une certaine mesure, de la prise de pouvoir scientifique sur l'appareil g&#233;nital f&#233;minin, cette forteresse &#224; prendre par le savoir. Pour ce faire mieux vaut en avoir les plans bien dessin&#233;s. Ainsi, tandis qu'on cherche peu (moins) &#224; savoir de quelle partie de ses parties jouit l'homme, on explore et on cartographie les combles de la femme, jouisseuse complexe. Dans les ann&#233;es 50 le m&#233;decin et sexologue Ernest Grafenberg localise une zone &#233;rog&#232;ne interne : une excroissance charnue sur la paroi ant&#233;rieur du vagin, &#224; quelques cm de profondeur, qui gonfle lorsqu'elle est stimul&#233;e et permet d'atteindre l'orgasme. En bon colon, le docteur nomme la zone de sa propre initiale, le G majuscule, comme un drapeau piqu&#233; sur l'eldorado du plaisir : voil&#224; le point G. r&#233;pertori&#233;, et s'il est r&#233;pertori&#233;, c'est qu'il existe, n'est-ce pas ? Il est popularis&#233; dans les ann&#233;es 80, et largement admis comme tel aujourd'hui, bien que les scientifiques ne soient pas parvenu vraiment &#224; se mettre d'accord sur sa localisation ou sa nature exacte (innervation du vagin, partie du sphincter ur&#233;tral, glandes, structure interne du clitoris... ?). Il ne semble pas faire l'unanimit&#233; non plus chez les femmes, pourtant les premi&#232;res concern&#233;es&#8230; Malheur sexuel &#224; celles qui n'y palpent rien ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Conqu&#234;te spatio g&#233;nitale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te lanc&#233;e, elle n'est pas finie : avec les avanc&#233;es techniques, elle devient plus sophistiqu&#233;e. Explorations de d&#233;tection par ultrason du point G, &#233;tudes comparatives impliquant des s&#339;urs jumelles, dr&#244;lement peu concluantes&#8230; M&#234;me avec des jumelles, on n'obtient pas les m&#234;mes r&#233;sultats&#8230; C'est dire la vari&#233;t&#233; des femmes et des exp&#233;riences, sur laquelle persistent n&#233;anmoins &#224; buter les explorateurs. Pour certaines, la recherche de la zone des miracles pr&#233;sente peu d'int&#233;r&#234;t, tant pour leur plaisir sexuel, le tout n'est que rarement la somme des parties. Et si l'on parle beaucoup des clans des &#171; clitoridiennes &#187; et des &#171; vaginales &#187;, il en reste &#224; qui cette dualit&#233; topologique fait une belle jambe, et qui ne voient pas au nom de quoi il leur faudrait statuer pour un camp. Ni pourquoi un orgasme en serait moins qu'un autre, ni en quoi il y en aurait qui correspondrait &#224; un d&#233;veloppement psycho sexuel plus avanc&#233;, le vaginal apr&#232;s le clitoridien, comme il est parfois sous entendu depuis la psychanalyse&#8230; La science est t&#234;tue. R&#233;cemment, des travaux auraient permis de r&#233;concilier les tenants du point G et les sceptiques, les &#171; vaginales &#187; et les &#171; clitoridiennes &#187; : apr&#232;s avoir r&#233;alis&#233; une sonographie compl&#232;te en 3D d'un clitoris, la gyn&#233;cologue et obst&#233;tricienne Odile Buisson aurait &#233;tabli que clitoris et point G ne vont pas l'un sans l'autre, puisque le second serait le d&#233;part, en interne, des ramifications du premier, depuis sa partie externe. Et d'&#233;tablir ainsi que du vagin ce qui est &#233;rog&#232;ne n'est pas le vagin lui-m&#234;me, mais le fait qu'il soit encercl&#233; de ces dites ramifications du clitoris&#8230; Tout &#231;a pour &#231;a donc, une seule et m&#234;me chose ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La forme exacte du clitoris &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voici alors une description du clitoris, d'apr&#232;s la sonographie d'Odile Buisson, extraite de l'article propos&#233; par le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; en mai dernier : &#171; Juste derri&#232;re la t&#234;te suit le cou, le court cordage de 20 &#224; 30 millim&#232;tres courant sur le pubis. Lui aussi est tr&#232;s innerv&#233;, sensible, et capillaris&#233;. Ensuite, il s'enfonce dans la chair pour descendre le long de l'os pubien. L&#224;, on voit tr&#232;s bien sur l'&#233;chographie qu'il lance quatre longues jambes ou &quot;racines&quot; de 10 &#224; 12 cm autour du vagin. La premi&#232;re paire est form&#233;e de deux &quot;corps caverneux&quot; pleins de capillaires, comme un p&#233;nis. Tout contre elles, deux bulbes en forme d'amande s'&#233;tirent, les &quot;corps spongieux&quot;, log&#233;s pr&#232;s des grandes l&#232;vres. Ces quatre fuseaux se gonflent de sang pendant l'amour, enserrant le vagin &#8211; et par cons&#233;quent la verge. C'est au lieu du d&#233;part de celles-ci, sur la paroi int&#233;rieure du vagin que se situe le point G. Le clitoris forme ainsi un volumineux organe &#224; quatre branches &#233;rectiles. Le vagin lui-m&#234;me, n'&#233;tant pas innerv&#233;, joue un r&#244;le accueillant et fonctionnel, enserrant la verge &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Le sexe traqu&#233; &#171; jusque dans ses rameaux les plus fins &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette description du clitoris pourrait presque servir d'illustration aux r&#233;flexions men&#233;es dans les ann&#233;es 70 par le philosophe Michel Foucault. Dans le premier volume de son &lt;i&gt;Histoire de la sexualit&#233;&lt;/i&gt;, Foucault d&#233;crit la volont&#233; de savoir comme la base et l'instrument de production de discours sur le sexe. Ainsi se constitue une science de la sexualit&#233; dans laquelle la sexualit&#233; est appr&#233;hend&#233;e comme une chose &#224; g&#233;rer, ins&#233;r&#233;e dans un &#171; syst&#232;me d'utilit&#233; &#187; pour le bien commun&#8230;
Ainsi &#171; Le sexe, selon la nouvelle pastorale, ne doit plus &#234;tre nomm&#233; sans prudence ; mais ses aspects, ses corr&#233;lations, ses effets doivent &#234;tre suivis jusque dans leurs rameaux les plus fins : une ombre dans une r&#234;verie, une image trop lentement chass&#233;e, une complicit&#233; mal conjur&#233;e entre la m&#233;canique du corps et la complaisance de l'esprit : tout doit &#234;tre dit. &#187; Et plus loin : &#171; Un discours oblig&#233; et attentif doit donc suivre, selon tous ses d&#233;tours, la ligne de jonction du corps et de l'&#226;me : il fait appara&#238;tre, sous la surface des p&#233;ch&#233;s, la nervure ininterrompue de la chair. Sous le couvert d'un langage qu'on prend le soin d'&#233;purer de mani&#232;re qu'il n'y soit plus nommer directement, le sexe est pris en charge, et comme traqu&#233;, par un discours qui pr&#233;tend ne lui laisser ni obscurit&#233; ni r&#233;pit &#187;. Les termes employ&#233;s par Foucault ne font-ils pas &#233;cho justement &#224; cette imagerie de l'anatomie r&#233;v&#233;l&#233;e du clitoris ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Confessions contemporaines : le sexe s'avoue, scientifiquement. &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Foucault, qui critique les termes de l'hypoth&#232;se r&#233;pressive, il appara&#238;t qu'en fait d'avoir b&#226;illonner le sexe, nos soci&#233;t&#233;s se seraient au contraire employ&#233;es &#224; le faire parler le plus possible, &#224; le faire tout dire. Plut&#244;t qu'une simple r&#233;pression, il se produirait depuis des ann&#233;es une explosion discursive autour du sexe, depuis des foyers de discours diversifi&#233;s (m&#233;decine, psychiatrie, sciences humaines..) Or quoi de mieux pour faire parler son sujet que de le d&#233;finir avant tout comme un &#171; secret &#187; ? Le secret appara&#238;t comme le motif central dans les techniques propres &#224; inciter la parole. L'institution du sexe comme un secret, une &#233;nigme, serait une condition pr&#233;alable &#224; la production de discours visant &#224; en constituer une science. Une fois la sexualit&#233; envelopp&#233;e de &#171; secret &#187;, de &#171; myst&#232;re &#187;, le ressort principal pour la faire parler serait, de fa&#231;on privil&#233;gi&#233;e, tout ce qui s'apparente &#224; l'aveu. Une technique bien connue de la religion, puis de la psychanalyse, et que l'on retrouve aujourd'hui dans une certaine mesure dans d'autre domaine des sciences dites &#171; dures &#187;. Ainsi, et ce n'est pas une plaisanterie, nous pouvons lire dans un article publi&#233; par &lt;i&gt;BBC news&lt;/i&gt; les r&#233;sultats d'une &#233;tude d'imagerie c&#233;r&#233;brale, dans laquelle il s'agissait de diff&#233;rencier, parmi des femmes pass&#233;es au scanner, les simulatrices des vraies jouisseuses. Du confessionnal au divan au scanner : Avoue la v&#233;rit&#233; de ta jouissance !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Effets ind&#233;sirables de trop d'attention m&#233;dicale et m&#233;diatique&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est louable que la m&#233;decine permette de traiter mieux des d&#233;sordres fonctionnels chez des sujets souffrant de pathologies, mais toute la population ne semble pas concern&#233;e. On peut d&#233;plorer que le point G. est parfois pr&#233;sent&#233; comme Le Lourdes des frigides, lorsque l'on nous fait miroiter que la seule &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration de ce tissu chez des femmes se plaignant de dysfonction sexuelle f&#233;minine (DSF) augmenterait leur nombre d'orgasmes de 40 &#224; 50 %, avec une satisfaction de 70 % des patientes &#187; ou bien que c'est en stimulant le point G. que l'on peut faire d'une femme une fontaine. Le revers de tant de pr&#233;cisions quasi chirurgicales peut &#234;tre une bonne dose d'anxi&#233;t&#233;, assortie de doutes quant &#224; sa propre excitabilit&#233;, sa normalit&#233;, sa capacit&#233; &#224; la jouissance. Et pour certaines et certains, la d&#233;composition du plaisir f&#233;minin en s&#233;ries d'orgasmes &#171; scientifiquement &#187; distincts (clitoridien, vaginal, etc.) finit par avoir pour cons&#233;quence&#8230; la d&#233;composition du plaisir, l'impuissance ! Autre chose, la science, de fait, se renouvelle et se contredit tout le temps, de quoi &#234;tre d&#233;boussol&#233;e. Et quand bien m&#234;me elle traite de l'intime, elle n'en demeure pas moins rapport&#233;e de mani&#232;re totalement impersonnelle. Les tentatives pour la reconnecter &#224; nos propres v&#233;cus risquent fort d'&#234;tre maladroites, partielles, favorisant la confusion et l'inqui&#233;tude. Toutes choses contre-indiqu&#233;es dans le l&#226;cher prise&#8230; Quant aux amants &#224; qui l'ont feraient trop miroiter un mode d'emploi de l'orgasme, on ne saurait que trop leur conseiller de se fier avant tout &#224; leurs sens&#8230; Quoi de pire que d'&#234;tre pris soi-m&#234;me pour un petit lapin vibrant ? Qui s'amuserait v&#233;ritablement longtemps de jouir en se focalisant sur les boutons &#233;rog&#232;nes ON/OFF ? Connaissance de soi oui, m&#233;canique, bof&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Obscures bio- logiques&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les articles vendant l'orgasme au d&#233;tail semble porter, parfois malgr&#233; eux, le message d&#233;sagr&#233;able que la femme serait d'abord incompl&#232;te, et/ou qu'il existerait une hi&#233;rarchie entre tous ces orgasmes et peut-&#234;tre une progression souhaitable dans le d&#233;veloppement psycho sexuel de chacune, au cours duquel le clitoris serait d&#233;laiss&#233; au profit du vagin, jusqu'&#224; devenir la femme int&#233;gr&#233;e, compl&#232;te, jouissant par-fai-te-ment du dedans par la p&#233;n&#233;tration d'un sexe, masculin s'il vous plait. En missionnaire, c'est encore mieux ? Un expert pourrait nous r&#233;pondre que &#171; oui c'est mieux, la position allong&#233;e permet de retenir le sperme et favorise ainsi la f&#233;condation &#187;, or &#171; le sexe sans vis&#233;e de reproduction, &#231;a ne peut jamais &#234;tre AUSSI bon &#187;, ajouterait un autre, &#233;tude &#224; l'appui&#8230; Et ainsi de suite. &#192; force, la rh&#233;torique prend des tours douteux. Les raisonnements partiels pouss&#233;s dans leur logique conduisent &#224; des conclusions pas terribles. Reprenons les &#233;tudes du point G. impliquant des jumelles : puisqu'on ne peut m&#234;me pas se fier &#224; des vraies jumelles comme variables contr&#244;l&#233;es dans des &#233;tudes anatomiques, on vient peut-&#234;tre de prouver que les femmes sont&#8230; pas fiables ?&lt;br/&gt; Autre th&#232;me : les hypoth&#232;ses inspir&#233;es des th&#233;ories de l'&#233;volution d&#233;tourn&#233;es dans tous les sens, qui produisent des fictions limites. Exemple : l'orgasme serait un outil de s&#233;lection naturelle, le reproducteur capable de faire jouir une femelle difficile serait le meilleur pour l'esp&#232;ce. Donc, la difficult&#233; pour une femme &#224; atteindre l'orgasme serait en fait un avantage biologique pour l'esp&#232;ce. Donc la fille facile, qui peut jouir avec n'importe qui, ferait, elle&#8230; du tort &#224; l'esp&#232;ce ? Enfin, nous savons comment les donn&#233;es biologiques servent de preuves &#224; l'appui dans des contextes de contr&#244;les et d'abus sur les femmes. Dans des cas extr&#234;mes, cela peut avoir des cons&#233;quences d&#233;sastreuses. Lorsque les s&#233;cr&#233;tions spontan&#233;es sont interpr&#233;t&#233;es par le violeur, et dans une certaine mesure par sa victime, comme la preuve de son consentement&#8230; Ce sont aussi des faits biologiques qui depuis des ann&#233;es confondent les femmes dont la libert&#233; d'aimer est contr&#244;l&#233;e : sang, hymen&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Chacun sa science.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avons-nous r&#233;ellement quelque chose &#224; faire de ces synth&#232;ses sexuelles savantes ? Le v&#233;cu ne nous apprend-il pas le caract&#232;re insaisissable et &#233;volutif du plaisir ? Ne croirions-nous pas mieux nos exp&#233;riences, nos sensations, nos amours, sur le sujet ? Oui, s'explorer, apprendre &#224; se conna&#238;tre, parfois avec un accompagnement, participe du plaisir d&#232;s lors que le processus de d&#233;couverte est plaisant. Oui, jeter la lumi&#232;re sur l'anatomie f&#233;minine, ses aspects biologiques, psychologiques, nommer, (re)construire, avec des mots, avec des techniques, les parties dormantes, ni&#233;es, voire mutil&#233;es, de l'intime, a des cons&#233;quences positives et lib&#233;ratrices pour les femmes. Mais nous devons rester critiques, afin que les outils que nous avons &#224; port&#233;e (biologie ou autre), d'outils d'&#233;mancipation ne deviennent pas de b&#234;tes outils d'administration de nos vies sexuelles, nous confinant dans la passivit&#233; inqui&#232;te.&lt;br/&gt; Nous n'avons pas &#224; subir le flux inconsid&#233;r&#233; d'informations, plut&#244;t le loisir de s&#233;lectionner avec discernement dans le p&#234;le-m&#234;le ce qui &#233;ventuellement nous int&#233;resse. Ce n'est pas la science, un m&#233;decin, une blouse, qui fait autorit&#233; sur nous, mais bien nous-m&#234;mes. Notre sexualit&#233; n'est pas pour nous le champ d'&#233;tudes scientifiques qu'elle est pour les sp&#233;cialistes, elle est avant tout un champ de libert&#233; qui se pratique. Nous pouvons &#224; tout moment choisir de laisser les informations inutiles, ind&#233;sirables, parasites, &#224; la porte de nos subjectivit&#233;s. Le sexe f&#233;minin n'est pas un sch&#233;ma, notre sexualit&#233; n'est pas sur la carte. Face &#224; ces explications, hypoth&#232;ses, simplifications, ne pas vouloir savoir, aimer s'en foutre. Faire l'amour, pas l'actu scientifique. &lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
[gris]Maxine Lerret[/gris]&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
[brun]&lt;strong&gt;Jeu concours :&lt;/strong&gt; Et vous ? Quel rapport entretenez-vous &#224; votre clitoris ? Vous l'avez d&#233;couvert &#224; 10 ans ou &#224; 60 ans ou pas encore et vous vous en fichez ? Tous vos r&#233;cits sur ce sujet nous int&#233;ressent.&lt;br/&gt;
Racontez-nous votre exp&#233;rience ci-dessous. L'auteure de l'histoire la plus stup&#233;fiante, intrigante, jouissive, bref, la plus &#233;tonnante recevra un &lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/boutique/le-lapin-tickler.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;lapin Tickler&lt;/a&gt; (vibromasseur clitoridien).&lt;br/&gt; Utilisez un pseudo pour nous parler librement, mais indiquez votre adresse mail dans le champs ci-dessous (qui ne s'affichera pas), afin que nous puissions contacter la gagnante. &lt;strong&gt;Le concours est termin&#233;.&lt;/strong&gt; L'heureuse gagnante est Cardamone. Retrouvez le nouveau concours &#224; la suite du dossier de la &lt;a href=&quot;http://www.secondsexe.com/magazine/Sois-ce-que-dois.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;semaine&lt;/a&gt;.[/brun]
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Sources du dossier&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Histoire de la sexualit&#233; 1, la volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;, Michel Foucault, Gallimard, 1976&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;La grande &#233;nigme du plaisir f&#233;minin&lt;/i&gt;, dossier du journal Le Monde, 6 mai 2010&lt;br/&gt; Le point G, wikip&#233;dia, citant entre autres :&lt;br/&gt; &lt;i&gt;The G-spot : a modern gynecologic myth&lt;/i&gt;. [Am J Obstet Gynecol. 2001] - PubMed Result [archive]&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Nouvelle approche th&#233;rapeutique dans le traitement des dysfonctions sexuelles f&#233;minines : l'amplification &#171; du point G &#187; dans les baisses de d&#233;sir et plaisir f&#233;minins&lt;/i&gt; [archive], M.-C. Benattar (Boulogne), JIM [archive], f&#233;vrier 2005&lt;br/&gt;
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_G&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_G&lt;/a&gt;&lt;br/&gt; &lt;i&gt;Female G-spot can be detected&lt;/i&gt; , BBC health news, Fevrier 2008&lt;br/&gt;
&lt;a href=&quot;http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7254523.stm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7...&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Scan spots women faking orgasms&lt;/i&gt;, BBC news, 2005&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>I- La lib&#233;ration sexuelle ne s'est pas faite en un jour</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/I-La-liberation-sexuelle-ne-s-est.html</link>
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		<dc:date>2009-04-09T00:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>albertphilippe</dc:creator>



		<description>Pour l'ouverture du site, il nous est apparu indispensable de commencer par un point sur le statut de la femme qui, depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, est en mutation constante. A sujet exceptionnel, dossier exceptionnel en 4 parties. Libert&#233; quand tu nous tient Ce que nous avons de plus personnel &#8212;nos corps&#8212; et ce que nous avons de plus d&#233;brid&#233; &#8212;notre plaisir&#8212; ont toujours &#233;t&#233; sous contr&#244;le. Avoir un corps de femme ou d'homme implique jusqu'&#224; aujourd'hui de faire un certain usage de sa sexualit&#233;. (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Sexualite-feminine-la-nouvelle-.html" rel="directory"&gt;10. Sexualit&#233; f&#233;minine : la nouvelle donne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L106xH150/arton24-adabf.jpg&quot; width='106' height='150' style='height:150px;width:106px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour l'ouverture du site, il nous est apparu indispensable de commencer par un point sur le statut de la femme qui, depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, est en mutation constante. A sujet exceptionnel, dossier exceptionnel en 4 parties.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Libert&#233; &lt;/strong&gt; quand tu nous tient&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que nous avons de plus personnel &#8212;nos corps&#8212; et ce que nous avons de plus d&#233;brid&#233; &#8212;notre plaisir&#8212; ont toujours &#233;t&#233; sous contr&#244;le. Avoir un corps de femme ou d'homme implique jusqu'&#224; aujourd'hui de faire un certain usage de sa sexualit&#233;. Avant, il valait mieux pour une femme sauvegarder son pucelage jusqu'au mariage, faire des enfants, les &#233;lever, ne pas trop se pr&#233;occuper de jouir, s'abstenir un certain temps en cas de mort du mari... Apr&#232;s la lib&#233;ration sexuelle, avoir un corps de femme veut dire jouir et/ou faire des enfants, les &#233;lever si on veut, travailler, pour certaines d'entre nous &#171; comme un homme &#187;, gagner des m&#233;dailles en natation, planter son coach, son mari ou son patron si le c&#339;ur nous emm&#232;ne ailleurs. Bref, une vie sexuelle &#8212;et du m&#234;me coup, sociale&#8212; nettement diff&#233;rente.v&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une certaine fa&#231;on, &#224; une p&#233;riode de temps donn&#233;e, on pratique la sexualit&#233; dans son pays comme on maintient un ordre social, conform&#233;ment aux id&#233;aux et injonctions distill&#233;es par les institutions. Un crucifix, un article de loi, une ordonnance m&#233;dicale, un manuel de bien-&#234;tre, il y a toujours une part d'autorit&#233; dans notre intimit&#233;. Ce que nous appelons libert&#233; sexuelle ne serait en d&#233;finitive que la grande ma&#238;tresse d'un jeu, arbitre entre les normes et volont&#233;s individuelles. Un &#233;cart de conduite, un orgasme hors du tapis, et hop, au poulailler ! Celles et ceux qui s'adonnent &#224; des galipettes hors normes s'exposent, et parfois leur descendance (pauvres b&#226;tards !) &#224; une panoplie de sanctions variables en fonction de la gravit&#233; de leurs actes, &#233;tablie par les principes de leur &#233;poque et de leur pays.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui en Occident, les r&#232;gles du jeu sexuel sont nettement plus souples. Plus souples qu'avant dans nos pays, plus souples qu'en ce moment dans d'autres. Chez nous, &#171; notre corps est &#224; nous &#187;. &#192; tel point que lorsque nous prenons un amant ou un vibromasseur pour nous envoyer en l'air entre deux jobs, nous ne nous posons pas la question de savoir si cette conduite est mauvaise, une maladie, un crime ou un d&#233;lit. Nous ne risquons ni la prison ni les pierres, nous nous remettons vite d'une petite tache &#224; l'honneur. Nous jouissons, donc c'est bon. Nous nous faisons du bien et pas de mal &#224; l'autre (qui est majeur et consentant) donc, c'est bon. Quand nos &#233;bats s&#232;ment le d&#233;sordre dans notre vie, nous nous disons que, peut-&#234;tre, nous avons un peu abus&#233;. Comme pour les sucreries, nous d&#233;cidons de faire plus attention la prochaine fois. Ce climat de relative cl&#233;mence sexuelle ne s'est pas construit en un jour. Merci quoi ? Merci qui ?&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sexuellement tout est possible&#8230;L'important est le principe&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, hormis des nouveaut&#233;s scientifiques nous permettant de faire l'amour sans tomber enceinte, d'aider notre homme &#224; bander ou de tripler notre tour de poitrine, ce ne sont pas nos corps qui ont chang&#233; depuis les ann&#233;es 50, mais les id&#233;es et les lois autour de l'usage que nous en faisons. Du point de vue physique, toutes les pratiques sexuelles sont possibles depuis la nuit des temps. Il suffit d'ouvrir le Dictionnaire des Fantasmes, Perversions et autres Pratiques de l'Amour des Editions Blanche pour avoir un aper&#231;u de leur diversit&#233; et de leur histoire. Nous pourrions m&#234;me dire que, depuis que l'&#234;tre humain poss&#232;de un anus, la sodomie est possible. La lib&#233;ration sexuelle n'a pas invent&#233; la diversit&#233; de pratiques vieilles comme le monde, elle n'a peut-&#234;tre m&#234;me pas contribu&#233; &#224; rendre certains d&#233;lices corporels plus r&#233;pandus. Elle les a rendus plus visibles, plus acceptables pour un grand nombre, et nous a, c'est d&#233;j&#224; &#233;norme, donn&#233; du jeu dans la sexualit&#233;. La liste des pratiques &#171; socialement acceptables &#187;, &#171; l&#233;gales &#187;, s'est allong&#233;e. Cela, nous le devons &#224; la p&#233;n&#233;tration de nouveaux principes relatifs &#224; la sexualit&#233; en Occident au cours du si&#232;cle dernier : la libert&#233; de dire Oui ou Non, selon laquelle le &#171; bon sexe &#187; est celui pour lequel deux individus majeurs consentent, et la libert&#233; de ne pas procr&#233;er, selon laquelle le &#171; bon sexe &#187; n'est pas seulement celui qui nous donne des enfants. v&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces id&#233;es, port&#233;es tant par des mouvements r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 60/70 que par des avanc&#233;es scientifiques dans le domaine de la sant&#233; et de la procr&#233;ation, sont ent&#233;rin&#233;es au cours du vingti&#232;me si&#232;cle par des r&#233;formes du droit. Notre &#171; r&#233;volution des m&#339;urs &#187; est une &#171; r&#233;volution des lois &#187;, une &#171; r&#233;volution des id&#233;es &#187; et une &#171; r&#233;volution scientifique &#187;, d&#233;bouchant ensemble sur une libert&#233; sexuelle sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon corps est &#224; moi &#187; en quelques dates&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisque d&#233;sormais l'important est le consentement, le mariage perd son monopole de la sexualit&#233; l&#233;gitime. On arrive progressivement &#224; l'id&#233;e qu'il n'y a pas que le &#171; co&#239;t h&#233;t&#233;rosexuel procr&#233;ateur b&#233;ni &#187; dans la vie. Pourquoi continuer &#224; punir les jouisseurs qui s'&#233;battent hors de l'alc&#244;ve ? L'adult&#232;re et l'homosexualit&#233; sont d&#233;p&#233;nalis&#233;s. Les victimes collat&#233;rales des co&#239;ts ill&#233;gitimes &#173;&#8212;les enfants b&#226;tards&#8212; acqui&#232;rent les m&#234;mes droits que les enfants issus du mariage. L'&#233;galit&#233; &#171; passe aussi par le crime &#187;, on r&#233;vise la d&#233;finition du viol : sera punie toute pratique sexuelle impos&#233;e de force &#224; toute personne quel que soit son sexe. &lt;br/&gt;
Enfin, choisir avec qui on jouit devient aussi bient&#244;t choisir avec qui on d&#233;cide de former un couple ou non, la &#171; proc&#233;dure matrimoniale &#187; se simplifie. Le divorce par consentement mutuel est autoris&#233; en France en 1975 et en 1999 on cr&#233;e le PACS, contrat d'union light pour couples toutes cat&#233;gories &#8212;un petit pas de plus vers l'&#233;galit&#233; de toutes les sexualit&#233;s ? &lt;br/&gt; Quant &#224; notre &#171; libert&#233; de ne pas procr&#233;er &#187;, cadeau de la Science, l'id&#233;e soutenue par des associations de femmes, des m&#233;decins, des personnalit&#233;s intellectuelles, affronte de nombreuses r&#233;sistances avant de s'imposer. Les premiers plannings familiaux ouvrent clandestinement dans les ann&#233;es 60 pour assister les femmes au contr&#244;le des naissances et &#233;viter &#224; un maximum d'entre elles de risquer leur sant&#233; dans les mains d'une &#171; faiseuse d'anges &#187;. La pilule, d'abord en provenance ill&#233;gale des Etats-Unis, est autoris&#233;e en 1967, l'avortement en 1975 avec la loi Veil. Mais la libert&#233; de ne pas procr&#233;er n'est pas que pilule et avortement : avec l'accouchement sous X, la femme peut porter un enfant et malgr&#233; tout renoncer &#224; sa fonction de m&#232;re, quand, gr&#226;ce &#224; la f&#233;condation in vitro, il est possible de procr&#233;er sans coucher. De quoi entra&#238;ner un s&#233;rieux m&#233;li-m&#233;lo des r&#244;les&#8230;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Guerre des sexes&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quittons le domaine des contraintes biologiques pour entrer dans la sph&#232;re plus subjective du d&#233;sir. Lui aussi est soumis &#224; des pressions sociales, quand il n'est pas carr&#233;ment model&#233; ou &#233;touff&#233; par elles. Bien avant les remous soixante-huitards, en 1949, Simone de Beauvoir lance un pav&#233; sur la marre gel&#233;e de la sexualit&#233; f&#233;minine avec Le Deuxi&#232;me Sexe, essai dans lequel elle d&#233;nonce le d&#233;sir masculin comme la norme de tout d&#233;sir. La femme, explique-t-elle, est un objet &#233;duqu&#233; pour le satisfaire. Procr&#233;atrice sans autre perspective d'avenir qu'un fil &#224; linge bard&#233; de langes, notre sexe est bien faible aux yeux de l'intellectuelle amante de Sartre. La guerre des sexes est d&#233;clar&#233;e. Une g&#233;n&#233;ration de f&#233;ministes s'emploie &#224; lib&#233;rer les femmes de la domination des hommes, elles veulent vivre sans eux, conqu&#233;rir leurs positions ou simplement rester critiques. En 1971, au plus fort des bouleversements de m&#339;urs, le MLF publie un texte intitul&#233; Votre r&#233;volution sexuelle n'est pas la n&#244;tre : attention, pr&#233;viennent ces f&#233;ministes, l' &#171; amour libre &#187; est un ultime outil de domination, la meilleure id&#233;e que les hommes aient eu pour pouvoir jouir de nous &#171; sans entraves &#187;&#8230; Vu comme &#231;a, c'est s&#251;r que nous ne sommes pas pr&#234;tes de sortir de l'auberge.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je jouis donc je suis &#187;, l'arriv&#233;e des &#171; sexpertes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant que les f&#233;ministes option &#171; guerre des sexes &#187; balancent des seaux de sang en criant &#171; j'ai avort&#233; &#187;, des Am&#233;ricaines proposent une &#233;mancipation f&#233;minine plus &#171; pr&#232;s du corps &#187;. Un collectif de Boston publie Our bodies, Ourselves, livre sur la sant&#233; et la sexualit&#233; f&#233;minine qui devient un manifeste mondial. Elles pr&#244;nent l'autonomie dans le plaisir &#224; travers une meilleure connaissance de son corps et la pratique de la masturbation. &lt;br/&gt; Quelques ann&#233;es plus tard, en 1976, le Rapport Hite expose les r&#233;sultats d'une longue enqu&#234;te men&#233;e par la sexologue Shere Hite aupr&#232;s de 3000 femmes. Breaking news : nos missionnaires ne nous font pas tellement jouir, la p&#233;n&#233;tration obtient un mauvais score compar&#233;e &#224; la stimulation clitoridienne. On c&#233;l&#232;bre une sexualit&#233; f&#233;minine sp&#233;cifique, riche, et le p&#233;nis en prend pour son grade. Les &#233;ducatrices du sexe entrent en sc&#232;ne dans la foul&#233;e pour lib&#233;rer la jouissance f&#233;minine. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Embl&#233;matique, la californienne Annie Sprinkle[1], ex-prostitu&#233;e devenue sexologue, se d&#233;voue au plaisir f&#233;minin &#224; travers des films, des workshops, des performances voluptueuses et &#233;ducatives. On ne compte plus aujourd'hui les stars du d&#233;veloppement personnel sexuel, Tracy Cox et autres &#171; sexpertes &#187;, dont la vocation est de nous aider &#224; parvenir au big O lib&#233;rateur&#8230; Tout en exploitant un bon filon ? Les changements de m&#339;urs s'inscrivent &#233;videmment dans le quotidien via les am&#233;nagements de la soci&#233;t&#233; de consommation, rapide &#224; s'adapter&#8230; Sex-shops &#171; nouvelle g&#233;n&#233;ration &#187;, best-sellers sexy, magazines&#8230; Pour certains &#224; l'&#233;poque, il &#233;tait d'ailleurs &#233;vident que la libert&#233; sexuelle devait passer par une forme de commercialisation. Dans son histoire des sex-shops fran&#231;ais, le sociologue Baptiste Coulmont cite &#224; ce propos le cr&#233;ateur d'une revue pornographique des ann&#233;es 70 : &#171; &lt;i&gt;Dans un monde o&#249; tous les moyens d'expression sont des marchandises , ce qui refuse la commercialisation ne s'exprime pas&lt;/i&gt; &#187;[2]&#8230; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] &lt;a href=&quot;http://www.anniesprinkle.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anniesprinkle.org/&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[2] Sex-shops, une histoire fran&#231;aise, Baptiste Coulmont, &#201;ditions Dilecta, 2007&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Maxine Lerret&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article Essais Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Essais&lt;br/&gt;
Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, &#201;ditions Br&#233;al, 2005&lt;br/&gt;
Le Corset Invisible, &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, &#201;ditions Albin Michel, 2007&lt;br/&gt;
Femme= danger ? Gonzague de Sallmard, &#201;ditions Homnisph&#232;res, 2007&lt;br/&gt; Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ? C&#233;cile Daumas, Hachette Litt&#233;ratures, 2007&lt;br/&gt;
Sexpolitiques/ Queer Zones 2, Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, &#201;ditions La Fabrique, 2005&lt;br/&gt;
Sex-shops, une histoire fran&#231;aise, Baptiste Coulmont, &#201;ditions Dilecta, 2007&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enqu&#234;tes et sondages&lt;br/&gt;
Le Contexte de la Sexualit&#233; en France, sous la direction de Nathalie Bajos et Michel Bozon, coordonn&#233;e par Nathalie Beltzer. Dossier de presse et premiers r&#233;sultats disponibles sur le site de l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida : &lt;a href=&quot;http://www.anrs.fr/index.php/article/articleview/1396/1/320&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anrs.fr/index.php/articl...&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
Le sexe &#224; Paris, sondage IFOP pour Zurban, F&#233;vrier 2006&lt;br/&gt;
Les femmes et la sexualit&#233;, sondage IFOP pour Elle, Mai 2006&lt;br/&gt;
La sexualit&#233; des Fran&#231;aises, sondage IFOP pour Elle, Avril 98&lt;br/&gt;
La sexualit&#233; des adolescents, sondage IFOP pour VSD, D&#233;cembre 1999&lt;br/&gt;
La place du sexe dans la soci&#233;t&#233;/ l'apprentissage de la sexualit&#233;, sondage IPSOS pour Le Figaro, Janvier 2000&lt;br/&gt;
Les Fran&#231;ais et la pornographie &#224; la t&#233;l&#233;vision, Sondage CSA/HOT video, Septembre 2002&lt;br/&gt;
Les enfants et le net, Sondage IPSOS pour Lib&#233;ration, Novembre 2000&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Articles de presse&lt;br/&gt;
Le sexe et les Fran&#231;ais, une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! Marianne, 24 au 30 Mars 2007&lt;br/&gt;
Dossier Orgasm manifesto, Chronic'Art, Mai 2007, pour les interviews de Jeanne de Berg, John B.Root et Ma&#238;tresse Nikita.&lt;br/&gt;
&#171; Destricted &#187;, la branlette &#233;branl&#233;e, Philppe Azoury, &#201;crans, Lib&#233;ration, 25 Avril 2007 &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article1207&amp;var_recherche=DESTRICTED%20AZOURY&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?artic...&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
O&#249; va se nicher le porno ? Interview avec Katrien Jacobs, par Marie Lechner, &#201;crans, Lib&#233;ration, 8 Juillet 2006, &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>II - Temp&#233;rature ambiante aujourd'hui : chaud dessus, froid dessous ?</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/II-Temperature-ambiante-aujourd.html</link>
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		<dc:date>2007-09-08T16:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Alors, heureuses ? Aujourd'hui, les femmes sont &#224; l'affiche. Surtout les &#171; vraies &#187;. Les magazines privil&#233;gient de plus en plus les t&#233;moignages r&#233;els, bord&#233;s par un petit mot gentil du psy. L'art f&#233;minin/f&#233;ministe expose la femme sous toutes ses coutures, il est pratiquement devenu un genre. En litt&#233;rature, au cin&#233;ma, &#224; la t&#233;l&#233;vision, les confessions de femmes ont la cote. Des nouveaux socio-types apparaissent dans toutes les formes fictionnelles, illustrant diff&#233;rentes fa&#231;ons d'&#234;tre une femme aujourd'hui (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Sexualite-feminine-la-nouvelle-.html" rel="directory"&gt;10. Sexualit&#233; f&#233;minine : la nouvelle donne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L101xH150/arton376-f1202.jpg&quot; width='101' height='150' style='height:150px;width:101px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, heureuses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, les femmes sont &#224; l'affiche. Surtout les &#171; vraies &#187;. Les magazines privil&#233;gient de plus en plus les t&#233;moignages r&#233;els, bord&#233;s par un petit mot gentil du psy. L'art f&#233;minin/f&#233;ministe expose la femme sous toutes ses coutures, il est pratiquement devenu un genre. En litt&#233;rature, au cin&#233;ma, &#224; la t&#233;l&#233;vision, les confessions de femmes ont la cote. Des nouveaux socio-types apparaissent dans toutes les formes fictionnelles, illustrant diff&#233;rentes fa&#231;ons d'&#234;tre une femme aujourd'hui : nymphette nympho, lesbienne in love, c&#233;r&#233;brale perverse, victime vengeresse, b&#234;cheuse r&#234;veuse, elles sont toutes redoutablement honn&#234;tes. Internet regorge de boudoirs virtuels, de vitrines sur l'intimit&#233; de vraies filles, qui affirment leurs identit&#233;s via le sexe : suicide girls[1] tatou&#233;es et perc&#233;es, bloggueuses de charme, cat&#233;gorie girl next door. &#192; premi&#232;re vue, on serait tent&#233; de croire &#224; la r&#233;alisation finale et heureuse de la &#171; lib&#233;ration sexuelle &#187;. D'autant qu'en regardant les chiffres de sondages destin&#233;s &#224; nous donner la temp&#233;rature de notre &#233;poque (alors, hot ?) nous apprenons que 83% des parisiens et parisiennes se disent &#171; lib&#233;r&#233;s &#187; sur le plan sexuel[2], et que 71% des femmes font l'amour aujourd'hui&#8230;par plaisir[3] ! C'est d&#233;j&#224; &#231;a de pris ! Plaisir qui, rappelons-le, serait devenu suite &#224; la &#171; lib&#233;ration sexuelle &#187; la seule bonne raison de s'allonger &#8212;en particulier sous un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je fais (&#224; peu pr&#232;s) ce que je veux avec ma sexualit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Lib&#233;ration sexuelle&quot; ne signifie pas que le contr&#244;le ait disparu de la sph&#232;re intime. Tout n'est pas permis, et tout n'est pas bien vu. Nous le savons, la p&#233;dophilie est un crime, le porno est interdit aux mineurs, l'avortement est soumis &#224; des d&#233;lais... La voisine a toujours son mot a dire sur la conduite de la gamine du 3&#232;me , un cocu a encore honte devant ses amis, il y aura toujours une copine pour nous conseiller de ne pas coucher avec un coll&#232;gue, une autre pour nous d&#233;tester d'avoir flirt&#233; avec son mec&#8230; Passons. L'important est qu'aujourd'hui une femme &#8212;ou n'importe qui&#8212; peut &#224; peu pr&#232;s faire ce qu'elle veut avec sa sexualit&#233; parce qu'elle le vaut bien. Il est vivement conseill&#233; pour cela d'avoir un caract&#232;re solide et une grande confiance en soi, mais cela nous l'avons toutes, n'est ce pas, puisque nous sommes &#233;mancip&#233;es&#8230; &#192; partir de l&#224;, une femme peut rester c&#233;libataire toute sa vie sans qu'on la regarde de travers, travailler en mini jupe sans se faire harceler, parler de sexe &#224; table, r&#233;aliser des films &#233;rotiques, &#234;tre actrice porno pour payer ses &#233;tudes, avoir plusieurs partenaires, les &#233;changer entre couples, se masturber trois fois par jour, aimer une personne de son sexe, changer de sexe, copuler hors mariage (en tous cas bien avant), ne pas avoir d'enfant ou en avoir un d'un homme qui ne l'a m&#234;me pas touch&#233;e. Et ainsi de suite, jusqu'au choix de porter ou non une culotte sous sa robe et celui de s'&#233;piler int&#233;gralement, la femme d'aujourd'hui est &#233;panouie sexuellement (surtout sur la couverture du magazine). Il para&#238;t m&#234;me que cette sexualit&#233; &#233;panouie booste notre immunit&#233; et nous donne un meilleur teint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sexe, &#171; c'est bon pour la sant&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le discours sur la sexualit&#233; depuis les ann&#233;es 60 n'a pas seulement chang&#233;, il s'est invers&#233; : le sexe est devenu &#171; bon pour la sant&#233; &#187;. L'assistance est partout disponible pour permettre &#224; la sexualit&#233; d'&#234;tre un haut lieu de notre r&#233;alisation individuelle. Cours de pole dance pour assouplir notre sex-appeal, yoga tantrique, viagra pour lui, manuels de d&#233;veloppement sexuel : la plus grande jouissance est &#224; port&#233;e de celles et ceux qui s'en donnent les moyens. Le pire &#233;cueil est celui de la &#171; mis&#232;re sexuelle &#187;, d&#233;crite par Michel Houellebecq dans ses romans. D'o&#249; l'id&#233;e trouble que les lieux du sexe rempliraient une sorte de fonction sociale sanitaire. Les sextoys seraient des accessoires indispensables &#224; l'&#233;panouissement des sens, de la m&#234;me fa&#231;on qu'un casse-t&#234;te serait bon pour la m&#233;moire. Alors, pour la f&#234;te des m&#232;res, Nintendo DS ou vibromasseur Durex ? Les femmes peuvent se fournir en gadgets dans des boutiques feutr&#233;es, sur Internet, ou encore via des r&#233;unions d'achat &#224; la maison dans la plus pure tradition&#8230;Tupperware. Pendant ce temps, les publicit&#233;s, ravies de r&#233;cup&#233;rer les avanc&#233;es id&#233;ologiques &#224; leur compte, se vantent que &#171; la recette du plaisir f&#233;minin n'a plus de secret &#187;. Lib&#233;r&#233;es, les femmes aux foyers ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les chiffres derri&#232;re la fa&#231;ade m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les premiers r&#233;sultats d'une grande enqu&#234;te sur la sexualit&#233; en France [1] confirment que la sexualit&#233; des Fran&#231;aises a notablement chang&#233; depuis les ann&#233;es 70. Leurs &#171; positions statistiques &#187; se sont m&#234;me rapproch&#233;es de celles des hommes... ! Comme eux, la moiti&#233; d'entre elles auraient leur premier rapport sexuel vers 17/18 ans et feraient l'amour plus souvent que par le pass&#233;, y compris apr&#232;s 50 ans. L'ensemble des r&#233;sultats indiquent que des principes port&#233;s par la lib&#233;ration sexuelle sont entr&#233;s dans les mentalit&#233;s et les comportements de tout un chacun. La sexualit&#233; serait effectivement &#171; de plus en plus distingu&#233;e de ses enjeux de procr&#233;ation &#187; et l'homosexualit&#233; serait per&#231;ue par une majorit&#233; d'hommes et de femmes comme &#171; une sexualit&#233; comme une autre &#187;. Mais le tableau de la sexualit&#233; aujourd'hui ne correspond pas pour autant &#224; l'image toute-libre-toute-rose qui en est donn&#233;e par les m&#233;dias. Entre la fa&#231;ade m&#233;diatique chaude et la r&#233;alit&#233; de la sexualit&#233; de chacun(e), il y a un &#233;cart que beaucoup n'ont pas saut&#233;. Et si les r&#233;sultats d'enqu&#234;te indiquent une ouverture de la sexualit&#233; dans ses grandes lignes, dans le d&#233;tail, les choses n'ont peut-&#234;tre pas tant boug&#233;. Les pratiques sexuelles, par exemple, ne se sont pas vraiment diversifi&#233;es, celles qui &#233;taient &#171; minoritaires &#187; hier le sont encore aujourd'hui&#8230; Certes, &#234;tre lib&#233;r&#233;(e) sexuellement n'implique pas qu'il faille avoir exp&#233;riment&#233; toutes les pratiques afin d'&#234;tre certifi&#233;(e) &#233;mancip&#233;(e) ! Au contraire, si libert&#233; sexuelle il y a, elle n'est peut-&#234;tre pas, ou pas seulement, celle que l'on nous vend. Ainsi, alors que les magazines traitent de pratiques autrefois taboues et que nos h&#233;ro&#239;nes s'envoient en l'air sans complexes &#224; l'&#233;cran, plus d'une femme sur deux affirme que la sexualit&#233; pr&#233;sent&#233;e dans les m&#233;dias lui para&#238;t &#171; loin &#187; de ce qu'elle vit [2] . La nuance irait donc dans le sens de moins d'extravagances&#8230; Oui, les femmes sont plus nombreuses qu'avant &#224; avoir eu une exp&#233;rience homosexuelle, mais elles ne sont que 4%. Oui, le sexe oral est &#171; une composante ordinaire du r&#233;pertoire sexuel &#187; mais un pourcentage &#233;lev&#233; de femmes ne pratique pas la fellation. Non, les femmes ne se masturbent pas toutes depuis que les sexpertes leur ont conseill&#233; de le faire, elles sont encore moins nombreuses &#224; pratiquer le sexe &#171; avec un objet &#187;, seulement 8%. Non, la p&#233;n&#233;tration anale n'est pas plus fr&#233;quente depuis qu'on nous a expliqu&#233; comment faire pour qu'elle ne soit pas douloureuse. Quant &#224; l'&#233;changisme, il ne tente pas tout le monde. Les femmes qui visitent ces lieux ressortent d'ailleurs une fois sur trois sans avoir couch&#233; avec qui que ce soit. Les &#171; asexuels &#187; apparaissent nageant &#224; contre-courant, comme pour nous signaler qu'il y a dans cette histoire de libert&#233; sexuelle quelque chose de louche. Que l'heure, en fait, ne serait pas vraiment &#224; la multiplication des prouesses. Qu'est-ce donc alors que toute cette poudre &#224; nos yeux ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques paradoxes de notre &#233;poque lib&#233;r&#233;e&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce climat sexuel o&#249; soufflent parfois des vents contraires, la libert&#233; sexuelle serait v&#233;cue par certain(e)s comme son exact inverse, soit une &#171; dictature du plaisir &#187;, imposant des rythmes, des performances. Au final, elle aurait un effet secondaire inhibant, conduirait &#224; des &#171; impuissances &#187; diverses chez l'homme et la femme, brouillerait les rep&#232;res personnels sur ce qui fait la qualit&#233; d'une relation&#8230; Jusqu'&#224; douter, &#224; force de tout ce spectacle et de ces galipettes chiffr&#233;es, qu'on puisse &#234;tre seul juge de son bonheur au lit ! Ces questions font r&#233;guli&#232;rement l'objet de dossiers dans la presse, offrant une vision en n&#233;gatif de la lib&#233;ration sexuelle, &#224; tel point qu'on ne sait plus si notre &#233;mancipation est du lard ou du cochon. Le magazine Marianne, d&#233;sabus&#233;, titrait il y a peu : &#171; Une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! &#187; et aussi &#171; Homo non erectus &#187;[8]&#8230; Autre paradoxe, notre &#233;poque lib&#233;r&#233;e voit aussi la tendance &#224; victimiser des sexualit&#233;s &#171; hors normes &#187;. Les actrices porno, les prostitu&#233;es, par exemple, sont vite mises dans le m&#234;me panier des filles &#224; plaindre, sans que la question de leur libre arbitre soit v&#233;ritablement pos&#233;e. Et pas besoin d'&#234;tre une travailleuse du sexe pour se faire traiter comme une victime&#8230;&#171; Tu es instable, tu n'as pas confiance en toi, tu as eu une enfance dure, papillonner te fragilise &#187;&#8230; N'importe quelle femme gourmande sentira peser sur elle l'avis de ses proches, inquiets pour son &#171; int&#233;grit&#233; &#187;, plus soucieux qu'ils ne voudront l'admettre de la ranger. La nouvelle &#171; morale du consentement &#187; se retourne comme un gant pour expliquer aux int&#233;ress&#233;es qu'elles ne sont pas en mesure, du fait d'une probl&#233;matique personnelle, de consentir librement dans leur vie sexuelle ! Autre fait, une morale absolue s'exerce d&#233;sormais au nom de la sant&#233; psychique des enfants. Cela conduit parfois &#224; des incoh&#233;rences, des radicalisations dans le domaine des repr&#233;sentations de la sexualit&#233;, avec une censure touchant des expositions, des &#339;uvres artistiques dont l'intention premi&#232;re n'est pourtant pas d'exciter les &#171; pervers &#187;. Si le sexe est libre, la circulation de ses images ne l'est pas. Partout, les lieux de sexe sont soumis &#224; un contr&#244;le &#233;troit, des mesures sont prises pour maintenir la &#171; d&#233;cence &#187;, comme des vitres noires aux sex-shops. Au final, il r&#232;gne une dr&#244;le d'ambiance de sexe sous surveillance&#8230; Quant &#224; l'ouverture des sex-shops aux femmes, largement pl&#233;biscit&#233;e, le sociologue Baptiste Coulmont remarque que la strat&#233;gie commerciale actuelle op&#232;re un &#171; d&#233;coupage social &#187; qui limite en fait leur accessibilit&#233; &#224; toutes. Pour certaines femmes, il reste aussi inconcevable d'entrer dans une boutique de luxe que dans un sex-shop !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[3] &lt;a href=&quot;http://www.suicidegirls.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.suicidegirls.com&lt;/a&gt;
[4] Le Sexe &#224; Paris, sondage IFOP pour Zurban, F&#233;vrier 2006
[5]
&lt;a href=&quot;http://www.ifop.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ifop.com/&lt;/a&gt; [6] Contexte de la Sexualit&#233; en France, sous la responsabilit&#233; scientifique de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined), coordonn&#233;e par Nathalie Beltzer (ORS Ile de France) &#8211; Dossier de presse et premiers r&#233;sultats t&#233;l&#233;chargeable sur le site de l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida : &lt;a href=&quot;http://www.anrs.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anrs.fr/&lt;/a&gt;
[7] Sondage IFOP pour ELLE, Mai 2006
[8] Le sexe et les Fran&#231;ais, une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! Marianne, 24 au 30 Mars 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Maxine Lerret&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article Essais Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Essais
Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, &#201;ditions Br&#233;al, 2005
Le Corset Invisible, &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, &#201;ditions Albin Michel, 2007
Femme= danger ? Gonzague de Sallmard, &#201;ditions Homnisph&#232;res, 2007 Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ? C&#233;cile Daumas, Hachette Litt&#233;ratures, 2007
Sexpolitiques/ Queer Zones 2, Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, &#201;ditions La Fabrique, 2005
Sex-shops, une histoire fran&#231;aise, Baptiste Coulmont, &#201;ditions Dilecta, 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enqu&#234;tes et sondages
Le Contexte de la Sexualit&#233; en France, sous la direction de Nathalie Bajos et Michel Bozon, coordonn&#233;e par Nathalie Beltzer. Dossier de presse et premiers r&#233;sultats disponibles sur le site de l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida : &lt;a href=&quot;http://www.anrs.fr/index.php/article/articleview/1396/1/320&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anrs.fr/index.php/articl...&lt;/a&gt;
Le sexe &#224; Paris, sondage IFOP pour Zurban, F&#233;vrier 2006
Les femmes et la sexualit&#233;, sondage IFOP pour Elle, Mai 2006
La sexualit&#233; des Fran&#231;aises, sondage IFOP pour Elle, Avril 98
La sexualit&#233; des adolescents, sondage IFOP pour VSD, D&#233;cembre 1999
La place du sexe dans la soci&#233;t&#233;/ l'apprentissage de la sexualit&#233;, sondage IPSOS pour Le Figaro, Janvier 2000
Les Fran&#231;ais et la pornographie &#224; la t&#233;l&#233;vision, Sondage CSA/HOT video, Septembre 2002
Les enfants et le net, Sondage IPSOS pour Lib&#233;ration, Novembre 2000&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Articles de presse
Le sexe et les Fran&#231;ais, une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! Marianne, 24 au 30 Mars 2007
Dossier Orgasm manifesto, Chronic'Art, Mai 2007, pour les interviews de Jeanne de Berg, John B.Root et Ma&#238;tresse Nikita.
&#171; Destricted &#187;, la branlette &#233;branl&#233;e, Philppe Azoury, &#201;crans, Lib&#233;ration, 25 Avril 2007 &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article1207&amp;var_recherche=DESTRICTED%20AZOURY&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?artic...&lt;/a&gt;
O&#249; va se nicher le porno ? Interview avec Katrien Jacobs, par Marie Lechner, &#201;crans, Lib&#233;ration, 8 Juillet 2006, &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>III- La nouvelle femme sexuelle n'aurait pas quitt&#233; l'ancienne</title>
		<link>https://secondsexe.com/magazine/III-La-nouvelle-femme-sexuelle-n.html</link>
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		<dc:date>2007-09-07T16:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Un clivage hommes / femmes qui persiste&#8230; Ou comment &#171; la femme &#187; garde son &#171; r&#244;le de femme &#187;. Certes, les positions des femmes en mati&#232;re de sexualit&#233; se sont rapproch&#233;es de celles des hommes. Effet de surface qui nous fait un belle jambe ? Car au fond, les femmes resteraient tr&#232;s &#171; comme ci &#187;, les hommes tr&#232;s &#171; comme &#231;a &#187;, chacun fig&#233;s dans le r&#244;le attribu&#233; &#224; son sexe. La femme : maternelle, exclusive, sensible. Qu'elle choisisse de procr&#233;er ou non, elle aimerait toujours aujourd'hui comme un ut&#233;rus se doit (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Sexualite-feminine-la-nouvelle-.html" rel="directory"&gt;10. Sexualit&#233; f&#233;minine : la nouvelle donne&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L100xH150/arton377-5e521.jpg&quot; width='100' height='150' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un clivage hommes / femmes qui persiste&#8230; Ou comment &#171; la femme &#187; garde son &#171; r&#244;le de femme &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, les positions des femmes en mati&#232;re de sexualit&#233; se sont rapproch&#233;es de celles des hommes. Effet de surface qui nous fait un belle jambe ? Car au fond, les femmes resteraient tr&#232;s &#171; comme ci &#187;, les hommes tr&#232;s &#171; comme &#231;a &#187;, chacun fig&#233;s dans le r&#244;le attribu&#233; &#224; son sexe. La femme : maternelle, exclusive, sensible. Qu'elle choisisse de procr&#233;er ou non, elle aimerait toujours aujourd'hui comme un ut&#233;rus se doit d'aimer. Quant &#224; l'homme, ce chasseur, il s&#233;parerait de plus en plus affectivit&#233; et sexualit&#233;, puisqu'il est fait pour ins&#233;miner un maximum de femelles et &#233;tendre son r&#232;gne. Cette dichotomie persistante pourrait se lire dans les faits suivants : pour la majorit&#233; des femmes, le premier partenaire sexuel est ou devient un conjoint par la suite, ce qui ne concerne qu'une minorit&#233; d'hommes. Sexualit&#233; = conjugalit&#233;. Surprise, elles restent beaucoup moins nombreuses que les hommes &#224; consid&#233;rer que l'on peut &#171; avoir des rapports sexuels avec quelqu'un sans l'aimer &#187;. Et tandis que la fr&#233;quentation de prostitu&#233;es ne diminue pas chez les hommes, l'id&#233;e d'un &#233;quivalent pour les femmes demeure absente. L'argument biologique sur lesquels s'&#233;tayent ces repr&#233;sentations &#233;tait au c&#339;ur du discours de l'&#201;glise avant d'&#234;tre repris par la m&#233;decine actuelle. Que son contenu soit pertinent n'est pas la question. Ce type d'argument participe au maintien d'un ordre sexuel fig&#233; malgr&#233; les mutations id&#233;ologiques, laissant de c&#244;t&#233; la construction sociale &#233;manant de la vie en communaut&#233;, celle que nous devons justement inventer. Pris au mot, un argument biologique est sans appel. Il attribue des r&#244;les aux sexes, justifie des peurs, des exclusions. C'est lui qui permettait que l'on craigne les femmes seules, suspect&#233;es d'&#234;tre d&#233;fectueuses par nature. Des peurs de ce type sont vivantes aujourd'hui, bien qu'elles n'aient plus besoin des m&#233;decins pour les soutenir. Les &#171; cautions scientifiques &#187; sont-elles ancr&#233;es dans la t&#234;te de tout le monde, des femmes elles-m&#234;mes, entravant la libert&#233; sexuelle sans qu'on en aie conscience ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Les exceptions sont (encore et toujours) dangereuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisque nous en sommes &#224; parler de r&#244;les, il y a des &#233;tiquettes qui collent &#224; la peau des ann&#233;es. Une femme qui s'&#233;carte de la repr&#233;sentation maternelle pr&#233;c&#233;demment d&#233;crite risque fort de se faire tamponn&#233;e &#171; DANGER &#187;. Il est des modes d'&#234;tre implicitement (ou explicitement !) refus&#233;s aux femmes, des libert&#233;s tax&#233;es d'extravagances que nous payons cher, encore aujourd'hui. Gonzague de Sallmard revient dans son essai Femme=Danger ?(9) sur le fait que les femmes exceptionnelles ont de tout temps &#233;t&#233; brid&#233;es par les pires arguments imaginables. Furie f&#233;ministe &#171; moche, mal bais&#233;e &#187;, c&#233;libataire &#171; s&#251;rement folle, hyst&#233;rique &#187;, veuve &#171; mangeuse d'homme &#187;, femme active &#171; voleuse d'emploi &#187;, le mythe n'a cess&#233; de muter. Aujourd'hui, on ne br&#251;le plus de sorci&#232;res, mais on flippe toujours devant certaines filles extra ordinaires. Derni&#232;re id&#233;e sournoise en date, la femme serait &#171; une louve pour la femme &#187;, plus impitoyable que les hommes avec ses semblables pour acc&#233;der au pouvoir. Que les femmes craignent donc les femmes affranchies ! Pendant ce temps, les hommes continuent de stresser et m&#233;dire trois figures d'exceptions principales : l' &#171; androgyne &#187;, la &#171; castratrice &#187;, et enfin &#8212;la plus dangereuse peut-&#234;tre&#8212; la &#171; rebelle &#187;, cette femme &#233;prise de libert&#233;, pour qui l'humanit&#233; n'est pas &#171; sexuellement hi&#233;rarchis&#233;e &#187;. Pas tr&#232;s dr&#244;le de jouer &#224; la libert&#233; (pour perdre) dans ces conditions&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
&#171; Filles &#224; talons contre gar&#231;ons &#224; moustaches &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#202;tre lib&#233;r&#233;e sexuellement impliquerait d'avoir aussi trouver une libert&#233; de jeu entre les r&#244;les attribu&#233;s nagu&#232;re &#224; tel ou tel sexe. Pourtant, 76% de femmes interrog&#233;es r&#233;cemment affirmaient que c'est &#224; leur partenaire que revient le plus souvent &#171; l'initiative du rapport sexuel &#187; (10). Le sc&#233;nario sexuel &#171; filles &#224; talons contre gar&#231;ons &#224; moustaches &#187; n'aurait pas &#233;volu&#233;. Pour la journaliste C&#233;cile Daumas, auteur de Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ? (11) nous vivons toujours dans un monde r&#233;solument h&#233;t&#233;rosexuel, &#171; un monde o&#249; &#187;, dit-elle, &#171; les gar&#231;ons draguent les filles, les vaches sont bien gard&#233;es &#187;. Quelques questions s'imposent : comment envisager que la femme, si l'on ne parle que d'elle, puisse &#234;tre lib&#233;r&#233;e sexuellement quand subsiste sa soumission &#224; l'ancien ordre dans tous les autres domaines de sa vie, en d&#233;pit des acquis qui jalonnent son &#233;mancipation ? Comment la femme peut-elle vivre une lib&#233;ration sexuelle autre que celle du &#171; kama sutra &#224; la fiche cuisine &#187; quand 80% des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res sont toujours effectu&#233;es par elle ? Comment peut-elle v&#233;ritablement d&#233;tacher sa sexualit&#233; de sa fonction de m&#232;re, sans se priver de la maternit&#233;, quand la complicit&#233; des soi-disant &#171; nouveaux p&#232;res &#187; se limite en r&#233;alit&#233; &#224; une &#171; paternit&#233; du samedi &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le corset invisible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs voix se sont &#233;lev&#233;es r&#233;cemment contre l'id&#233;e m&#234;me que la femme b&#233;n&#233;ficie aujourd'hui d'une grande libert&#233;, &#224; tel point qu'omnipotente, elle aurait m&#234;me pris le pouvoir sur les hommes. Sornettes, s'insurge C&#233;cile Daumas dans son essai, o&#249; elle dresse un constat sans concession de la condition f&#233;minine actuelle. Disparit&#233;s persistantes au travail, &#224; la maison, devant la sexualit&#233;, les faits sont peu r&#233;jouissants. Il semble que l'&#233;mancipation de la femme se soit accompagn&#233;e d'une somme consid&#233;rable de nouvelles contraintes. Loin d'avoir laiss&#233; derri&#232;re elle sa condition, la femme doit aujourd'hui tout combiner pour pr&#233;server ses acquis : sexualit&#233; &#233;panouie, corps sublime, carri&#232;re professionnelle, maternit&#233; heureuse. La formule magique de cette r&#233;ussite multiple est la terrible &#171; conciliation &#187;. Comme si la femme pouvait tout faire en m&#234;me temps et encore en rire, quand en r&#233;alit&#233; elle n'acc&#232;de &#224; rien totalement et consomme pour &#234;tre bien un peu plus de psychotropes qu'il n'en faudrait&#8230; Pire, avancent &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, l'armature de plus en plus cisel&#233;e de la servitude f&#233;minine aurait pris un tour autrement plus pervers. Les femmes d'aujourd'hui seraient prises dans un &#171; corset invisible &#187; (12). Ravissants objets maintenus &#224; leur place au lit comme au boulot, elles seraient esclaves d'injonctions sociales toujours plus insidieuses et souvent contradictoires. Un corps qui se p&#232;se chaque matin, certes de son plein gr&#233;, pour rentrer dans des tenues qui le placeront haut sur le march&#233; des corps est-il vraiment si libre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle femme sexuelle : Une femme &#171; pas trop &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; travers toutes les contradictions qui entourent l'&#233;mancipation de la femme, se dresse le portrait d'une f&#233;minit&#233; aujourd'hui paradoxale, &#171; &lt;i&gt;croisement parfait entre la bimbo, l'intello, la p&#233;tasse et la femme lib&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, nous dit C&#233;cile Daumas. Sa sexualit&#233;, lib&#233;r&#233;e de certaines contraintes mais toujours subordonn&#233;e au &#171; &lt;i&gt; r&#234;ve du prince charmant&lt;/i&gt; &#187;, s'exprime dans une demie mesure. La femme d'aujourd'hui se livrerait constamment &#224; des r&#233;glages pr&#233;cis de sa personnalit&#233;. Elle a marqu&#233; des points dans ce monde de m&#226;les et souhaite qu'aucune porte nouvellement ouverte ne se referme sur elle, elle s'applique &#224; ne jamais en faire &#171; trop &#187;. Logique, si l'on pense aux cons&#233;quences personnelles n&#233;gatives d'une &#233;tiquette Danger. La nouvelle femme est donc active, sexy, ambitieuse, intelligente, dr&#244;le &#171; mais pas trop &#187;. Il lui faut pour cela beaucoup d'&#233;nergie et un certain &#171; talent &#187;. La m&#234;me chose vaut pour les hommes, qui sont encourag&#233;s aujourd'hui &#224; exprimer leur f&#233;minit&#233;, &#171; mais pas trop &#187;. Ces tendances t&#233;moignent-elles d'un r&#233;tr&#233;cissement des possibles des deux sexes, ou au contraire d'une ouverture ? L'identit&#233; sexuelle est elle une prison derni&#232;re g&#233;n&#233;ration, ou bien ces r&#233;glages de personnalit&#233; attestent-il d'un d&#233;but de jeu souple au sein de l'ordre h&#233;t&#233;rosexuel ? Le &#171; pas trop &#187; serait-il une phase transitoire avant d'&#233;voluer ensemble vers une plus grande libert&#233; de mouvement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[9] Femme=Danger ? Pour en finir avec le mythe de la femme dangereuse, Gonzague de Sallmard, &#201;ditions Homnisph&#232;res, 2007
[10] Sondage IFOP pour Elle, Mai 2006
[11] Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ? C&#233;cile Daumas, Hachette Litt&#233;ratures, 2007
[12] Le Corset Invisible, &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, &#201;ditions Albin Michel, 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Maxine Lerret&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article&lt;/p&gt; &lt;p&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Essais Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Essais
Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, &#201;ditions Br&#233;al, 2005
Le Corset Invisible, &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, &#201;ditions Albin Michel, 2007
Femme= danger ? Gonzague de Sallmard, &#201;ditions Homnisph&#232;res, 2007 Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ? C&#233;cile Daumas, Hachette Litt&#233;ratures, 2007
Sexpolitiques/ Queer Zones 2, Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, &#201;ditions La Fabrique, 2005
Sex-shops, une histoire fran&#231;aise, Baptiste Coulmont, &#201;ditions Dilecta, 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enqu&#234;tes et sondages
Le Contexte de la Sexualit&#233; en France, sous la direction de Nathalie Bajos et Michel Bozon, coordonn&#233;e par Nathalie Beltzer. Dossier de presse et premiers r&#233;sultats disponibles sur le site de l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida : &lt;a href=&quot;http://www.anrs.fr/index.php/article/articleview/1396/1/320&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anrs.fr/index.php/articl...&lt;/a&gt;
Le sexe &#224; Paris, sondage IFOP pour Zurban, F&#233;vrier 2006
Les femmes et la sexualit&#233;, sondage IFOP pour Elle, Mai 2006
La sexualit&#233; des Fran&#231;aises, sondage IFOP pour Elle, Avril 98
La sexualit&#233; des adolescents, sondage IFOP pour VSD, D&#233;cembre 1999
La place du sexe dans la soci&#233;t&#233;/ l'apprentissage de la sexualit&#233;, sondage IPSOS pour Le Figaro, Janvier 2000
Les Fran&#231;ais et la pornographie &#224; la t&#233;l&#233;vision, Sondage CSA/HOT video, Septembre 2002
Les enfants et le net, Sondage IPSOS pour Lib&#233;ration, Novembre 2000&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Articles de presse
Le sexe et les Fran&#231;ais, une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! Marianne, 24 au 30 Mars 2007
Dossier Orgasm manifesto, Chronic'Art, Mai 2007, pour les interviews de Jeanne de Berg, John B.Root et Ma&#238;tresse Nikita.
&#171; Destricted &#187;, la branlette &#233;branl&#233;e, Philppe Azoury, &#201;crans, Lib&#233;ration, 25 Avril 2007 &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article1207&amp;var_recherche=DESTRICTED%20AZOURY&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?artic...&lt;/a&gt;
O&#249; va se nicher le porno ? Interview avec Katrien Jacobs, par Marie Lechner, &#201;crans, Lib&#233;ration, 8 Juillet 2006, &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>IV - La libert&#233; sexuelle &#224; inventer</title>
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		<dc:date>2007-09-05T16:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bramly</dc:creator>



		<description>Le sexe est politique L'histoire et le bilan contrast&#233; de la lib&#233;ration sexuelle aujourd'hui d&#233;montre que la sexualit&#233; concentre un nombre important d'enjeux soci&#233;taux. Sur elle se cristallisent les rapports de force entre diff&#233;rents groupes sociaux, les int&#233;r&#234;ts de pouvoir des uns, la soumission des autres &#224; l'ordre sexuel dominant, les peurs ancestrales et les questions d'&#233;thique actuelles. Parce qu'elle est un carrefour de toutes les id&#233;es et de toutes les dynamiques, la sexualit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; (...)

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&lt;a href="https://secondsexe.com/magazine/-Sexualite-feminine-la-nouvelle-.html" rel="directory"&gt;10. Sexualit&#233; f&#233;minine : la nouvelle donne&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://secondsexe.com/magazine/local/cache-vignettes/L95xH150/arton378-5d21b.jpg&quot; width='95' height='150' style='height:150px;width:95px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sexe est politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire et le bilan contrast&#233; de la lib&#233;ration sexuelle aujourd'hui d&#233;montre que la sexualit&#233; concentre un nombre important d'enjeux soci&#233;taux. Sur elle se cristallisent les rapports de force entre diff&#233;rents groupes sociaux, les int&#233;r&#234;ts de pouvoir des uns, la soumission des autres &#224; l'ordre sexuel dominant, les peurs ancestrales et les questions d'&#233;thique actuelles. Parce qu'elle est un carrefour de toutes les id&#233;es et de toutes les dynamiques, la sexualit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; n&#233;glig&#233;e par le pouvoir. Elle est &#224; la fois le laboratoire par o&#249; passent et s'exp&#233;rimentent les id&#233;es, religieuses, scientifiques, r&#233;volutionnaires, et le c&#339;ur pour acc&#233;der au contr&#244;le des corps sociaux et de leur destin&#233;es, r&#233;gul&#233;es jusque dans leur chair. &#192; travers elle on d&#233;finit la vie, la libert&#233;, et le sort &#8212;&#224; tout le moins social&#8212; de certains humains. Ainsi chaque choix en mati&#232;re de sexualit&#233; serait politique. Il s'agit d'avoir conscience de ce fait lorsque l'on prend une d&#233;cision, qu'une d&#233;cision est prise par l'&#201;tat, pour nous ou un autre groupe. En effet, chaque nouvelle mesure ordonne, alors m&#234;me que le sexe ne conna&#238;trait pas d'ordre. Pour la romanci&#232;re Jeanne de Berg, il se moquerait m&#234;me totalement des cat&#233;gories sociales, car &#171; &lt;i&gt;n'importe qui peut avoir n'importe quel fantasme&lt;/i&gt; &#187; (13). Partant de l&#224;, toute &#233;tiquette, tout encadrement moral ou l&#233;gal ne pourrait &#234;tre qu'un artifice pratique. Poussant plus loin le raisonnement, John B. Root, r&#233;alisateur de films pornos, affirme quant &#224; lui &#171; &lt;i&gt;le sexe est anarchiste. Que tu sois PDG d'Airbus, ministre ou prolo, tu as ta bite dans ta main&lt;/i&gt; &#187;(14). Avis !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous ne sommes pas seules !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce monde occidental lib&#233;r&#233; n&#233;anmoins toujours r&#233;solument &#171; h&#233;t&#233;rosexuel, masculin et procr&#233;ateur &#187; (mais &#233;galement, &#171; blanc &#187; et &#171; chr&#233;tien &#187;&#8230;), nous ne sommes pas seules &#224; vivre une libert&#233; sexuelle paradoxale, aussi aurions-nous tort de ne nous int&#233;resser qu'au cas des femmes. Tous les individus qui n'&#233;pousent pas &#224; 100% le mod&#232;le sexu&#233; qui ordonne actuellement nos soci&#233;t&#233;s subissent ses pressions par un bout ou l'autre de leur vie. Un homme qui n'aurait pas envie de pouvoir (femmes ! argent ! prestige !) est &#224; peu pr&#232;s aussi louche aux yeux des h&#233;ros de la sexualit&#233; standard qu'une femme qui n'aurait pas de d&#233;sir d'enfant ! Qui n'a pas autour de soi un ami dont la vitalit&#233;, la puissance (que nous opposons ici &#224; &#171; pouvoir &#187;) est ni&#233;e par d'autres, hommes ou femmes, sous pr&#233;texte qu'il a &#171; l'air un peu gay &#187; ou encore &#171; parce qu'il n'a pas les couilles &#187; ? Mieux vaut donc ne pas s'attacher &#224; ne lib&#233;rer qu'une partie d'entre nous, groupes, sous-groupes... Il n'y a pas l'homme d'un c&#244;t&#233; et la femme de l'autre, chacun pris dans une guerre des sexes, il y aurait plut&#244;t des figures sexuelles standards privil&#233;gi&#233;es, et celles-ci &#171; l'emportent &#187; aujourd'hui sur tous les autres corps sexu&#233;s/sociaux dans l'ar&#232;ne publique comme priv&#233;e. Les individus bien plac&#233;s dans le Top 10 des vies sexuelles conformes n'ont pas forc&#233;ment conscience d'entretenir des sch&#233;mas qui oppressent d'autres personnes. Ils ne demandent peut-&#234;tre pas mieux qu'&#224; embarquer avec toutes les sexualit&#233;s vers un autre mode d'&#234;tre ensemble ! Il ne s'agit pas d'excuser &#171; les fils &#224; papa pourris &#187;, de plaindre &#171; les pauvres filles qui n'ont pas le choix &#187;, ni de d&#233;tester &#171; les machos &#187; ou de renier &#171; les m&#232;res poules &#187;, mais de commencer &#224; proposer des nouvelles compatibilit&#233;s relationnelles, originales, en accord avec nos d&#233;sirs et ceux des autres, &#224; mille lieues d'une pens&#233;e de type &#171; universaliste &#187; ou &#171; essentialiste &#187;. Par l&#224; nous voulons dire, qu'il n'y aurait pas Une femme, il n'y aurait pas Un homme, mais une multitude d'&#234;tre singuliers d&#233;sireux de vivre leur sexualit&#233; &#224; &#233;galit&#233; avec, et dans le respect des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Plus nous serons inclassables&#8230; plus nous jouerons librement !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le terme queer, qui signifie litt&#233;ralement &#171; &#233;trange &#187;, &#171; bizarre &#187; (d'abord employ&#233; pour d&#233;signer les gay) est devenu avec les &#233;tudes des genres, d&#233;velopp&#233;es surtout aux Etats-Unis, un concept ralliant tous les individus ne se retrouvant pas dans le mod&#232;le h&#233;t&#233;rocentr&#233;, blanc, dominant. Qu'ils soient hommes, femmes, homosexuels, h&#233;t&#233;rosexuels eux-m&#234;mes ou autre ! Et si les femmes sont concern&#233;es par ces &#233;tudes en tant que sexualit&#233;s &#171; opprim&#233;es &#187;, il est question dans la pens&#233;e queer d'innombrables femmes et pas d'une seule figure qui les unirait toutes. Car une femme, n'est jamais seulement femme au d&#233;part, elle est aussi une couleur de peau, un statut social, une religion. D&#232;s lors, aucune &#233;mancipation ne saurait &#234;tre totalement heureuse qui accorderait une importance pr&#233;pond&#233;rante aux seuls crit&#232;res biologiques. Ainsi, un des freins &#224; l'&#233;galit&#233; entre les sexualit&#233;s aujourd'hui ne serait peut-&#234;tre pas tant la diff&#233;rence des sexes &#8212;homme contre femme&#8212; que dans la crise des genres &#8212;masculin et f&#233;minin. Ces deux costumes coll&#233;s &#224; nos sexes biologiques nous emp&#234;cheraient de nous &#233;panouir selon nos d&#233;sirs, de composer librement nos comportements sexu&#233;s. En effet, malgr&#233; une ouverture r&#233;elle de la d&#233;finition du &#171; bon sexe &#187; depuis le si&#232;cle dernier, le &#171; bon genre &#187; continue d'exercer une loi tr&#232;s stricte : il vaut toujours mieux se comporter en &#171; femme &#187; quand on est n&#233;e &#171; une femme &#187;, et inversement pour les hommes. Les combinaisons identitaires qui d&#233;rogent &#224; la r&#232;gle de la correspondance entre l'&#171; &#233;tiquette &#187; et les donn&#233;es &#171; de naissance &#187; ont de fortes chances d'&#234;tre montr&#233;es du doigt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est difficile d'&#234;tre &#171; f&#233;minin &#187; quand on est &#171; homme &#187;, &#171; p&#233;d&#233; &#187; quand on est &#171; beur &#187;, mais aussi &#171; punk &#187; quand on est &#171; black &#187; ou &#171; musulmane &#187; quand on est &#171; blanche &#187;. Autrement dit, il est difficile de s'inventer soi-m&#234;me alors m&#234;me que partout les discours nous y invitent ! La lib&#233;ration sexuelle &#173;ne pourrait donc pas aller jusqu'au bout de son mouvement sans que nous d&#233;cousions les costumes. La th&#233;oricienne queer Judith Butler imagine m&#234;me un monde dans lequel nous pourrions &#171; enfiler &#187; un jour un genre sexuel, un jour un autre, comme une panoplie. Finalement, lorsque nous r&#233;alisons que notre identit&#233; sexuelle est une construction sociale, que nous comprenons que nous la &#171; performons &#187; en public et en priv&#233; comme un acte de th&#233;&#226;tre, d'autres tenues individuelles que celles &#224; laquelle nous croyions &#234;tre d&#233;termin&#233;(e)s par &#171; nature &#187; peuvent se dessiner, pour nous, pour les autres&#8230; Et pour continuer &#224; gagner en souplesse physique et sociale, rien de tel que faire bouger les id&#233;es dans son esprit&#8230; Ce ne sont pourtant pas les moyens qui manquent !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Internet, laboratoire virtuel de la sexualit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que le discours ambiant a parfois tendance &#224; diaboliser la d&#233;ferlante de sexe sur Internet (ce r&#233;seau du mal !) Katrien Jacobs, chercheuse en m&#233;dias num&#233;riques et sexualit&#233;, invite &#224; prendre la vague virtuelle dans un sens plus porteur. Dans une interview accord&#233;e au site &#201;crans du journal Lib&#233;ration(15), elle argue que les sites de charme offriraient &#171; une sorte d'&#233;ducation sexuelle inoffensive &#187; aux internautes, celles et ceux qui y restent scotch&#233;s n'&#233;tant en r&#233;alit&#233; qu'une minorit&#233;. En effet, nous avons aujourd'hui &#224; port&#233;e de clic des donn&#233;es sur toutes sortes de sexualit&#233;s, nous pouvons ouvrir des fen&#234;tres sur des univers &#233;rotiques multiples, improbables, nous divertir, nous inspirer, dans une ambiance parfois Do-It-Yourself avec les blogs. Le tout sans qu'il n'y ait vraiment d'interm&#233;diaire entre nous et le site consult&#233;, personne pour orienter notre d&#233;ambulation sinon notre propre curiosit&#233;. Et la curiosit&#233; n'est pas n&#233;cessairement &#171; d&#233;viante &#187; ! De m&#234;me, les rapports &#171; virtuels &#187;, chat en ligne ou jeux en r&#233;seau, ne seraient pas forc&#233;ment &#171; pauvres &#187;. Selon Katrien Jacobs, ils peuvent au contraire s'av&#233;rer tr&#232;s imaginatifs. Gr&#226;ce &#224; l'anonymat et &#224; la distance corporelle, les internautes peuvent d&#233;velopper des personnalit&#233;s originales sans crainte, exp&#233;rimenter diff&#233;rents types de rapports entre eux, ignorer ou non les codes usuels, recr&#233;er sans cesse l'&#233;change. Et non, le virtuel ne remplace pas ultimement la &#171; vraie &#187; vie ! Aussi, plut&#244;t que de penser virtualit&#233; et r&#233;alit&#233; comme deux espaces v&#233;ritablement s&#233;par&#233;s, nous pourrions consid&#233;rer que les deux s'enrichissent mutuellement. Bien s&#251;r, tout ce que propose la virtualit&#233; ne nous int&#233;resse pas, pas plus que tout ce que nous propose la r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la masse d'informations et d'exp&#233;riences propos&#233;es, &#224; chacun de progresser et de faire son &#171; tri &#187;. Le tri virtuel est aiguill&#233; par les exp&#233;riences du r&#233;el, qui profite en retour des informations prises sur la &#171; toile &#187;, dans un va-et-vient permanent. D&#232;s lors, loin d'&#234;tre une fin en soi, le domaine virtuel pourrait se penser comme un espace transitoire, sans cloison ni fond, gr&#226;ce auquel il serait possible de bouger les murs de son propre cerveau eu &#233;gard &#224; la sexualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une pornographie ouverte d'esprit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une m&#234;me attitude positive envers la pornographie en g&#233;n&#233;ral pourrait &#234;tre b&#233;n&#233;fique. Par r&#233;flexe protecteur, on tend &#224; craindre les impacts n&#233;gatifs de ses images sur les &#171; vraies &#187; relations, en particulier celles des adolescents. &#192; l'&#233;poque du Sida et du soi disant &#171; effacement des rep&#232;res traditionnels &#187;, leur entr&#233;e dans la sexualit&#233; &#8212;peut-&#234;tre pr&#233;sent&#233;e dans son jour le plus trouble par les films de l'Am&#233;ricain Larry Clark (Kids, Ken Park)&#8212; est source d'inqui&#233;tude pour les parents. Nombreux sont les adultes qui craindraient que leurs enfants visitent des sites pornographiques sur Internet et/ou voudraient voir un contr&#244;le renforc&#233; sur ses modalit&#233;s de diffusion.[15] Mais puisque les m&#233;dias sont une source d'informations privil&#233;gi&#233;e sur la sexualit&#233; pour les adolescents[16], ne serait-ce pas prendre le probl&#232;me &#224; l'envers que de vouloir r&#233;duire encore l'expression, et du m&#234;me coup l'expressivit&#233;, de la pornographie susceptibles de passer sur nos &#233;crans ? Si l'on consid&#232;re que la pornographie est entr&#233;e dans l'intimit&#233;, jusqu'&#224; influencer les comportements des jeunes et des moins jeunes, plut&#244;t que la cloisonner et risquer de la st&#233;r&#233;otyper davantage, ne devrions-nous pas au contraire lui permettre d'&#233;voluer ?! Telle est la conclusion que tire Katrien Jacobs &#224; l'issue de l'interview pr&#233;c&#233;demment cit&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Le porno et les images sexuelles font d&#233;sormais parties des relations sexuelles et vice versa. C'est pour cette raison que nous devons permettre aux gens de s'ouvrir &#224; la pornographie, de l'&#233;tendre, de l'embrasser, de la d&#233;construire, de jouer avec&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce faisant, il faudrait veiller &#224; ne pas &#233;riger de nouvelles cloisons dans la sexualit&#233;, en n'encourageant pas les distinctions de valeur entre ses diff&#233;rentes repr&#233;sentations. Pour reprendre l'expression de Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, sociologue et activiste queer[17], il ne devrait pas y avoir de &#171; pipe d'auteur &#187; (belle et bonne) &#224; opposer &#224; la pipe grand public (moche et sale) &#8212;qu'il s'agisse de cin&#233;ma, de litt&#233;rature ou d'autre chose. Quant &#224; la question de savoir &#171; &lt;i&gt;si la pornographie peut &#234;tre artistique et si l'art peut &#234;tre pornographique&lt;/i&gt; &#187;, nous rejoindrons sur ce point le critique de cin&#233;ma Philippe Azoury, qui, &#224; l'occasion de la sortie de Destricted (s&#233;lection de courts-m&#233;trages d'artistes et de cin&#233;astes sur le sexe) &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Continuer, en 2007, &#224; poser la question en ces termes, c'est perp&#233;tuer dangereusement la conception antique du sexe comme continent sale et celle de l'art comme continent propre.&lt;/i&gt; &#187; L'heure est venue d'&#233;largir les repr&#233;sentations donn&#233;es du sexe. Plus d'espace pour des images cr&#233;atives, humaines, multiples et innovantes, ce serait aussi moins de focalisation sur celles qui enferment la pornographie et la sexualit&#233; dans des codes r&#233;ducteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon esprit libre dans un corps libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En sexualit&#233;, il para&#238;t vital de savoir refuser les dogmes, les id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, au profit de moyens qui permettent de la vivre singuli&#232;rement. Parce qu'elle est dynamique, vivante, il est bon de savoir toujours autant d&#233;sapprendre qu'apprendre &#224; son sujet.
Les pistes que nous avons emprunt&#233;es en dernier lieu ne sont que quelques unes parmi tant d'autres, existantes ou &#224; inventer, servant &#224; illustrer des modes d'ouverture, tant d'esprit que de corps. Pas besoin d'&#234;tre psychologue pour savoir que l'&#233;panouissement de chacun passe par une harmonie entre les deux. En sexualit&#233;, il para&#238;t vital de savoir refuser les dogmes, les id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, au profit de moyens qui permettent de la vivre singuli&#232;rement. Parce qu'elle est dynamique, vivante, il est bon de savoir toujours autant d&#233;sapprendre qu'apprendre &#224; son sujet. Nous finirons avec une citation extraite de l'Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle, source privil&#233;gi&#233;e de cet article, qui, comme son titre l'indique, s'applique &#224; fournir des cl&#233;s pour vivre et penser la sexualit&#233; plut&#244;t qu'&#224; donner des r&#233;ponses d&#233;finitives &#224; son sujet : &#171; &lt;i&gt;Quand on doit se risquer au-del&#224; des pr&#233;jug&#233;s, mieux vaut avoir cultiv&#233; son intelligence et aiguis&#233; son esprit critique. Faute de quoi, on aura le sentiment d'avoir &#233;t&#233; trop loin, d'avoir c&#233;d&#233; &#224; des forces obscures et coupables ou d'avoir &#233;t&#233; abus&#233; par d'autres. L'intelligence, au contraire, permet de soutenir le d&#233;sir, de lui b&#226;tir des ponts sur lesquels il puisse s'avancer fermement. Et, r&#233;ciproquement, le d&#233;sir donne souvent le courage et la motivation n&#233;cessaires pour faire l'effort de construire de nouveaux arguments, d'inventer de nouvelles id&#233;es, de ciseler de nouvelles pens&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;[19].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris][18] &lt;i&gt;Sexpolitiques/Queer Zones 2&lt;/i&gt;, Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, &#201;ditions La Fabrique, 2005&lt;br /&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris][19] Extrait de &lt;i&gt;l'Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle&lt;/i&gt;, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, &#201;ditions Br&#233;al, 2005&lt;br /&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]Maxine Lerret&lt;br /&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&lt;strong&gt;Sources privil&#233;gi&#233;es pour cet article&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&lt;strong&gt;Essais&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Antimanuel d'&#233;ducation sexuelle&lt;/i&gt;, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, &#201;ditions Br&#233;al, 2005&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Le Corset Invisible&lt;/i&gt;, &#201;liette Abecassis et Caroline Bongrand, &#201;ditions Albin Michel, 2007&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Femme= danger ?&lt;/i&gt; Gonzague de Sallmard, &#201;ditions Homnisph&#232;res, 2007&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Qui a peur du deuxi&#232;me sexe ?&lt;/i&gt; C&#233;cile Daumas, Hachette Litt&#233;ratures, 2007&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Sexpolitiques/ Queer Zones 2&lt;/i&gt;, Marie-H&#233;l&#232;ne Bourcier, &#201;ditions La Fabrique, 2005&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Sex-shops, une histoire fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Baptiste Coulmont, &#201;ditions Dilecta, 2007&lt;br /&gt;[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&lt;strong&gt;Enqu&#234;tes et sondages&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le Contexte de la Sexualit&#233; en France, sous la direction de Nathalie Bajos et Michel Bozon, coordonn&#233;e par Nathalie Beltzer. Dossier de presse et premiers r&#233;sultats disponibles sur le site de l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida : &lt;a href=&quot;http://www.anrs.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.anrs.fr/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Le sexe &#224; Paris, sondage IFOP pour Zurban, F&#233;vrier 2006&lt;br /&gt; Les femmes et la sexualit&#233;, sondage IFOP pour Elle, Mai 2006&lt;br /&gt; La sexualit&#233; des Fran&#231;aises, sondage IFOP pour Elle, Avril 98&lt;br /&gt; La sexualit&#233; des adolescents, sondage IFOP pour VSD, D&#233;cembre 1999&lt;br /&gt; La place du sexe dans la soci&#233;t&#233;/ l'apprentissage de la sexualit&#233;, sondage IPSOS pour Le Figaro, Janvier 2000&lt;br /&gt; Les Fran&#231;ais et la pornographie &#224; la t&#233;l&#233;vision, Sondage CSA/HOT video, Septembre 2002&lt;br /&gt; Les enfants et le net, Sondage IPSOS pour Lib&#233;ration, Novembre 2000[/gris]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[gris]&lt;strong&gt;Articles de presse&lt;/strong&gt;
Le sexe et les Fran&#231;ais, une partie de plaisir ? Pas pour tout le monde ! Marianne, 24 au 30 Mars 2007&lt;br /&gt; Dossier Orgasm manifesto, Chronic'Art, Mai 2007, pour les interviews de Jeanne de Berg, John B.Root et Ma&#238;tresse Nikita&lt;br /&gt; &#171; Destricted &#187;, la branlette &#233;branl&#233;e, Philppe Azoury, &#201;crans, Lib&#233;ration, 25 Avril 2007 : &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article1207&amp;var_recherche=DESTRICTED%20AZOURY&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?artic...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; O&#249; va se nicher le porno ? Interview avec Katrien Jacobs, par Marie&lt;br /&gt; Lechner, &#201;crans, Lib&#233;ration, 8 Juillet 2006 : &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecrans.fr/spip.php?article107&lt;/a&gt;[/gris]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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